‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean ... . Tome secondChapitre 204 sur 278 · N omet auto · texte numérisé non relu

N omet auto

2. NBD*,*LA Itrlerique Vo, Or. omettent nuwv. 3. N omet Tahtv.

en général, aux peuples vaincus la jouissance de leurs lois et de leurs institutions nationales. C’est à ce point de vue que se placent les Juifs; ils en appellent à l’article de leur code (Lév. XXIV, 16) qui condamne à mort les blasphémateurs et réclament de Pilate l’application de cet article. Ce n’est point un retour à la position qu'ils avaient essayé de prendre en commençant; car ils consentent maintenant à formuler le délit et par conséquent à le soumettre à l'enquête du gouverneur : Q1L s’est fait Fils de Dieu.» Mais ces mots ne font que confirmer le pressentiment qui alarme dès longtemps le cœur de Pilate. Le message qu'il avait reçu de sa femme, ce qu'il avait entendu raconter des miracles de Jésus, le caractère mystérieux de ce personnage, tout cela lui paraît s'expliquer par cette qualité de Fils de Dieu. Si cet être extraordinaire était vraiment un Dieu apparu sur la terre! La vérité se présente naturellement à son esprit sous la forme des superstitions païennes, et l’on sait que rien n’est plus proche de la superstition que le scepticisme. Sentant le besoin de s’entretenir en particulier avec Jésus, Pilate le ramène dans le prétoire. La question: «D’où es-tu?» ne peut se rapporter à l’origine terrestre de Jésus; Pilate savait bien qu'il était de Galilée. Le sens est donc certamement: (Es-tu de la terre ou du ciel?» On s’est étonné du silence de Jésus. Selon les uns, il se tait parce qu'il ne veut pas, en répondant selon la vérité, entretenir une superstition païenne dans l'esprit de Pilate; selon d’autres, il refuserait de répondre parce que ce serait ici une question de curiosité; Luthardt pense qu’il ne veut pas, en se révélant à Pilate, empêcher les plans de Dieu de s’accomplir. La vraie réponse nous paraît résulter de ce qui précède : Pilate en savait assez sur son compte pour le libérer. Les Juifs, en changeant d'accusation, comme ils le faisaient en ce moment, se condamnaient eux-mêmes. [Il ne restait plus

au juge qu'à faire son office, en libérant l'accusé, qui qu'il pût être. Si, après lavoir flagellé innocent, il le crucifiait Fils de Dieu, c’était à la fois son crime et sa punition. Du reste, Hengstenberg observe avec raison que ce silence était à lui seul une réponse. Si la prétention dont les Juifs accusaient Jésus, n’eût pas été fondée, c'était son devoir de la nier expressément.

V.10 et 11. «Pilate lui dit’: Tu ne me parles pas? Ne sais-tu pas que j'ai le pouvoir de te crucifier” et que j'ai le pouvoir de te relâcher * ? 11 Jésus répondit*® : Tu n'aurais * aucun pouvoir sur moi, s’il ne t'était donné d'En-Haut ; c’est pourquoi celui qui me livre” à toi, est coupable d’un plus grand péché.» — Pilate sent que ce silence renferme un reproche. Il affecte de se redresser de toute sa hauteur de juge et de gouverneur romain. De là le émot, à moi, en tête, et la répétition des mots: « Jai le pouvoir.» — La meilleure leçon est certamement celle qui place otavoüoar avant œxoXdo. L'idée du supplice imminent domine tellement l'entretien qu’elle reparaît dans les premiers mots de la réponse de Jésus (v. 11) : « Tu n'aurais aucun pouvoir (littéralement) contre moi, 51...» Jésus fait sentir à Pilate, qui ne parle que de son pouvoir, sa dépendance et sa responsabilité : le mot «donné» est opposé à «j'ai.» Cette fois Jésus parle. Il se redresse aussi de son côté; 1l se pose en Juge de ses juges, et, comme s’il était déjà assis sur son tribunal, 1l pèse Pilate et le sanhédrin dans sa balance. Le àt& toto, 4 cause de cela,

1. N À plusieurs Mnn. Syr. Cop. omettent ovv que lit T. R. avec les autres Mjj. et Vss. |

Page 1