Kat syvwoay est omis par N A D Ttelis
révéler le Fils. Voilà pourquoi le témoignage de Jésus sur lui-même forme un élément si important dans l’enseignement du quatrième évangile. — Les apôtres étaient à Dieu sans doute comme créatures et comme Juifs; mais ici Jésus pense surtout à cette disposition intérieure, désignée dans notre évangile par les expressions : étre de Dieu (VIT, 17; VII, 47), étre de la vérité (XNIIE, 87), faire la vérité (M, 91) et par laquelle ils appartenaient au nombre des vrais Israélites. Dieu les a donnés à Jésus par l'attrait et par l’enseignement intérieurs dont il est si souvent parlé : VI, 37. 44. 45. 65. Et le lien spirituel, une fois formé, s’est maintenu. Ge nom de Dieu, qui, par la parole de Jésus, à passé de sa conscience dans la leur, ils l’ont gardé intact à travers toutes les fausses notions qui auraient pu le troubler. Si Jésus dit: «fa parole,» non « ma parole,» c’est, comme l’explique le v.7, parce que sa parole a été la reproduction pure et simple de celle du Père. Etils ont su discerner ce rapport et reconnaître dans l’enseignement que Jésus leur donnait, celui que Dieu même donnait à Jésus. Il y a, au premier coup d'œil, une tautologie entre les expressions dédwxæxs pot et rapx cov. Mais la première est empruntée à la conscience de Jésus; la seconde est puisée dans celle des apôtres : « Ils ont reconnu que tout Ce que tu me donnais pour eux, venait réellement de toi. » Et cela, par la raison que Jésus n’y ajoutait jamais rien de son propre fonds (v. 8). En reconnaissant le caractère absolument divin de sa parole, ils ont aussi ouvert les yeux sur celui de sa personne (ééñ\6o) et de sa mission (gréotet\ac). Dans ces paroles respire encore le sentiment de joie intime et de vive reconnaissance que Jésus vient d’éprouver, il n’y a que quelques instants; car c’est tout récemment qu'a été obtenu enfin ce résultat dont il bénit son Père (XVI, 29-31). La moisson est chétive sans doute : onze artisans galiléens pour trois ans de labeur.
Mais c'est assez pour Jésus : car dans ces onze il contemple le gage du salut de l'humanité et le fondement de l’œuvre divine sur la terre. — « Îls ont recu » : sur l'autorité de mon témoignage; € Îls ont connu » : par leur propre discernement moral; «Îs ont cru» : par l’abandon de tout leur être.
V. 9 et 10. « Je prie pour eux; je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m'as donnés, parce qu'ils sont à toi. 10 Et ce qui est à moi, est à toi; et ce qui est à toi, est à moi’; et je suis glorifié en eux.» — Après avoir exposé à Dieu la valeur infinie que la foi donne aux disciples, Jésus tire de là cette conclusion : «Je prie pour eux.» Eyw, moi, en tête : « Moi qui ai tant travaillé pour les amener à ce point.» Puis, immédiatement après, mot adtoy, pour eux : (Pour eux, les fruits de mes labeurs. » Ce sens des premiers mots qui nous paraît résulter de la haison du v. 8 au v. 9, détermine celui de lantithèse : « Je ne prie pas pour le monde. » Jésus n’a point un motif pareil à alléguer en faveur du monde. Le but de ces mots est donc bien moins d’exclure le monde de lintercession de Jésus que de justifier sa prière pour les disciples : «Je ne m'adresse à toi que pour des êtres qui sont réellement dignes de ce que je te demande pour eux. » Comment Jésus pourrait-1l demander à Dieu de garder le monde ? Le garder de qui? Du monde! Les grâces qu'il demande pour ses disciples supposent, chez ceux qui doivent les recevoir, une préparation morale qui manque au monde (XIV, 15-17). Mais ce refus de prier pour le monde n’est pas absolu. Lorsque Jésus dit : « Pêre, pardonne-leur, » il prie pour le monde; seulement, alors, il n’allègue pas, comme ici, ce motif : « [ls ont connu » (v. 8); il dit au contraire : « Is ne savent ce qu'ils font. » Il ne fait pas appel, comme dans la
Î. Au lieu de xat t. emo .…. où ema, N lit xau eot autrous edwxu.
prière sacerdotale, à la sollicitude de Dieu pour un être précieux qui lui appartient en propre, mais à sa compassion pour un être misérable qui se perd. Le v, 21 : « Afin que le mohde connaisse que lu:m'as envoyé, » renferme aussi une prière implicite en faveur du monde. Ce n’est qu'à l'égard de cette portion du monde qui s’endureit définitivément, que le refus de Jésus devient absolu. — Avant d’articuler positivement là demande qu'ila en vue, Jésus récapitule les titres que possèdent les disciples à l'intérêt divin : 1° « Tu me les as donnés; ne dois-tu päs me le conserver, ce don que tu m'as fait? » 2° « Quoique m’ayant été donnés, ils sont encore, et plus que Jamais, à toi; car tout est commun entre nous (v. 10); et ce que je reçois de toi, je ne le reçois que pour te le rendre et t’en mieux assurer la possession. » Luther observe avec raison, sur cette parolé, que chaque homme peut bien dire : «Ge que j'ai, est à toi,» mais que le Fils seul peut dire : «Ge quiest à toi, est à moi. » 3° Enfin, ce qui les recommande surtout à l’intérêt du Père, c’est qu'ils sont désormais (parf. ded0Ëaomwat) les porteurs de la gloire du Fils. Gette expression a été comprise de diverses manières. Il n’y à aucune raison de s'éloigner du sens constant du terme : étre glorifié. Quoique revêtu encore de la forme de serviteur, Jésus leur est apparu intérieurement sous sa forme de Fils de Dieu, qui est sa véritable essence; avant même que d’avoir été réintégré, en réalité, dans son état divin, 1l l’a recouvré en eux par le fait qu'ils l’ont reconnu pour ce qu'il est véritablement.
V. 11. « Et je ne suis plus dans le monde; mais eux! sont dans le monde; et moi, je vais à toi. Père saint, garde-les en ton nom, eux” que tu m'as donnés, afin