‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean ... . Tome secondChapitre 174 sur 278 · Byzantins : axouon. Alexandrins Or. : axouoet · texte numérisé non relu

Byzantins : axouon. Alexandrins Or. : axouoet

ne pouvaient comprendre qu’à demi. Sans doute, au point de vue de la confiance, il ne leur avait rien caché (XV, 15); mais, eu égard à leur incapacité spirituelle, il avait gardé pour lui bien des révélations qui avaient dû être réservées | à l’enseignement de l'Esprit. Ces révélations supérieures comprennent tout ce qui, dans les écrits apostoliques, dépasse la parole de Christ dans les évangiles: la rédemption par son sacrifice, le rapport de la grâce à la loi, la conversion des païens sans condition légale, les destinées de l'Église jusqu’à sa consommation. À tous ces égards l'enseignement de Jésus n'avait fait que semer des germes que l'Esprit devait féconder.

L'Esprit est présenté au v. 13, par le terme 6dnyeiv, sous image d’un guide qui mtroduit un voyageur dans une contrée inconnue. Gette contrée, c’est la vérité. Jésus ne parle évidemment ici que de la vérité essentielle, celle du salut. Ce domaine de la nouvelle création, qu’il n’a pu leur montrer que de lom, et au moyen de figures et de similitudes, l'Esprit le leur dévoilera d’une manière immédiate et parfaitement vraie. Cette vérité, d’après XIV, 6, c’est Jésus luimême, sa personne, sa parole, son œuvre. Voilà le divin domaine dans lequel l'Esprit leur servira de guide. — La leçon sis convient mieux au verbe oômynoet que év.

L’infaillhibilité de ce guide provient de la même cause que celle de Jésus lui-même (VII, 17. 18) : l'absence de toute productivité propre et maladive. Toutes ses révélations intérieures seront puisées dans le trésor de l’objectivité divine; son enseignement ne sera ainsi qu'une Imitation à l'essence réelle des choses. Ge que Jésus à fait, à cet égard, extérieurement, l'Esprit le fera intérieurement. Satan est menteur précisément parce qu'il parle d’après un tout autre principe, tirant ce qu'il dit de son propre fonds (VIIL, 44). Le terme Gox &v fait penser à une série d'actes momenta-

nés. Chaque fois que l’apôtre aura besoim de sagesse, l’Esprit lui communiquera ce qui sera à propos. On peut sousentendre, comme régime de entendra, du Père ou de moi. Le v. 15 prouve qu'il faut réunir ces deux idées; et c’est même là ce qui explique le plus naturellement l'expression entendra: il assiste aux communications intimes entre le Père et le Fils glorifié; il participe à cette révélation que Dieu donne à Jésus-Christ (Apoc. I, 4) pour la transmettre à ses serviteurs, et, ainsi initié au plan divin, il en instruit, lorsque le besoin l'exige, les disciples. [l s’agit ici évidemment de l’enseignement de choses non encore entendues sur la terre (v. 12), d’une révélation primordiale, C’est là le caractère qui distingue l'inspiration apostolique de celle des simples croyants. Celle-ci n’est qu’une reproduction de cellelà et n’est, par conséquent, comprise qu'indirectement dans cette promesse. Elle s'opère par le moyen de la parole dans laquelle les apôtres ont déposé les richesses de la révélation primitive et origmale, qui a été leur prérogative. De l'expression toute la vérité il ressort que, pendant l’économie présente, aucune vérité nouvelle non contenue dans la parole des apôtres ne sera plus révélée à l'Église. — A cet enseignement de l'Esprit appartient aussi, comme élément particulièrement important, la révélation des destinées de l'Église, des choses à venir. — Kat, et méme. Comme Jésus n’est pas seulement le Christ venu, mais aussi le Christ venant (© oxouevos Apoc. [, 4), les éoyéueva, les choses à venir, sont encore contenues dans sa personne. La parole XIV, 26 renfermait la formule de l'inspiration de nos évangiles ; le v. 13 donne celle de l'inspiration des épîtres et de l’Apocalypse.

V. 14 et 15. (IL me glorifiera, parce qu'il prendra de ce qui est à moi, et quil vous l’annoncera. 15 Tout ce que le Père a, est à moi; c’est pourquoi j'ai dit qu'il

prendra‘ de ce qui est à moi et qu'il vous l’annoncera.» — L'asyndéton entre v. 13 et 14 prouve que Jésus ne fait que reproduire, sous une forme nouvelle et plus énergique, dans le v. 14, la pensée des v. 19 et 18. L'œuvre de . l'Esprit ne sera, en définitive, que la glorification de Jésus dans le cœur des apôtres; après que le Père aura élevé personnellement Christ dans la gloire, le Saint-Esprit fera rayonner d'En-Haut sa céleste image dans le cœur des disciples et, par eux, dans celui de tous les croyants. Il y à ici un mystérieux échange et comme une rivalité de divine humilité. Le Fils ne travaille qu'à glorifier le Père, et l'Esprit en retour ne travaille qu’à glorifier le Fils. — Il résulte de la relation étroite entre le v. 14 et ce qui précède, que la révélation de la vérité (v. 13) est identique avec la glorification de Jésus dans les cœurs. Christ, sa parole et son œuvre, voilà le texte unique que l'Esprit commentera dans l’âme des disciples. Par là 1l fera, d'un même acte, croître les disciples dans la vérité et grandir Jésus en eux. Pour l'intelligence de ce doËæ£etv comp. l'expérience admirablement décrite par saint Paul 2 Cor. IF, 17. 18.

En appelant le fonds auquel puisera l'Esprit «ce qui est à moi,» Jésus a prononcé un paradoxe; il en donne l’explication, v. 15: «En effet, ajoute-t-1il, tout ce que le Père a, est à moi.» Cette parole étonnante révèle comme aucune autre la conscience qu'il avait de la grandeur de sa personne et de celle de son Évangile. Le fait chrétien est, dans la conviction de Jésus, la mesure du divin pour humanité. Rien de chrétien qui ne soit divin; rien de divin qui ne soit chrétien. — «C’est pourquoi j'ai dit» signifie ici: «Cest pourquoi j'ai pu dire.» — Le prés. hapfave est mieux

1. T.R. avec A K une partie des Mnn. Ivkrie Ve, Cop. lit imbeto. Mais 14 Mjj. la plupart des Mnn. lisent kapfBavet. N omet tout le v. 15 (confusion des deux ayayyehet uutv).

documenté que le fut. Afbetoæ. De plus, il est en rapport avec les prés. êxe, éotiv; le futur paraît être une correction d'après le v. 14. (1 prend ;» c’est sa fonction permanente, l'essence de son opération; de là il résulte qu'il prendra dans chaque cas particulier. On voit qu'il n’y à pas d'inspiration divine réelle qui ne se rapporte à Jésus-Christ. Aussi saint Paul donne-t-1l le cri d’adoration: «Jésus Seigneur!»> comme le critère de toute action véritable de l'Esprit divin (1 Cor. XII, 3).

Tous ces discours, et en particulier ce masculin éxetvog, v. 14, reposent sur l’idée de la personnalité du Saint-Esprit.

JEL.

Le dernier adieu: XNI, 16-33.

De ces perspectives lointaines (XV, 1-XVI, 15), Jésus revient à la grande préoccupation du moment présent, celle de son départ. Gela est naturel; c’est ainsi qu'il doit terminer.

V. 16-18. «Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus'; puis, un peu de temps encore, et vous me verrez, parce que je men vais au Père”. 17 Sur quoi quelques-uns de ses disciples se dirent entre eux : Que signifie ce qu'il nous dit : Encore un peu de temps, et vous ne me verrez plus”; puis, un peu de temps encore, et vous me verrez? Et cette autre parole : Parce que je” m'en vais au Père ? 18 Ils disaient donc : Que veut-il dire par cette parole”: Un peu de temps? Nous ne comprenons

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