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5. Au lieu de ot de expauyaoav,N lit où Ôe eheyov, BL X expauyaoav ouy EXELVOL,
ôte, crucifie-le ! Pilate leur dit : Crucifierai-je votre roi? Les principaux sacrificateurs répondirent : Nous n'avons pas d'autre roi que Gésar. 16 Alors il le leur livra pour être crucifié. » — Devant cette menace, Pilate baisse la tête et se résigne. Sans dire un mot de plus, il fait amener Jésus hors du prétoire; car la sentence devait être prononcée en présence de l'accusé ; et il monte une seconde fois sur son tribunal. — Attotpwtov, proprement : Lieu pavé en pierres. Là se trouvait probablement un de ces pavés de mosaïque sur lesquels les magistrats romains avaient coutume de placer leur tribunal. — Le nom T'afBata n’est point la traduction de Aéootewtov; c’est un mot araméen qui signifie éminence, colline.
Jean intercale ici l'indication du jour et de l'heure où la sentence fut prononcée. Dans quel but ? Serait-ce à cause de la solennité et de l'importance de ce moment? Ou bien veut-1il expliquer par là l’impatience des Juifs, qui se matifeste au v. 19, de voir ce long procès se terminer enfin, ét‘ lé supplice se consommer avant la fin de cette journée ? Ea’$olution de cette question dépend en partie du sens de ces mots ce C'était la préparation de la Püque. » Les nterprêtes. qui’ éSsaient de ramener Jean au sens apparent des Syroptiqués ; ‘dans la question du jour de la mort de Christ, donnént à RapaskEUT le sens technique qu'il a souvent dans Josëphe ét daïis de Nouveau Testament: le vendredi, comme préparation" du'säbbat. Comp. Matth. XXVII, 62 ; Luc XXII, 545 let surtout Mare XV:149 +! tüpacxeur Ÿ don rooodB8a-" 20 Etils font Signifieria là locution rapaoxev rcd Topo : lé vendredi dé la) Sénaihe pascale. Malgré tout le luxe d'érüdition) déployé” en° derïiier lieu par Hengstenberg pour déféridre céttéintérprétätion, dès qu'on se remet simplemént -é facéidutetté, on sent combien elle est forcée. Si : ‘comme lé prétend ce savant, Jean ne veut que dési-
gner le jour de la semaine où Christ est mort, à quoi bon ajouter le complément tod taoyx, qui n’apprenait rien au Jecteur et qui n’était propre qu’à rendre le terme de préparation plus équivoque encore qu'il ne l'était, pour tous ceux qui ne connaissaient pas la terminologie juive. Le seul sens admissible est : « Cétait la préparation de la Pâque, » c'est-à-dire ce 14 nisan, dans lequel on préparait la célébration du repas pascal en immolant l'agneau. Cette date ainsi comprise concorde avec XII, 4. 29; XVII, 98; elle nous conduit, aussi bien que ces passages, à l’idée que le repas pascal n'était point encore célébré et sert à expliquer tout ce qui suivra (v. 31. 36 et 42).
D’après Jean , la sentence de Jésus fut prononcée à la sixième heure, c'est-à-dire vers midi. Il est difficile d'accorder cette détermination avec le récit de Matthieu, d’après lequel à midi Jésus était depuis un certain temps sur la croix, et surtout avec Marc XV, 95, où il est dit que ce fut à neuf heures du matin que Christ fut crucifié. La leçon toitn dans quelques Mss. de Jean est évidemment une correction destinée à concilier les deux récits. Eusèbe a supposé que quelque ancien copiste avait confondu le signe 3(1") avec le signe 6 (&’). Cette supposition est arbitraire. Quelques modernes ont pensé que Jean compte les heures à la manière du Forum romain où l’on commençait le jour à minuit. La sixième heure serait ainsi six heures du matin. Mais il est impossible d'admettre que les comparutions devant Anne, Caïphe, au Temple, chez Hérode et chez Plate, aient eu lieu avant six heures du matin. Rappelons -nous plutôt que, comme le dit Lange, les apôtres n'avaient pas la montre en main. On divisait en gros le jour, comme la nuit, en quatre portions , de trois heures chacune. Cest ce qui explique pourquoi il n’est presque fait mention, dans tout le Nouveau Testament, que des troisième , sixième et
neuvième heures (comp. Matth. XX, 8.4), et pourquoi aussi, comme le remarque Hengstenberg, les expressions à peu prés, environ, y sont si fréquentes (Matth. XXVIT, 46; Luc XXIII, 44; Jean [V, 6; Act. X, 3. 9). Cela posé, il n’est plus si difficile de comprendre les indications différentes fournies par Marc et Jean. Mais il faut encore tenir compte d'une circonstance importante, relevée par Lange: c’est que Matthieu et Marc envisagent la flagellation de Jésus comme le commencement réel de son supplice et identifient les deux actes judiciaires, distingués par Jean, par lesquels Pilate ordonna cette peine préliminaire, puis prononça la sentence de mort proprement dite.
On a vu une ironie dans cette parole de Pilate : « Voila votre roi.» S'il en était ainsi, le sarcasme serait, en tous cas, à l'adresse des Juifs, non de Jésus. Envers ce dernier, Pilate se montre constamment pleim de bienveillance et même de respect. Mais cette parole n’est peut-être pas, de sa part, dénuée de sérieux. Pilate a compris que les Juifs sont un peuple à part et que, s’il est un homme par lequel cette nation doive remplir dans le monde une grande mission, c'est celui - ci. La rage des chefs s'accroît à l’ouie de cette déclaration. Les trois aoristes impératifs expriment limpatience, la hâte d’en finir. Avant de céder défimitivement, Pilate retourne encore une fois le poignard dans la plaie: «Crucifierai-je votre roi?» Il semble vouloir se venger de l’acte de bassesse auquel on le contraint. Les Juifs se trouvent ainsi poussés à la déclaration décisive par laquelle ils prononcent eux-mêmes l'abolition de la théocratie et l'absorption d'Israël dans le monde des Gentils. Eux qui ne nourrissent qu'une pensée : le renversement du trône de César par le Messie, ils se laissent entrainer par la haine jusqu’au point de s’écrier devant le représentant de l’empereur: «Nous n'avons d'autre roi que César !»
Après ce mot-là, tout est dit. Israël vient de se livrer; Pilate lui livre Jésus. C’est ici, sans doute, qu’il faut placer les faits racontés par Matthieu (XXVII, 24 95): Pilate se lave les mains, et le peuple appelle sur lui-même la vengeance du sang qui va être versé. — Le mot alors (v. 16) a une certaine solennité : «Après avoir entendu cette déclaration. » — Dans le terme ü livra est compris le prononcé du jugement. La sentence était ordinairement trèsbrève : Ibis ad crucem.
L’astuce, la persévérance, la méchanceté raffinée du sanhédrin, représenté sans doute par l’habile Caïphe; la lutte que se livrent dans le cœur de Pilate l’admiration, la foi naissante, la crainte qu’il a des Juifs, et le souvenir des injustices qu’il a à se reprocher dans le gouvernement de ce peuple; ces deux caractères, l’un d’une noirceur diabolique, l’autre d’une lâcheté digne de pitié, contrastant l’un et l’autre avec la calme majesté de Christ, tout cela forme un tableau d'une grandeur dramatique et d’une vérité psychologique admirables. On peut appeler ce récit le chef-d'œuvre de Jean.