BMSUY 12 Mann. lisent x après xafwc
du monde et dont Dieu est lui-même le centre par sa saintelé. Les mots : € En ton nom, » signalent la révélation de l'essence divine accordée aux apôtres comme le mur d'enceinte de ce domaine sacré dans lequel ils doivent être gardés. — La leçon qu'offrent presque tous les Mjj. signifierait : « Ton nom, que tu m'as donné. » Mais où est-il parlé dans l'Écriture du nom de Dieu, comme donné au Fils? La parole : « Mon nom est en lui » (Ex. XXII, 21), est fort différente. Il vaudrait mieux en tout cas accepter la leçon © dédUxXs, (Ce que tu m'as donné, » que présentent quelques documents, non en rapportant 6 à ôvouæ, ce qui donnerait le même sens que la leçon précédente, mais en faisant de ces mots : « Ce que tu m'as donné, » l’'apposition explicative de adrous, eux, qui suit, exactement comme au v. 2 (may 0 dédwxas — auto) et au v. 24 (si la leçon 8 est la vraie dans ce verset). Ge qui parle en faveur de cette leçon, c'est que, tout en donnant le même sens que celle du T. R. (ds), elle explique aussi très-facilement lorigine de celle des Mjj. (6 transformé en 6). Que si on la trouve néanmoins trop dure, il ne reste qu'à maintenir celle du T. R., qui est la plus conforme au style de Jean et au sentiment général du morceau (v. 6. 9). La conjonction tva peut dépendre de dédwxac; c'est la construction la plus probable avec la leçon des Mjj. (« ton nom que tu m'as donné pour le leur transmettre, afin qu'ils soient un » ); — ou de rygncov; c’est le rapport le plus naturel dans les leçons 6 ou où : « gardeles dans le saint enclos de ta connaissance (eux que tu nas accordé d'y introduire), afin qu'ils ne soient qu'un, comme nous; afin que le faisceau formé par mes soins ne se rompe pas, et qu'aucun d'eux ne se perde dans l'isolement. » Que fût devenu Thomas, par exemple, si, après la Résurrection, il eût persisté dans sa séparation d’avec ses frères ? — Les mots comme nous signifient que, comme c’est par la pos-
session de l'essence divine que le Père et le Fils sont un, c’est par la commune connaissance de cette essence (le nom) que les disciples peuvent aussi rester un et être individuellement gardés.
V. 12 et 13. « Quand j'étais avec eux dans le monde‘, je les gardais moi-même en ton nom; j'ai veillé sur ceux que tu m'as donnés” ; et aucun d’entre eux ne s’est perdu, si ce n’est le fils de perdition, afin que l’Écriture fût accomplie. 15 Mais maintenant, je vais à toi; et je dis ces choses pendant que je suis dans le monde, afin qu'ils aient ma joie accomplie en eux. » — Ces deux versets sont la confirmation de la demande : « Garde-les, » par le développement du second motif brièvement indiqué, v. 11 a : Ils ont besoin de ta protection. — ’Exrgovy se rapporte au résultat : e les préservais ; égÿlaËx indique le moyen : j'ai veillé. — La leçon 6 est plus inadmissible encore dans ce verset que dans le précédent. — Par le mot fils de perdition, et par l’allusion qu’il fait à la prophétie, Jésus veut uniquement dégager sa propre responsahilité, et nullement atténuer celle de Judas. Voir t. IT, p. 416-419. Ainsi lors même que l'Écriture déclare qu'il y aura un antéchrist, cela n’empêche nullement que l’homme qui se prêtera à ce rôle, ne le fasse hbrement. Dans la locution hébraïque fils de... l’idée abstraite qui sert de complément, est personnifiée et envisagée comme une puissance qui domine lindividu qui s’y est livré. Le passage auquel pense Jésus est Ps. XLT, 10, cité XII, 18. Faut-il conclure de ce verset que Jésus mit Judas au nombre de ceux que le Père lui avait donnés ? "Ein n’oblige point à tirer cette conséquence. Comp. Matth. XIE, 4: Luc IV, 26. 27, etc.
1. NBCDL Itpleriqe Vo, Cop. omettent ev To xoouw. 2. Au lieu de ous, BGL lisent w (comme v. 11) et ajoutent xox devant epuaaëa. N lit xat epuaucoov au lieu de ous dedwxas …. epukaëc.
Après cette parenthèse relative à Judas, Jésus renoue (v. 13) avec le commencement du v. 12 : il rappelle à son Père qu'il se sépare d’eux et les laisse seuls; mais il déclare en même temps que s’il prononce tout haut ces paroles, avant de les quitter, c’est pour les rendre participants de la consolation dont il jouit lui-même et les associer à la Joie dont le remplit la pensée de son retour au Père. Il voudrait que l'assurance de son élévation prochaine dissipât jusqu’au dernier nuage de tristesse dans leur cœur, comme elle le fait dans le sien propre. Exprimer ce vœu à son Père, c’est lmviter à l’accomphr. Et ce sera là la mamière la plus effñeace de les garder (v. 11).
Ici commence la seconde partie de la prière pour les apôtres. L’intercession de Jésus prend un nouvel élan. Dès ce moment 1l pense moins à ce qu'il a fait jusqu'ici pour eux qu'à ce qu'il veut faire à l'avenir par eux. En conséquence il demande à son Père non plus seulement de les maintenir, mais de les consacrer comme tout à nouveau : « Sanctifie-les » (v. 17). Les v. 14-16 préparent cette seconde demande.
V. 14-16. « Je leur ai donné ta parole; et le monde les a pris en haine, parce qu'ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. 15 Je ne demande pas que tu les retires du monde, mais que tu les préserves du mal. 16 Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde.» — Le v. 14 correspond, même pour la forme, au v. 6 qui avait commencé à intr'oduire la première demande. La parole de Jésus qu'ils ont reçue les a rendus aussi étrangers au monde que Jésus l’est lui-même, et la haine que leur voue le monde leur fait bien sentir qu'ils ne lui appartiennent plus. Dans cette situation, Jésus pourrait donc facilement se laisser aller à demander à Dieu de les associer à son départ. Mais non, il les a précisé:
ment trés du monde pour les préparer à remplir une mission dans le monde. Pour cela, il faut d’abord que la ligne de démarcation entre le monde et eux soit maintenue, qu’ils soient préservés du mal. Toÿ royncoÿ doit certainement être pris 11 comme neutre : du mal, et non: du malin; c’est ce que prouve la prépos. &x, hors de, qui se rapporte à un domaine d’où on est tiré, non à une personne. Il en est autrement dans l’oraison dominicale, où il y a la prépos. ano et le verbe Sector, deux expressions qui se rapportent plutôt à un ennemi personnel (Matth. VI, 13). C’est donc à tort que M. Reuss traduit ici : «de la puissance du diable » (t. Il, p. 445). Hengstenberg fait observer que la forme +1getv 6x ne se retrouve que dans l’Apocalypse (IL, 10). Dans cette construction, l’idée de délivrance se trouve combinée avec celle de conservation. — Le v. 15 était une espèce de parenthèse; le v. 16 reprend l’idée du v. 14. Ils ont été élevés par Jésus dans la sphère divme, étrangère au monde, dans laquelle Jésus vit lui-même. De là, la mission qu'il leur donne auprès du monde, et en vue de laquelle il adresse à Dieu la demande suivante.
V. 17 et 18. « Sanctifie-les par ta vérité‘; ta parole est la vérité. 18 Comme tu m'as envoyé dans le monde, je les ai, moi aussi, envoyés dans le monde. » — Jésus disait X, 36 : «Moi que le Père a sanctifié (fylaces) et envoyé dans le monde. » Une consécration avait donc précédé son envoi sur la terre. La même ‘chose doit avoir lieu pour les siens : «Consacre-les (v. 17); car je les envoie (v. 18). » Le mot &yri£euw, sanctifier, n’est point synonyme de xax0æotéerv, purifier. Le saint est opposé non point à l’impur, mais à ce qui est simplement naturel, profane (sans idée de
1. Zovu que lit T. R. avec 12 Mjj. presque tous les Mnn. Syr. Cop. est omis par A BG D L Itrktiqu Vo: ; N omet les mots cou …. «n@erx (confusion des deux ana).
souillure). Sancüfier, c’est consacrer ce qui appartient encore à la vie naturelle, en vue d’un usage exclusivement religieux. Comp. Ex. XXIX, 1. 36 (différence avec purifier); XL, 15; Lév. XXIL, 2. 3; Matth. XXII, 17. Au point de vue de l'Ancien Testament, cette consécration était extérieure, rituelle, tandis que, dans la nouvelle alliance où tout est spirituel, le siége de la consécration est avant tout dans la volonté du consacré. Jésus, en disant : « Sanctifie-les, » demande donc pour eux une volonté entièrement disposée à accomplir la mission qui leur sera confiée auprès du monde. Il faut que toutes leurs forces, tous leurs talents, toute leur vie, soient consacrés à cette grande tâche, le salut du monde; ce qui implique le renoncement à toute satisfaction propre, quelque légitime qu'elle puisse être, l'absence de toute vue intéressée, de toute recherche de soi-même. C’est l’idée sublime de la sainteté chrétienne, — mais considérée ici, où 1l ne s’agit que des apôtres, comme réalisée sous la forme spéciale du ministère chrétien. Nous avons, en traduisant, pris év dans le sens instrumental, comme [, 31. 33. La vérité divine est ainsi désignée comme l'agent. par lequel Dieu opère la consécration intérieure. Meyer et d’autres laissent à &v son sens ordmaire, dans : «Dans ce milieu de la vérité, où je les ai déjà placés, achève de les sanctifier. » Mais pourquoi, dans ce sens, Jésus ajouterait-il ce qui suit : «Ta parole est la vérité » ? Ges mots n’ont de portée qu'autant que la vérité est présentée comme la cause efficiente de la consécration. — Il est difficile de croire que le pron. cov ait été ajouté au texte. Le témoignage des anciennes Vss. est plutôt en sa faveur.
Si Jésus demande maintenant pour eux l'esprit de la charge (v. 17), c’est qu'il leur a déjà confié la charge ellemême (v. 18). Lors même qu'ils sont encore dans le monde, il peut, puisqu'il les a élevés à lui dans une sphère à part,
en dehors du monde (v. 16), les envoyer au monde, aussi bien qu'il y a été envoyé lui-même du ciel.
V. 19. «Et je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu'eux aussi soient sanctifiés en vérité. » — Le sens de xat est celui-ci : «Et, afin de rendre leur consécration possible, j’opère la mienne propre. » Jésus ne demande rien au Père qu'en faisant lui-même ce qui dépend de lui pour que son désir puisse se réaliser. Cest donc en opérant sa propre sanctification qu'il prépare et demande la leur. Le mot sanchfier ne suppose nullement, comme nous l'avons vu, éloignement d’une souillure; car il n’est point synonyme de purifier (xabaot£euv). C'est donc à tort que les Irwingiens et d’autres ont vu dans cette parole une preuve de lexistence du péché originel en Jésus. D’un autre côté, c’est trop restreindre le sens de ce mot que de lexpliquer, comme Chrysostome : « Je me voue à la mort comme victime. » Cette interprétation forcerait à donner un sens différent au mot &yxçeuv dans la première et dans la seconde proposition du verset. C’est également l’mconvénient de l'explication de Meyer : «Je meurs afin que l'Esprit puisse être donné et vienne les sanchfier ; » comp. M. Reuss : «La mort de Christ est représentée comme la condition préalable de l’effusion du Saint-Esprit » (t. Il, p. 404). Le sens naturel du mot &ytœ£euw conduit directement à la vraie explication. Jésus a une nature humaine semblable à la nôtre, douée d’inclinations et de répugnances légitimes, semblables aux nôtres. Cette nature, il en fait continuellement une sainte offrande, il la contraint à l’obéissance, il la rapporte ou l'immole, selon les cas, à sa mission. QC s’est offert lui-même à Dieu sans aucune tache, par l'Esprit éternel» (Hébr. IX, 14). S'agit-il d’une joie qui lui est offerte, il y renonce, comme au désert, pour demeurer dans la dépendance du Père. S'agit-il d’une douleur à subir, 1l fait fléchir
sa nature, comme à Gethsémané, pour entrer dans l'œuvre à laquelle l'appelle la volonté du Pére. Sa vie entière reçoit ainsi le sceau d’une consécration croissante, qui aboutit enfin à l'entière inumolation. — Les pron. éy et éuavtés, amsi que l'actif &ytxtw, font ressortir l'espèce de violence que Jésus exerce sur lui-même, en agissant de la sorte. — Par cette consécration de la vie humaine en sa personne, Jésus en opère d’avance la consécration dans tous les siens; «Pour eux, » dit-il, et ces mots sont expliqués par la proposition suivante : « Afin qu'eux aussi soient sanctifiés. » La. sanctification chrétienne n’est autre chose, en effet, que l’application à chaque croyant de ce travail de consécration que Jésus a opéré sur sa propre nature. C'est ce que saint Paul développe Rom. VI, 1-19 et particulièrement VII, 4-3, où 11 montre que Christ a condamné, annulé le péché dans la chair, afin que la justice exigée de nous par la loi fût réalisée en nous. C'est l'Esprit saint qui a la vertu de reproduire en nous la consécration de Jésus: « La loi de lEsprit de vie qui est en Jésus-Christ m'a affranchi de la loi du péché et de la mort. » En ce point, comme dans tous les autres, l’œuvre de l'Esprit consiste à prendre de ce qui est à Jésus, pour nous le donner. Seulement il faut se rappeler ce qui à été dit au v. 17: c’est qu'il s’agit ici des apôtres non pas seulement comme chrétiens, mais spécialement comme ministres (v. 18). Jésus lui-même ne s’est pas sanctfié uniquement comme homme et pour réaliser l'idéal de la samteté humaine, mais en même temps comme Sauveur et pour accomplir une mission en faveur de l'humanité. Ainsi la tâche des apôtres ne sera pas seulement de réaliser la consécration à laquelle seront appelés les autres croyants. Jésus en les affranchissant des devoirs d’une vocation terrestre, et en les envoyant au monde comme ses ambassadeurs, a voulu que leur sanctification personnelle s’opérât
sous la forme de l’apostolat. Et quoique les expressions dont Jésus se sert ici, s'appliquent certainement à la vie chrétienne en général, dans le contexte elles se rapportent proprement à la forme de consécration que présente le ministère proprement dit — ’Ey dimtsia, vu le manque d'article, doit se prendre ici dans le sens d'éntoc. Jésus oppose la consécration extérieure qui conférait le sacerdoce lévitique à cette consécration intime qui est l’âme de la vie chrétienne et particulièrement du ministère chrétien.
V. 20-26 : Jésus prie pour les croyants et demande pour eux la participation à sa gloire.
V. 20 et 21. «Et ce n'est pas pour eux seulement que je prie, mais pour tous ceux qui croiront' en moi par leur parole, 21 afin que tous soient un, de même que toi, Père, tu es en moi, et moi en toi; afin qu'eux aussi soient un* en nous, afin que le monde croie* que c’est toi qui m'as envoyé.» — Après avoir recommandé à Dieu l’auteur et les instruments du salut, Jésus place devant lui les objets de cette œuvre, l’œuvre elle-même. Nous contemplons ici, dans le miroir de la prière de Christ, l’Église s’élevant de la foi à l’unité avec Dieu, et par là à la gloire du Fils. C’est la réalisation du but pour lequel Dieu a créé Phumanité, le contenu de cette «sagesse cachée que Dieu avait prédélerminée avant les siècles pour notre glorre» (L Cor. Il, 7). Il ne s’agit donc pas ici, comme on le croit souvent, de l'unité des chrétiens entre eux, mais de celle du corps des croyants avec Christ et, par lui, avec Dieu. Le Seigneur voit se former autour des apôtres, par leur
1. Tous les Mjj. presque tous les Mnn. Syr. Cop. lisent motevoytoy au lieu de la lecon du T.R. rioteusovroy qui n'a pour elle que D ** plusieurs Mnn. Itplerique Vy, Sah.