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DEUXIÈME SECTION. — CHAP. XVII, 38-40. 597 de la captivité égyptienne. — Les mots év t& Taka ne renferment nullement, comme le prétendent Lange, Hengstenberg, etc., la preuve que le repas pascal était déjà célébré. Le 14 nisan faisait déjà partie de la fête (voir à XI, 4). — En faisant cette offre aux Juifs, Pilate comptait sur la sympathie du peuple pour Jésus qui s'était manifestée d’une manière si éclatante le jour des Rameaux. Il savait parfaitement, comme le dit Matth. XXVII, 18, que c'était par envie que les principaux l'avaient livré. — La dénomination de rot des Juifs renferme ici, comme v. 14, un mélange d’ironie et de sérieux : «Vous ne cessez de me redemander vos démagogues; réclamez donc de moi celui que vous proclamiez naguëre votre roi, d'autant plus que, si jamais vous devez voir le roi que vous attendez, c’est bien celui-ci et non un autre.» Mais, est-il dit Marc XV, 11, «les grands sacrificaleurs soulevérent le peuple, afin qu'u leur relächät Barabbas.». Les amis de Jésus restèrent muets, ou leur faible voix fut étouffée par celle des chefs et de leurs créatures. Ainsi s'explique le navres, tous, de Jean, qui répond au tauthntet de Luc. — Le rahw, de nouveau, dont l'authenticité est garantie par les principaux documents des deux familles, est remarquable. Jusqu'ici, dans le récit de Jean, les Juifs n’ont poussé aucune vocifération. Il en était autrement dans les Synoptiques. Comp. Marc XV, 8: œva- Boncas 8 dydoc, et Luc XXIIL, 5. 10: «ls insistaient, disant; is l’accusaient avec insistance.» Encore ici, le récit de Jean suppose donc celui de ses devanciers. — Anotis ne signifie pas toujours brigand, mais en général homme violent. D’après Marc et Luc, il avait pris part à une émeute dans laquelle un meurtre avait été commis. La gravité du choix fait par le peuple est signalée par une de ces courtes propositions par lesquelles Jean aime à caractériser un moment particulièrement solennel. Comp. XI, 85; XIII, 80.
D’après le récit de Marc, ce serait le peuple qui aurait interrompu le procès de Jésus en réclamant spontanément l'application de la coutume par laquelle le gouverneur romain lui accordait en cette fête la grâce d’un prisonnier, et Pilate aurait profité de cet incident pour parvenir à son but, la libération de Jésus. Le fait ne peut s'être passé de la sorte qu'autant que les réclamants eux-mêmes auraient agi déjà dans l'intérêt de Jésus. Cela est-il admissible? Dans tous les cas, que cet incident ait été provoqué ou simplement exploité par Pilate, relâcher Jésus de cette manière, c'était commettre un déni de justice. Cette première faiblesse fut bientôt suivie d’une autre plus grave.
XIX, 1-3. «Alors Pilate prit Jésus et le fit fouetter': 2 et les soldats, ayant tressé une couronne d’épines, la placèrent sur sa tête et le revêtirent d’un manteau de pourpre”; à et ils disaient: Salut, roi des Juifs! Et ils lui donnaient des coups de verge.» — Pilate était monté sur son tribunal pour prononcer la libération de Barabbas. Ce fut alors qu'il reçut le message de sa femme (Matth. XXVII, 19). Hengstenberg croit devoir placer aussi à ce moment le lavement des mains. Mais cet acte doit avoir accompagné le prononcé de la condamnation, qui n’eut lieu que plus tard (v. 13-16). — Après ces deux expédients, Pilate a recours à un troisième. La flagellation devait légalement précéder le supplice de la croix; elle en était le préliminaire obligé. Cest ce que prouvent une foule de passages de Josèphe et des historiens romains. Comp. aussi Matth. XX, 19; Luc XVII, 33, où Jésus, en prédisant sa Passion, ne sépare point la flagellation de la croix. Pilate, se trouvant sur le tribunal, prononce la condamnation de Jésus à la