Byzantins : exu1noa. Alexandrins : AeXakmxu
2. T. R. lit tn devant ouvaywyn uniquement avec A et plusieurs Mnn.
3. Au lieu de æavrote que lit « avec 10 Mjj. la plupart des Mnn. et de rastoÿey que lit T. R. avec quelques Mnn. seulement, on lit tavtec dans NABCLX 20 Mnn. Jipkriqu Vo, Syr. Cop. Sah. Or.
4. Les Mss, se partagent entre spotac, epwrnoov (alexandrins) et ete- PUTUS, Etcpwtnoov (byzantins)
ments sur le nombre de ses partisans et sur les principes qui leur servent de drapeau. — Jésus, comprenant qu'on ne cherche qu'à lui arracher une parole dont on puisse tirer parti contre lui, en appelle simplement à la publicité de son enseignement. Il n’est point le chef d’une société secrète, ni le propagateur de principes qui craignent le grand jour. — Zvvaywyÿ, sans article, en opposition à teoév, le Temple, qui est unique. — Le témoignage des anciennes Vss. décide en faveur de la leçon alexandrine ravtec.
V. 29 et 95. «Quand il eut dit cela, l’un des huissiers, qui était à côté de lui, lui donna un coup de verge, en disant: Est-ce ainsi que tu parles au souverain sacrificateur ? 93 Jésus lui répondit : Si j'ai mal parlé, fais voir ce que j'ai dit de mal; mais si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes -tu? » — [l y avait certainement un reproche tacite dans la réponse de Jésus. Un huissier, qui voulait faire la cour à son chef, en prend occasion de rappeler Jésus au respect. — “Partoua signifie proprement : un coup de verge. Matth. V, 99 le verbe Sant£erv est pris dans le sens de souffleter. Mais ici le sens propre doit être préféré, à cause du mot dépeuv (proprement: écorcher), v. 23. — Mapruoncov : « Prouve par un témoignage régulier.» — Jésus n’accomplit pas ici littéralement son propre précepte (Matth. V, 39). Il devait à son innocence cette réponse pleine de douceur et de dignité.
V.24. «Anne l’envoya donc‘ lié à Caïphe, le souverain sacrificateur.?» — Ce verset a de tous temps embarrassé ceux qui admettaient que la séance précédente avait eu lieu chez Caïphe et qui prétendaient l'identifier avec celle des Synoptiques. C’est ce qui a produit la transposition de ce
1. Le mot ouy que lit, avec BGLX A plusieurs Man. Its, le T. R., est omis par 10 Mjj. 65 Mnn. et remplacé par de dans 16 Mnn. It‘ Vo. Syr. 2. God. 225 omet ce verset.
verset, dans quelques documents, après le v. 13, et ce qui à engagé plusieurs interprètes tels que Calvin, Lücke, Tholuck, de Wette, à prendre dtéoteuhev dans le sens de plus-que-parfait. Et comme la particule odv, donc, ne s’accordait pas avec une telle explication, elle a été soit retranchée, soit changée en dé. Mais l’identification de cette séance avec celle des Synoptiques est, comme nous l'avons vu, insoutenable, non-seulement d’après les Synoptiques, mais d'après Jean lui-même. Le but de l’évangéliste, en insérant ici cette notice, est précisément d'indiquer que c'est en cet endroit de son récit qu'il faut placer la scène bien connue du jugement de Jésus dans l'assemblée du sanhédrin chez Caïphe. — Jésus avait sans doute été délié pendant l’interrogatoire ; Anne le fit lier de nouveau au moment de l'envoyer chez Caïphe. Probablement il fut délié une ‘seconde fois pendant la séance du sanhédrin. Cest ce qui explique pourquoi, Matth. XXVIT, 2 et Marc XV, 1, on le garrotte de nouveau avant de le conduire chez Pilate. V.95 - 97. «Et Simon Pierre se tenait là et se chauffait. Ils lui dirent donc : Et toi, n’es-tu pas aussi de ses disciples? Il le nia et dit: Je n'en suis point. 26 L'un des serviteurs du souverain sacrificateur., parent de celui à qui Pierre avait coupé l'oreille, lui dit : Ne t'ai-je pas vu moi-même dans le jardin avec lui? 27 Pierre le nia de nouveau; et aussitôt le coq chanta.» — Jusqu'ici, d’après Jean, tout s’est passé chez Anne; et c’est, par conséquent, dans la cour de son palais qu'est allumé le feu auprès duquel saint Pierre renie Jésus. D’après les Synoptiques, qui ne mentionnent pas la comparution chez Anne, les trois reniements auraient eu lieu chez Gaïphe. Plusieurs interprètes croient devoir prendre parti en faveur de lun de ces récits et rejeter l’autre. Mais il existe une opimion très-ancienne qui tend à les concilier; d’après cette manière
de voir Anne et Caïphe auraient habité le même palais sacerdotal. Cette dernière opinion est conforme à l'usage oriental d’après lequel les palais ne sont pas habités seulement par le prince régnant, mais encore par toute sa famille ; le lien de parenté qui unissait Anne et Caïphe, justifie dans ce cas l’application de cet usage. De plus, comme ce sont les relations de Jean avec le grand-prêtre (Gaïphe) qui lui ouvrent, ainsi qu’à Pierre, l'entrée du palais où Pierre renie (celui d'Anne, d’après Jean), il suit de là que, d’après le récit de Jean lui-même, Anne et Caïphe habitaient, dans le même palais sacerdotal, deux appartements, séparés par une cour commune. — L'imparf. %v (v. 25) et le rapport marqué des premiers mots de ce verset avec les derniers du v. 18 montrent que le fait suivant (les deux derniers reniements de saint Pierre) s’est passé pendant qu'avait lieu l’interrogatoire v. 20-93. L'envoi de Jésus chez Caïphe eut donc lieu précisément au moment où Pierre venait de remier pour la troisième fois. Et voilà ce qui explique le regard que Jésus jette à Pierre Luc XXII, 61. Jésus se trouvait dans la cour au moment du dernier reniement de Pierre et du chant du coq. C’est ce qui ressort clairement du récit de Jean, dès que l’on en saisit bien l'arrangement. L’épithète dedemévoy, lié, sert à faire mieux comprendre l'impression que produisit sur le disciple infidèle la vue de son Maître dans un tel état.
Le sujet de exov, is dirent (v. 25), est indéterminé. D’après Matthieu, c’est une servante qui voit Pierre se rapprocher du portail pour sortir de la cour. D’après Marc, c’est la même servante qui l'avait déjà molesté une première fois et qui le dénonce aux serviteurs rassemblés autour du brasier. Dans Luc, c’est un £tesoç. Il est probable que la portière parla de Pierre à l’une de ses compagnes qui le dénonça aux serviteurs rassemblés; de ce groupe
partit à l'instant la question adressée à Pierre. — Après le second reniement, Pierre paraît avoir joué d’audace et s'être mis à parler plus librement avec les personnes présentes. Son accent galiléen fut bientôt remarqué et attira l'attention plus particulière d’un parent de Malchus, ce qui occasionna le troisième reniement. Jean ne parle point des imprécations que rapporte Matthieu. Si quelqu'un était animé de mauvais sentiments contre Pierre, ce serait donc plutôt le premier que le quatrième évangéliste. Aucun récit peut-être, dans tout l’évangile de Jean, ne prouve mieux que celui-ci : 1° combien est étroite la relation que cet évangile soutient avec les évangiles antérieurs; 2° combien la tradition orale raconte les faits avec moins de vie et de souplesse que la plume du témoin oculaire. Celle-ci seule reproduit toutes les articulations de l’histoire.
JT.
Le procés civil: XVIIE, 28 - XIX, 16.
Depuis la réduction de la Judée en province romaine, selon les uns, depuis l’année qui précéda celle de la mort : de Jésus, d’après le Talmud’, le droit d'iniliger la peine capitale avait été enlevé au sanhédrin et réservé au gouverneur romain. C’est là la raison qui obligea les chefs à conduire Jésus devant Pilate et à réclamer de ce magistrat la confirmation et l'exécution de la sentence qu'ils venaient de prononcer. En examinant avec soin la conduite des Juifs dans cette audience, on y remarque un plan müûürement combiné et très-habilement conçu. Cette circonstance suffit pour prouver qu'après le jugement de Jésus.chez Caïphe il doit y avoir eu une nouvelle séance dans laquelle on se
1. Sanhédr. fol. 24, 2: Quadraginta annis ante vastatum Templum ablata sunt judicia capitalia ab Israële.
concerta sur la marche à suivre pour faire ratifier la sentence de mort par le procurateur. De plus, le jugement, ayant été prononcé de nuit, devait être confirmé dans une séance régulière”. Cette séance eut lieu dans le Temple, de grand matin ; elle est indiquée Matth. XXVIT, 4 ?; Marc XV, 4. Saint Luc (XXIIE, 66 et suiv.) nous en a conservé le récit, non peut-être sans y mêler des faits empruntés aux séances précédentes. Dans tous les cas, l’interrogatoire et le jugement de Jésus durent être répétés sommairement avant la votation officielle et définitive.
Les Juifs commencent par demander à Pilate de confirmer sans examen leur sentence (v. 30). Celui-ci s’y refuse. C’est la première phase : v. 28-39. Ils articulent alors une accusation politique : Il s’est fait roi. Pilate juge cette accusation non fondée, après quoi il fait deux tentatives pour sauver Jésus au moyen du peuple, mais sans succès. Cest la seconde phase : v. 33-XIX, 6. Les Juifs avancent alors un nouveau grief, de nature religieuse : Il s’est fait Fils de Dieu. Cette accusation produit l'effet opposé à celui qu'ils attendaient. Pilate paraît de plus en plus disposé à relâcher Jésus. C’est la troisième phase: v. 7-19 à. Enfin, les Juifs, voyant leur proie prête à leur échapper, mettent de côté toute pudeur et arrachent le consentement de Pilate par une menace personnelle à laquelle se rattache nécessairement le reniement de leurs plus chères espérances; ils s’mféodent pour jamais à César. C’est la quatrième phase : v. 1925-16.
Strauss ne conteste pas absolument la valeur historique de cet admirable tableau. Il prétend seulement qu’on y trouve une haine des Juifs et une prédilection pour les païens qui ne s'expliquent que
{. Lightfoot, Hor. Hebr. in Matth. XXNI, ! (t. Il, p. 384). 2. Comp. particulièrement les mots Gote Savatdoat adtov, c'est-à-dire: pour chercher les voies et moyens d'obtenir l'exécution de Jésus.
par les progrès que le christianisme avait faits au second siècle chez les Gentils. Il ne comprend nullement ce qui aurait pu inspirer à Pilate un tel intérêt pour Jésus, et il estime qu'il est beaucoup plus aisé d'expliquer le motif qui a porté l’évangéliste à prêter à Pilate ce sentiment que de rendre compte de ce sentiment chez Pilate luimême. Il nous parait que rien n’est plus propre à confirmer la vérité de ce récit et de l’histoire évangélique en général que l’essai désespéré qu'a fait Strauss, d’en reconstruire et les détails et l’ensemble au moyen des préjugés de la conscience chrétienne postérieure. L’Apocalypse connaît certainement déjà les progrès du christianisme chez les païens (ch. VIL); et cependant elle ne traite pas les Gentils moins sévèrement que les Juifs. Pilate a ressenti, à la vue de Jésus, des impressions que ne comprend pas Strauss. Cela suffirait-il pour prouver que ces impressions n’appartiennent pas à l’histoire?
V. 98. «Ils conduisirent donc Jésus de chez Caïphe au prétoire. Or c'était le matin. Et ils n’entrèrent point eux-mêmes dans le prétoire, afin de ne pas se souiller et de‘ pouvoir manger la Pâque.» — Le préloire était proprement le local où siégeait à Rome le préteur, quand il rendait la justice. On avait appliqué ce nom aux palais des gouverneurs romains dans les provinces. La plupart des interprêtes admettent qu'il désigne ici le palais des Hérodes qui se trouvait dans la ville haute, sur la colline de Sion. On cite le passage de Josèphe, Bellum jud. IT, 14, 8, mais à : tort; car il est dit là: «Florus habitait alors (+ôte) le palais royal ; » ce qui prouve précisément que le gouverneur romain n’y habitait pas ordinairement. Il est plus probable que Pilate habitait un palais attenant à la citadelle Antonia, où stationnait la garnison romaine , à l'angle nord-ouest du Temple. Cest là que la tradition place le point de départ de la Voie douloureuse. — Ilowt, de grand matin, comprend le temps de 3 à 6 heures (Marc XIII, 35). Le barreau romain