‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean ... . Tome secondChapitre 16 sur 278 · B a b omettent Oeo · texte numérisé non relu

B a b omettent Oeo

possible ? — ’Eyvoxx (parfait) : je vous ai étudiés, et je vous connais, malgré vos beaux dehors. — L'amour de Dieu désigne ici l’aspiration qui se porte vers Dieu et qui peut se trouver déjà chez le Juif sincère et même chez le païen. Ge terme est expliqué au v. 44 par ces mots : « Rechercher la gloire qui vient de Dieu seul ,» et plus loin par l'attachement sérieux à Moïse et à ses écrits. Cest cette divine aspiration qui est le principe de la foi, comme son absence est celui de lincrédulité. Jésus précise ici la pensée exprimée d’une manière indéterminée IT, 19-21.

Le v. 43 annonce le résultat inévitable de ce contraste entre la tendance de Jésus et la leur. Non- seulement ils rejetteront le Messie dont toute l'apparition porte le sceau de la dépendance divine ; mais ils seront facilement séduits par tout Messie qui, tirant tout de sa propre sagesse et de sa propre force, glorifiera en sa personne l'humanité ellemême : tout glorieux de ce monde sera le bien-venu pour ces amateurs de la gloire humaine. L'histoire parle de soixante-quatre faux Messies, qui sont tous parvenus à se former un parti dans le peuple juif sur cette voie-là.

Gette tendance dépravée anéantit chez eux jusqu'à la faculté de croire : v. 44. —"Yheïs, vous, de tels hommes. — Dans les derniers mots, l’adj. ôvou, seul, peut être rapporté à l'idée de 606 : Dieu qui est le seul Dieu; il faudrait supposer dans ce cas que Jésus veut caractériser la recherche de la gloire humaine comme une 1dolâtrie morale et mettre en quelque sorte ses auditeurs au rang des païens. C’est recherché. Dans ce contexte, povov oppose bien plutôt Dieu à l’autre source de gloire à laquelle vont puiser les Juifs, aux hommes.

V. 45-47. Aussi nécessairement le courant de la gloriole pharisaïque les entraîne loin de la foi, aussi infailliblement la vraie fidélité intérieure à l'esprit qui respire dans les

livres de Moïse les y eût conduits : «Ne croyez pas que ce soit moi qui vous accuserai devant le Père; votre accusateur est déjà là‘, Moïse, en qui vous mettez votre espérance. 46 Car si vous croyiez à Moïse, vous croiriez en moi; car il a écrit” de moi. 47 Mais si vous ne croyez pas à ses écrits, comment croirez- vous * à mes paroles?» — Après avoir dévoilé la cause de lincrédulité , Jésus montre à ses auditeurs le danger auquel elle les expose, celui d’être condamnés au nom de cette loi même sur l’observation de laquelle ils font reposer toute leur espérance de salut. Ge n’est pas au nom du Messie méconnu, c’est au nom de Moïse foulé aux pieds, qu'ils seront condamnés. Jésus les poursuit ici sur leur propre terrain. Sa parole prend une forme dramatique et saisissante. Il fait lever devant eux cette grande figure de l’ancien hbérateur, à laquelle s’adressait (eêç 6v) leur espérance, et transforme ce prétendu avocat en accusateur. Les mots : «Que c'est moi qui vous accuserai,» feraient supposer que , déjà alors, on imputait à Jésus de la haine contre son peuple. Dans les derniers mots : «En qui vous espérez,» il y à certainement une allusion à l’accusation élevée contre Jésus en ce jour même par le fanatisme ultramosaïque de ses adversaires. «Îl se trouvera que celui dont vous me reprochez de transgresser la loi, témoignera pour moi, tandis qu’il s’élèvera contre vous, ses zélateurs.» Quel renversement de toutes leurs notions!

Les deux versets 46 et 47 prouvent la thèse du v. 45 en montrant, le premier, le lien entre la foi à Moise et la foi en Christ, le second, le lien entre l’incrédulité envers

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