NBEUAA It. Vg.: tœapadous au lieu de tmapadtdouc
est expliqué par les mots précédents: «Parce que le pouvoir que tu exerces t'est donné , tandis que le pouvoir de celui qui me livre à toi est usurpé.» Dieu lui-même, en assujettissant son peuple à la puissance romaine, avait placé politiquement le roi des Juifs sous la juridiction impériale. Mais le sanhédrin, au contraire, en s’emparant de la personne de son roi et en le livrant à l'autorité étrangère, s’arrogeait un droit que Dieu ne lui avait point départi et commettait un acte de félonie théocratique. — « Celui qui me livre à loi» n’est ni Judas — Jésus ne pourrait pas dire à toi — ni Caïphe, qui n’agit qu'au nom du corps qu'il représente et qui n’est pas nommé dans toute cette scène. Cest évidemment le sanhédrin et le peuple juif représenté par ce corps. — L’explication que nous venons de donner de cette parole de Jésus se rapproche de celle de Calvin: «Gelui qui me livre à toi est le plus coupable des deux, parce qu'il se sert criminellement de ton légitime pouvoir. » Plusieurs interprètes pensent que Jésus veut distinguer entre la fonction de juger, qui est officielle, et celle d’accuser, qui est volontaire. C’est moins naturel. Les autres explications ne rendent pas compte du ôtx toto. Ainsi : Pilate est moins coupable «parce qu’il pèche par faiblesse plutôt que par méchanceté» (Euthymius) ; — «parce qu’il a moins de connaissance que les Juifs» (Grotius). — Bien loin de sirriter de cette réponse, Pilate est saisi de la majesté qui y respire : de là la dernière et quatrième phase du procès.
V.192. « Dès ce moment Pilate cherchait à le délivrer; mais les Juifs criaient!, disant : Situ délivres cet homme, tu n’es pas ami de César ; car quiconque se fait roi, s'oppose à César.» — ‘Ex toùrov, proprement : dès et en
1. Au lieu d’expaéov, AILM Y 24 Mon. Or. : expauyaéov. BD *,* 13 Mnn. expavyaoav. N:eeyov au lieu d’expaëov Àeyovtec.
vertu de ce mot-là. Comp. VI, 66. — Jean semble dire que tous les efforts précédents de Pilate dans le but de délivrer Jésus n'étaient rien en comparaison de ceux qu'il fit sous l'impression de cette parole qu'il venait d'entendre. Mais les Juifs tenaient en réserve une arme qu'ils avaient résolu de n’employer qu'à la dernière extrémité : celle de l’intimidation personnelle. L'empereur régnant, Tibère, était le plus soupçonneux des despotes. L’accusation de haute trahison était toujours bien accueillie de ce tyran. Majestalis crimen, dit Tacite, omnium accusalionum complementum erat (Ann. IT, 38). Voilà le péril dont les Juifs menacent Pilate. Ce terme équivoque de roi des Juifs, qui donnait aux yeux des païens une couleur toute politique à l’œuvre de Jésus, ne pouvait manquer de produire son effet sur Tibère, et Pilate passerait ainsi à ses yeux pour avoir soustrait au supplice un adversaire de l'autorité impériale. Son procès serait bientôt jugé; 1l le savait bien. Il est vrai que faire jouer ce ressort, c'était, de la part des Juifs, renier la notion même du Messie, et s’inféoder pour jamais à l'empire. Une telle victoire était un suicide. Aussi est-il aisé de comprendre que, dans leur plan de bataille, ils eussent réservé cette manœuvre pour la dernière.
V.13 - 16. «A l’ouie de cette parole‘ Pilate fit sortir Jésus et s’assit sur le tribunal, dans le lieu appelé le Pavé et en hébreu Gabbatha”. 14 Or c'était la préparation de la Pâque et environ * la sixième‘ heure. Et il dit aux Juifs : Voici votre roi! 15 Eux s'écrièrent”: Ote,
1. T.R. litavec KS U À une partie des Mnn. Syr. toutov toy Aoyov. Tous les autres: Toutuy Toy oyoy.