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réponse franchement négative. Mais la position n'était pas aussi simple qu’elle lui paraissait. Il y avait une distnction à établir. Dans le sens politique qu'un Romain devait donner au titre de roi des Juifs, Jésus pouvait certanmement le repousser; mais dans le sens religieux dans lequel les Juifs devaient le prendre, Jésus devait laccepter, quelles que pussent être les conséquences de cet aveu. Tout dépendait donc de la question de savoir si cette accusation partait d’une bouche juive ou païenne. La suite confirmera cette explication de la question adressée à Pilate par le Seigneur (voy. v. 36, 37). — On doit conclure de cette parole que Jésus n'avait pas entendu luimême l'accusation des chefs, et que, par conséquent, il était déjà dans le prétoire, au moment où elle avait été proférée.
Pilate n'entend rien à cette distinction. Il s’'impatiente : « Qu’ai-je à faire de toutes vos subtilités judaïques ? » Il y a un mépris profond dans cette antithèse : éyw ... ’Iovdatoc. Alors, abandonnant le jargon juif qu'il s'était un moment laissé imposer, il interroge comme un franc et simple Romain : € Voyons, au fait: qu’as-tu fait ? »
V. 36 et 37. « Jésus répondit : Mon règne n’est pas de ce monde. Si mon règne était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu, afin que je ne fusse pas livré aux Juifs. Mais maintenant mon règne n'est pas d'icibas. 37 Là-dessus Pilate lui dit : Tu es donc roi? Jésus lui répondit : Tu le dis; je suis roi ; je’ suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité”. Quiconque est de la vérité, entend ma voix.» — Jésus reprend (v.36) la question au point où l’a amenée
1. NBLY 10 Mnn. Itais omettent un des deux £yo. 2. N° HAPTUPNON KEpt Tnc AANPELRE.
le v. 34. V. 56: dans le sens politique païen, il n’est pas roi. V.37 : au sens religieux juif, il l’est. — L’expression êx roù xdomov, de ce monde, n’est pas synonyme de àv +à xdouw, dans ce monde. Le règne de Jésus se développe certainement 1ci-bas. Mais 1l ne tire pas son origine d'icibas, de la volonté humaine , et de la force humaine. Jésus en donne pour preuve la manière dont il s’est lui- même livré aux Juifs. Ses serviteurs sont cette foule d’adhérents qui l'avaient entouré le jour des Rameaux, et non pas seulement, comme l’entend Meyer, des êtres hypothétiques : les serviteurs que J'aurais dans ce cas. — On a essayé de donner à vv, maintenant, un sens temporel: « Mon règne n’est pas maintenant, mais il sera plus tard, de ce monde.» Mais, à l’avénement du Seigneur, son règne ne sera pas ” plus de ce monde qu'aujourd'hui. Nôv doit être pris, comme souvent, dans le sens logique : il oppose la réalité, toujours actuelle, de la vérité au non-être de l'erreur.
Si, v. 97, on lit obxovy, certainement pas, il faut prendre ce mot interrogativement : « Tu n’entends donc certainement pas être roi!» Pilate se hâterait de profiter de la dénégation de Jésus v. 36 pour se débarrasser de l'affaire. Mais la fin du v. 36: (Mon rêgne...,» et l'affirmation de Jésus v. 37: «Tu le dis,» dans lequel il reprend et s’approprie le contenu de la parole de Pilate, parlent plutôt en faveur de l’accentuation obxobv: donc. «Tu es donc roi! Tu l’avoues!» — La formule d’affirmation employée par Jésus est étrangère au grec classique et même à l’Ancien Testament. Elle n'est usitée que chez les rabbins. — ‘Or pourrait signifier car: «Tu le dis avec raison; car je le suis.» Cependant il est plus naturel d'expliquer : «Tu (le) dis que je suis roi.» L’importance de l’idée fait que Jésus sent le besoin de la reproduire tout au long. — Hengstenberg sépare entièrement de cette déclaration les paroles suivantes, qu'il appliqué uni-
quement à la charge prophétique de Jésus-Christ. Mais il est bien évident que Jésus veut expliquer par ce qui suit dans quel sens il est roi. Il fait la conquête du monde par le témoignage rendu à la vérité, et son peuple se recrute de tous les hommes qui ont le sens de la vérité. Il est naturel de faire porter le premier aussi bien que le second eëç Toro sur vx, contrairement à la traduction d'Ostervald, Arnaud : «Je suis né pour cela (être roi.» — «Je suis né» se rapporte au fait de la naissance, qui lui est commun avec tous les hommes; «je suis venu dans le monde,» au caractère spécial qui le distmgue comme venu d’'En-Haut. — Le mode de conquête que Jésus dévoile ici à Pilate était l'opposé de celui par lequel s'était formée la puissance romaine, et Lange fait ressortir avec beaucoup de raison que, comme XII, 25 renfermait le jugement du génie grec, cette déclaration de Jésus à Pilate renferme celui du génie romain par l'Évangile. C’est ici l'accomplissement normal de la parole de saint Paul: «L'homme spiriluel juge toutes choses.» — L'expression étre de la vérité rappelle IT, 21; VIE, 17; VIIL, 47; X, 16, etc. Par ce mot quiconque, Jésus s’adressait non plus au juge, mais à l’homme, dans Pilate (Hengstenberg).
V.38. «Pilate lui dit: Qu'est-ce que la vérité? Et après avoir dit cela, il sortit de nouveau pour aller vers les Juifs; et il leur dit : Pour moi, je ne trouve aucun crime en lui.» — L’exclamation de Pilate n’est ni l'expression d’une soif ardente de la vérité (les Pères) ni celle du désespoir d’une âme qui l’a longtemps cherchée inutilement (Olshausen); c’est la profession d’un scepticisme frivole, tel qu’on le rencontre fréquemment chez l’homme du monde et particulièrement chez l’homme d’État. S'il eût sérieusement cherché la vérité, c'était le moment de la trouver. Mais ce dont il est convaincu maintenant, c’est que le per-
sonnage qu'il a devant lui peut être soit un rêveur soit un prophète, mais non un rival de Gésar. Avec «ce large sentiment de justice et de gouvernement civil que, comme le dit M. Renan,.le Romain le plus médiocre portait partout avec lui,» il déclare aux Juifs sa conviction de l'innocence de Jésus, quant à l'accusation politique élevée contre lui. Ceût été le moment pour lui de renvoyer Jésus absous purement et simplement. Mais, craignant de mécontenter les Juifs, qui avaient certaines raisons de l’accuser auprès de ses chefs, 11 cherche à éviter une mesure pareille et a recours successivement à trois expédients. Le premier fut le renvoi de l'affaire à Hérode, sous le prétexte de l’origine galiléenne de Jésus (Luc XXII, 6-12). Le second fut celui que Jean rapporte sommairement, v. 39 et 40, et qui est raconté en détail dans les Synoptiques. & 4
V. 39 et 40. «Mais il est d'usage que je vous “reläctie un condamné, à la fête de Pâques. Voulez- vous que’ je vous relâche le roi des Juifs? 40 Tous! libre S'écrié érent de nouveau” disant: Non pas lui, mais ‘Barabbas! Or Barabbas était un brigand.» — .Cètte parole est rattachée immédiatement par Jean à celle du‘Y. 38, parce que 1è ren voi à Hérode fut précédé, aussi bien que. suivi Luc XX: LP 10), q'Hse déclaration dans de sens sde ns Le
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