‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean ... . Tome secondChapitre 177 sur 278 · HE · texte numérisé non relu

HE

je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ; et personne ne vous ravira votre joie. » — Le terme de comparaison est dans la brusque succession de la plus terrible angoisse à la joie la plus ineffable. L'idée de l’enfantement d’un monde nouveau, qui doit résulter de cette heure d'angoisse, ne paraît pas être dans la pensée de Jésus. — L'expression son heure fait peut-être allusion à l'heure douloureuse si souvent annoncée par Jésus; ce qui se passera chez eux ne

sera-t-il pas le contre-coup de ce qui se passera chez lui? :

— Un homme : ce mot fait ressortir la grandeur de l’événement accompli et motive la joie de cette mère.

Le v. 22 fait l'application de la comparaison. La liaison de ce verset avec le suivant en détermine clairement le sens : c’est de la Pentecôte, et non de la Résurrection, qu'il s’agit. On pourrait traduire les mots : «Je vous reverrai, » par ceux-ci: (Je reviendrai vous voir, vous visiter, vivre de nouveau avec vous.» La mort de Jésus ne sépare pas seulement les disciples de lui, mais aussi lui des disciples. Dès l'heure de sa mort il ne tient plus, comme il le faisait sur la terre et comme il le fera de nouveau après l’Ascension, les rênes de leur vie; c’est pourquoi aussi, dans le chapitre suivant, il les remet entre les bras de son Père, sentant que bientôt il ne pourra plus les diriger et les garder lui-même. Dès la Pentecôte, au contraire, il dirige de nouveau le troupeau, comme jadis, et même avec une toutescience et avec une toute-puissance divines; et voilà pourquoi il dit non pas seulement: « Vous me reverrez, » mais encore: «Je vous reverrai.» La joie de la Résurrection fut bien le prélude de celle que Jésus annonce ici; mais chaque fois que Jésus disparaissait après être apparu aux siens, elle était troublée; elle ne devint pure et permanente qu'après la Pentecôte.

Page 1