‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean ... . Tome secondChapitre 164 sur 278 · MEN · texte numérisé non relu

MEN

V. 22. «Judas, non pas l'Iscariote, lui dit: Seigneur, et! que s'est-il donc passé, pour que tu doives te révéler à nous, et non pas au monde? » — Le mode de révélation dont venait de parler Jésus déroutait entièrement la pensée des disciples, toujours dirigée vers la manifestation extérieure, visible pour tous, du royaume messianique. C'était surtout dans le groupe inférieur du collége apostolique, plus ou moins influencé par l’esprit charnel de l'Iscariote, que persistaient de pareilles pensées. Le Judas ou Jude ici mentionné porte dans les catalogues de Matthieu et de Marc les surnoms de Lebbée et de Thaddeée : l’énergique, le hardi. 1 occupe une des dernières places parmi les apôtres. L’explication : (Non pas l'Iscariole,» est destinée à écarter la supposition d’un retour de Judas après XIII, 30. — En disant : (Que s'est-il passé? » Jude réclame lindication du fait nouveau qui motive le changement complet du programme messianique dont il croit apercevoir une preuve dans la parole de Jésus v. 21. Kat, devant ti yéyovev, est l'expression de la surprise; il a été omis, dans plusieurs Mss., comme superflu. — «A nous» signifie ici: «A nous seulement.» La pensée de Jude se rattache à celle de Philippe et la complète. Tandis que Philippe pensait à la grande théophanie qui devait être le commencement et le signal du rêgne messianique, la question de Jude porte sur l'apparition même de ce règne.

Page 1