‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean ... . Tome secondChapitre 160 sur 278 · V.7. «Si vous me connaissiez', vous connaîtriez” aussi · texte numérisé non relu

V.7. «Si vous me connaissiez', vous connaîtriez” aussi

LU. N D: eyvoxate au lieu d'eyvoxette.

2, Au lieu d'eyywxeute av, N D: yvwocoûe, B CL X : av ndette.

mon Père; et dès maintenant vous le connaissez et vous l'avez vu.» — Ce verset applique aux disciples l’idée du verset précédent et particuhèrement celle de la vérité. Si Jésus est la révélation de Dieu, lavoir connu, c’est être arrivé à la connaissance de Dieu (plus-que-parf. éyvoxeute). Jésus semble leur refuser cette connaissance; et ce n’est, en effet, qu'à la Pentecôte qu'ils la posséderont pleinement (v. 20). Mais 1ls ont déjà fait les premiers pas sur cette voie (v. 4). Mever prend l’expression «dés ce moment» au pied de la lettre : «Après que je viens de vous faire la déclaration précédente (v. 6).» Chrysostome, Lücke, y voient une anticipation de la Pentecôte. Il est plus naturel de l'entendre dans ce sens : (Au point où est maintenant parvenu mon enseignement. » Tout ce qui venait de se passer dans ce repas avait dû achever de mettre en lumière aux yeux des apôtres la véritable nature de Dieu et de son règne, qu'il leur avait si souvent expliquée. En leur dévoilant son être intime, Jésus leur avait dévoilé l'essence de Dieu. Mais ce dernier mot, comme le v. 4, semble destiné à provoquer l'expression de quelque pensée que Jésus discerne au fond de leur cœur. Cest surtout ce terme: vous l'avez vu, qui fait l'effet d’un défi jeté au cœur des disciples : «(Vous êtes devenus les témoins du Père (parf. éwoxxate); vous avez acquis de lui une connaissance qui s'élève jusqu’à la plénitude de la vue!» Mais, voir Dieu, n’est-ce pas tout ce que les apôtres désiraient ? Ge privilége, accordé à Moïse, à Élie, dans l’ancienne alliance, renfermait en effet toutes les garanties dont leur foi pouvait avoir besoin. Si Jésus pouvait les en faire jouir, leur foi devenait inébranlable, d’ausant plus qu'Ésaïe avait annoncé une grâce semblable comme signe des temps messianiques : «La gloire de l'Éternel se manifestera, et toute chair la verra» (És. XL, 5). Ainsi s'explique naturellement la demande de Philippe.

V.8 et9. «Philippe lui dit: Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. 9 Jésus lui dit: Il y a si longtemps” que je suis avec vous, et tu ne m'as pas connu! Philippe, celui qui m'a vu, a vu le Père; et° comment dis-tu: Montre-nous le Père?» — Ce désir d’une théophanie extérieure était sans doute au fond du cœur de tous les apôtres, surtout de ceux qui n'avaient pas assisté à la scène de la Transfiguration. Philippe s’en fait l'organe avec une naïveté qui rappelle celle qu'il avait montrée au ch. VI. Il ne se doute pas qu'en exprimant ce vœu, il nie ce que Jésus vient d'affirmer de lui-même au v. 6. Une vision éclatante, un magnifique coup de théâtre dans les airs, lui paraît être le moyen de s’affermir Imébranlablement dans la foi à Jésus. Ce serait vrai, si l'essence divine était la puissance; mais c’est la sainteté et l'amour. Et, par conséquent, la vraie théophanie ne saurait être une apparition lumineuse; ce ne peut être qu'une vie humaine dans laquelle se manifestent en actes et en paroles ces traits du caractère divin, une vie de Fils, dans laquelle éclate la relation paternelle, pleine de majesté et de tendresse, que Dieu soutient avec l'être qui l’appelle son Père. Or ce spectacle unique, cette théophanie seule réelle, les disciples lont sous les yeux depuis trois ans, et Jésus s'étonne et déplore qu'ils ne comprennent pas mieux le privilége qui leur est accordé depuis si longtemps. Il a tellement dans sa conscience humaine le sentiment de sa divinité, qu'il ne comprend qu'avec peine que la connaissance de sa vraie nature ne se soit pas aussi formée dans le cœur de ses disciples. — L'interpellation Philippe sert à rappeler ce disciple à lui-

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