NAB D: pevn au lieu de meuwn
rassemble ces sarments' et on les jette au feu et ils brûülent. 7 Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez * tout ce que vous voudrez, et cela vous sera fait. 8 C’est en ceci que mon Père est glorifié, que vous portiez beaucoup de fruit ; et ainsi vous deviendrez * mes disciples. » — Ces versets renferment les motifs plus éloignés de rester uni à Christ. Le v. 6 correspond au v. 4; il décrit le sort final du sarment demeuré stérile. Les v. 7 et 8 correspondent au v. 5; ils décrivent l’état glorieux du sarment qui porte du fruit. Ce contraste complète et renforce le premier motif de fidélité présenté v. 4 et 5. — On venait précisément de faire en Palestine l'opération de la taille ; peut-être, comme lobserve Lange, Jésus avait-il devant les yeux dans ce moment même les feux qui consumaient les branches récemment coupées. Il est impossible de rapporter le v. 6 au peuple juif et à sa destruction par les Romains, comme le fait Hengstenberg ; il s’agit uniquement ici du croyant mfidèle; c’est un avertissement pour les disciples lorsqu'ils auront reçu les grâces de la Pentecôte. — Les aor. éBhmôn, éénoavon, et les prés. ouvdyovor, Ballovor, xaistat, pourraient s'expliquer par la vue de ces sarments qui avaient été jetés et séchés et qui, réunis en petits tas dans la campagne , brülaient en ce moment même sous les yeux de Jésus. Mais peut-être vaut-il mieux expliquer laoriste par la répétition de l'acte aussi longtemps que dure l’opération de la taille; le présent se rapporte au fait qui termine l’opération. — Efñôn : jeté sans façon, hors de la vigne. — Sujet de ouvæyouot : les serviteurs du vigneron; dans l’application, les anges (Luc XIE, 20 ; Matth. XIIT, #1). Le feu,
1. NDLX A 20 Mnn. Italis Syr.: auto au lieu de aura. 2. ABDLMX 50 Mon. Itelis : œurnouoûe au lieu d'arrnoeode. 3. BDLMX 12 Mon. : yevnoe au lieu de yevnocobe.
emblème du jugement. Kaisra, présent de durée. — Ce verset décrit le sort qui attend non-seulement le chrétien, mais aussi la chrétienté infidèle (comp. Rom. XI, 29. 93, où le un émuuéver correspond au un mévatv dans notre verset).
Les v. 7 et 8 se rattachent à l’expression beaucoup de fruit (v. 5). Ils indiquent, pour l’encouragement des dis- ciples, les conditions morales et les conséquences glorieuses de cette fécondité. À l’expression attendue en raison du parallélisme : GEL si je demeure en vous, » Jésus substitue celle-ci: «Et si mes paroles demeurent en vous.» C'est, en effet, par le souvenir constant et la méditation habituelle des paroles de Jésus que le disciple peut demeurer dans l'union avec lui et que lui - même peut agir sur et par son disciple. Jésus ajoute ici une idée importante : celle de la prière, qui se lie directement à la précédente. Les paroles de Jésus, méditées avec recueillement, produisent dans l'âme du fidèle de saints désirs et excitent ainsi en lui l'élan de la prière. En les méditant, il comprend mieux la sainteté, la beauté de l’œuvre de Dieu; il en mesure la profondeur et la hauteur, la longueur et la largeur, et dans cette contemplation 1l en réclame avec plus d’ardeur l'avancement sous la forme déterminée qui répond aux besoins présents. Une prière ainsi formée est fille du ciel; elle retourne aisément en haut; c’est la promesse de Dieu transformée en supplication ; dans de telles conditions l’exaucement est certain; et la promesse absolue : «Cela vous sera fait,» n'a plus rien qui étonne. — Les alexandrins substituent limpératif (xrnoacte) au futur. C'est une correction destinée à changer cette promesse en une exhortation morale. — Le . résultat de cette fécondité des disciples sera la glorification du Père. Qu'est-ce, en effet, qui honore davantage le vigneron que la fertilité extraordinaire du cep dont il s’est occupé avec prédilection ? Or, le vigneron, c’est le Père (v. 1). Ey
moute porte évidemment sur le vx qui suit; et cette conjonction remplace ici 6, que Jean emploie plus ordinairement, parce que l'idée de porter du fruit se présente à l'esprit comme un but à attendre. — L’aor. édoéxoôn correspond aux aoristes du v. 6. Jésus pense sans doute à cette glorification de Dieu sans cesse répétée qui résulte de chaque fruit produit par le sarment. Winer et d’autres expliquent cet aoriste comme aor. d'anticipation. — En contemplant, avec une satisfaction filiale, la gloire de son Père , ainsi accrue de moment en moment par ses disciples, Jésus presse sur son cœur avec un redoublement d'amour ces êtres précieux. Puisqu'ils continuent ici-bas l’œuvre d'un maître qui n’a pensé qu'à glorifier le Père, ils seront bien dignes de porter le titre de ses disciples. — Kat: et ainsi. Au lieu du futur yeyñosots, les alexandrins lisent Yévno0e, qui dépendrait de vx. Cette construction ne donne point un sens naturel ; Tischendorf lui-même rejette cette leçon. T'évnode est une correction d’après pépnre. — Le datif éuot est plus pressant et plus tendre que ne le serait le géniuif emo : «Vous vous incorporerez par là plus intimement 4 mot, le cep.» Comme le cep ne porte lui-même, directement, aucun fruit, mais ne le produit et ne l'offre au monde que par l'intermédiaire du sarment, ainsi Jésus fait entendre, dans tout ce passage, qu’il ne répandra la vie spirituelle ici-bas que par l'intermédiaire de ceux qui l'ont reçue de lui. En formant une Église, il se crée un organe pour l'effusion de la vie et pour la glorification de Dieu sur la terre. Le cep s’efface pour ne laisser paraître que les sarments; à ceux - ci de s’effacer à leur tour, pour rendre hommage au cep de tout ce qu'ils opèrent. Les épîtres aux Éphésiens et aux Colossiens exposent, sous une forme complètement originale, cette même relation entre le Ghrist et les croyants. Les images de tête et de corps correspondent à celles de
cep et de sarment. Et quand saint Paul dit du Christ glorifié «que loute la plénitude de la divinité habite corporellement en lui» et «que nous avons tout pleinement en lui,» il ne fait que formuler le sens de la parabole du cep et du sarment, tel qu'il vient de s'offrir à nous.
La condition pour pouvoir demeurer en Christ, ce sera de persévérer dans lobéissance à ses commandements, c'est-à-dire dans l'amour fraternel : v. 9-17.
V. 9-11. «Comme le Père m'a aimé, je vous ai aussi aimés ; demeurez dans mon amour. 10 Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme j'ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. 11 Je vous ai dit cela afin que ma joie soit” en vous et que votre joie soit accomplie.» — Pour que les disciples demeurent en Christ, il faut qu’il se passe entre eux et Jésus ce qui s’est passé entre Jésus et le Père. Le fondement de cette dernière relation, c’est l'amour du Père pour Jésus, amour qui renferme celui dont il a joui comme Logos (XVII, 24) et celui dont il est l’objet depuis l'incarnation : «Tu es mon Fils bienaimé, en toi j'ai mas toute mon aflection. » Et de même, le fondement de la relation entre Jésus et les siens est l'amour qu'il a eu pour eux (v. 16). Dans les deux cas l’initiative part de l'être le plus élevé. Que faut-il done pour que la relation continue et se développe? Il faut que l'être inférieur, objet de cet amour, y corresponde en restant sous son action, en quelque sorte sous son rayonnement; c’est tout ce qui lui est demandé. Il n’a point à l’éveiller ; 1l lui suffit de ne pas le forcer à se détourner de lui par quelque infidélité : c’est là ce que Jésus appelle «demeurer dans son
1. N omet les mots eav .…..ev t. ayarn mou (confusion avec ev tn ayarn tn un V. 9). X lit «y. tn eun au lieu de «y. mov. 2. ABD It. Vg. lisent n au lieu de pen.
amour, comme il est demeuré, lui-même, dans celui du Père.» L'injonction : « Demeurez, » repose donc sur l’idée d'un fait analogue dans la conduite de Jésus envers son Père. Cest ce fait sous-entendu au v. 9 qui est positivement rappelé au v. 10 : la persévérance de Jésus dans l’obéissance à la volonté de son Père, par laquelle il est demeuré l’objet de son amour (VII, 29; X, 17). Qu'ils en agissent de même envers Jésus, et ils ne cesseront pas non plus d’être sous la douce influence de son amour pour eux. L'expression mon amour ne peut désigner ici en vertu du contexte et particulièrement des v. 15 - 16 que l'amour de Jésus pour eux. — Dans l'explication que nous venons de donner du v. 9, nous avons pris les mots xayo myarnox comme principale; comp. VI, 57: xgxeïvoc. Mais il y a une autre construction qui fait de metvate la proposition principale. «Comme le Père m'a aimé et comme je vous ai aimés, demeurez dans mon amour.» Jésus expliquerait au v. 10 les diverses idées sous-entendues au v. 9 : qu'il est demeuré lui-même dans l'amour du Père, qu'il y est demeuré par l'obéissance et que c’est par le même moyen qu'ils pourront demeurer dans le sien. La première construction paraît plus simple. Le sens est au fond le même. — Jésus sait que leur parler amsi ce n’est point leur imposer un fardeau, mais plutôt leur révéler le secret de la joie parfaite (v. 11). Cette relation entre Dieu et lui qui a fait et qui fait encore toute sa joie, en se reportant sur ses disciples, fera aussi toute la leur. C’est donc bien sa propre joie à la connaissance et à la possession de laquelle il les initie par cette recommandation, v. 9. 10. Il faut, par conséquent, entendre ma joie de la joie dont il jouit lui- même en étant constamment l'objet de l'amour de son Père. Les explications de Calvin : la joie que je produirai en vous; d’Augustin : la joie que J'éprouve en pensant à vous; d'Euthymius: la joie que vous
éprouvez à mon sujet, sont étrangères au contexte bien compris. Comp. l’expression analogue ma paix XIV, 27. C'est ainsi que sa joie en se communiquant à eux élèvera la leur à la plénitude. Quelle joie plus parfaite l’homme serait-il capable de goûter que celle dont jouit le Fils en se sentant l’objet de l'amour éternel du Père? Or cet amour du Père embrasse avec le Fils tout ce que le Fils lui-même serre dans les bras de son amour. — La leçon % paraît préférable à metvn. La notion d’étre suffit ; celle de demeurer est superflue; comp. XVII, 26.
Cette obéissance à ses injonctions, à laquelle Jésus les convie , se résume tout entière dans l’amour fraternel :
V. 19. «C’est ici mon commandement, que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés.» — Comp. XII, 34. Hengstenberg trouve dans v. 1-11 le résumé de la première partie du sommaire de la loi, dans v. 12-17, celui de la seconde. En effet, Jésus ne peut présenter l'amour fraternel comme le précepte essentiel qu'à des gens qui par leur union avec Christ accomplissent de fait le premier et grand commandement, l’amour de Dieu. Le rapport normal du sarment aux autres sarments suppose naturellement que la relation entre le sarment et le cep est déjà formée.
Dans les v. 13-16 Jésus élève l'amour chrétien à toute sa hauteur en développant ce qu'a été le.sien, modèle du nôtre. Ces quatre versets sont le commentaire des mots: «Comme je vous ai aimés.» Et d'abord, v. 13, le point jusqu’auquel il pousse le dévouement, la mort; puis, v. 14. 15, le caractère de la relation qu'il a soutenue avec eux: c'était la confiance de l’ami plutôt que l’autorité du maïtre; enfin, v. 16, la libre initiative avec laquelle il a contracté lui-même cette relation. (Quand donc vous vous demanderez quelles limites doit avoir votre amour mutuel, com-
mencez par vous demander quelles limites a eues sous tous ces rapports celui que j'ai eu pour vous. »
V. 13. «Personne n’a un amour plus grand que celui de donner sa vie pour ses amis.» — La pensée du Seioneur est claire : dans la relation avec des amis, il n'y à pas de plus grande preuve d'amour que le sacrifice de sa vie. Il n’y a pas là la moindre contradiction apparente ni réelle avec Rom. V, 6-8."Tvsa conserve la notion de but: «le plus haut point auquel puisse aspirer l'amour dans cette relation, est...»
V. 14 et 15. « Vous” êtes mes amis, si vous faites tout ce que” je vous commande. 19 Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que son maître fait; mais je vous ai donné le nom d'amis, parce que je vous ai fait connaître toutes les choses que j'ai entendues de mon Père.» — Au v. 14, l'accent est sur la principale : «J'ai dit : amis (v. 13); et c’est bien là, en effet, le mot qui caractérise la relation que nous avons soutenue ensemble.» La condition, exprimée dans la proposition dépendante, n’est qu'en seconde ligne. C'est la répétition de l’idée du v. 10. — Quoi de plus touchant dans la vie commune qu'un maître qui, trouvant un serviteur réellement fidèle, lui donne dans la maison le rang et le titre d'ami! — Le v. 15 sert à prouver la réalité de ce titre. I leur à témoigné une confiance illimitée dans la révélation de ce que son Père lui a communiqué en vue de la grande œuvre pour laquelle il l’a envoyé. Sans doute il reste encore bien des choses à leur apprendre (XVI, 19). Mais, s'il ne les leur a pas révélées, ce n’est pas par un manque de confiance et d'amour; c’est pour ménager leur faiblesse et