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n’ouvrait en général ses séances qu’à 9 heures; mais, comme nous l’avons vu, Pilate était prévenu, dès la veille, de ce qui se passait, et il avait consenti à recevoir les Juifs à cette heure inaccoutumée. — Le scrupule qui empêche les Juifs d'entrer dans la maison du gouverneur , nous met de nouveau en face de la contradiction qui paraît exister entre le récit de Jean et celui des Synoptiques. Si, comme semblent le dire ces derniers, les Juifs avaient mangé la veille le repas pascal, comment expliquer qu'ils craignent, en se souillant par le contact d’une maison païenne, de ne pas pouvoir manger la Pâque? Les défenseurs de l'intuition synoptique rapportent ici l'expression manger la Päque au repas sacré qui se célébrait tous les jours de la fête et qui se composait des pains sans levain et de la viande des sacrifices de prospérité. C’est dans ce sens que paraît être pris le mot Päque Deut. XVI, 2. 3: « Tu sacrifieras la Päâque à l'Éternel, du menu et du gros bétail, et, avec cela (la Pâque), tu mangeras des pains sans levain pendant sept jours.» 2 Chron. XXX, 22 (littéralement) : «Et ils mangèrent la fête (la Pâque) pendant sept jours, offrant des sacrifices de prospérilé et louant le Seigneur. » On observe encore que, d’après le Talmud, la souillure qu'auraient contractée les Juifs, en entrant au prétoire , n’aurait duré que jusqu’à la fin du jour et ne les aurait pas empêchés de manger le repas pascal, qui tombait tout entier dans le jour suivant. Assurément, si ce passage était le seul d’où résultât le conflit entre nos évangiles, cette explication pourrait être admise. Mais il y a, comme nous le verrons, füute une série de passages dans le même sens; et la seule explication naturelle de l'expression manger la Päque reste toujours : manger le repas pascal proprement dit. Le Nouveau Testament ne présente pas la moindre trace d’un autre sens que celui-là. Et, quant à la durée de la souillure, ce n’est pas
sur un passage de Maïmonide qu’il est possible d’argumenter sûrement, lorsqu'il s’agit du temps de Jésus. — La souillure de la maison païenne provenait sans doute de la présence du levam qui, dès la veille, avait disparu de toutes les maisons juives. Adtot, eux-mêmes, les Juifs, évidemment, quoi qu'en dise Hengstenberg, en opposition à Jésus, qui fut immédiatement livré au gouverneur et introduit dans le prétoire. Dès ce moment, Pilate va des Juifs à lui et de lui aux Juifs. | V.99-39. «Pilate sortit’ donc vers eux et dit”: Quelle accusation portez- vous contre cet homme °? 50 Ils lui répondirent en disant: Si ce n’était pas un malfaiteur ’, nous ne te l’aurions pas livré. 31 Pilate leur dit donc: Prenez-le, vous, et jugez-le selon votre loi. Sur quoi les Juifs lui répondirent : Il ne nous est pas permis de mettre à mort personne. 92 Afin que s’accomplit la parole que Jésus avait dite en faisant entendre de quelle mort il devait mourir.» — Pilate était le cinquième gouverneur de Judée depuis la domination romaine. Il fut en charge de 26 à 37 après J.-C., sous Tibère et Caligula. Il était subordonné au proconsul de Syrie. Sa résidence était Césarée ; il se rendait à Jérusalem dans les temps de fêtes; il aimait à déployer, aux yeux du peuple, en ces occasions, le faste de la majesté romaine. Philon (Leg. ad Caïum) le représente comme un homme orgueilleux, opiniâtre, iniraitable. Cependant, il est probable que le fanatisme des Juifs fut la principale cause des démêlés qu'ils ne cessèrent
1. N ajoute eËw après [lthatoc, BG LX Syr. avant toos avtous, d’autres aprés.