‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean ... . Tome secondChapitre 209 sur 278 · N omet v. 20 et 21 jusqu'à «AV ott non compris · texte numérisé non relu

N omet v. 20 et 21 jusqu'à «AV ott non compris

parf. ÿs disaient caractérise la tentative qui échoue. — Le prés. n’écris pas est celui de l'idée. Pilate y répond par le parfait deux fois répété : j'ai écrit. Cest le parfait du fait accompli. Nous retrouvons ici le Pilate que caractérise Philon : + œuotv axaurs (Hengstenberg).

V. 93 et 24. «Les soldats, après avoir crucifié’' Jésus, prirent donc ses vêtements, et en firent quatre parts, une pour chaque soldat, puis la tunique”; or la tunique était sans couture, d'un seul tissu depuis le haut jusqu’en bas. 24 Ils se dirent donc les uns aux autres: Ne la déchirons pas; mais tirons au sort à qui l'aura; afin que s’accomplit l’Écriture qui dit‘: «Ils ont par- «tagé entre eux mes vêtements, et ils ont jeté le sort «sur ma robe.» Voilà donc ce que firent les soldats. » — Encore ici, Jean complète ses devanciers, quant à la description de la tunique et quant à l’accomplissement de la prophétie. La loi romaine de bonis damnatorum adjugeait aux exécuteurs les vêtements des condamnés. Le détachement se composait comme d'ordinaire de quatre hommes. Les soldats firent deux opérations. Ils répartirent entre eux les différentes pièces d'habillement telles que le bonnet, la ceinture, le vêtement de dessus, les sandales. Puis, comme le vêtement proprement dit, la tunique, était une pièce trop considérable pour figurer dans l’une de ces quatre parts, ils jetèrent le sort sur ce vêtement. Gette tunique était sans doute un don des femmes qui servaient Jésus (Luc VII, 2. 3; Matth. XXVII, 55). Elle était tissée dans toute son étendue, comme le vêtement des prêtres d’après

. Au lieu de ote eotavpwoay, N : ot OTAUPHOQVTES. . N omet Xat Toy YLTWVO.

. N: autouc au lieu d’axXAnaousc.

. NB Itrlerique Omettent n Àeyouos.

. Philon, éx Flaccum. p. 981; Act. XII, 4.

En & CO NN —

Josèphe. C’est par cette raison qu’il eût été impossible de la partager (donc, v.24), et qu'il fallut employer le sort. Ainsi se réalisa jusqu’au dernier trait de lettre ce qu'avait décrit le psalmiste en traçant le tableau du roi d'Israël au comble de sa souffrance. La critique prétend, il est vrai, que les deux membres du verset cité (Ps. XXII, 19) sont complètement synonymes, et que Jean est le jouet de son imagination en voulant distinguer soit entre les verbes partager et jeter le sort, soit entre les substantifs iuati« et iuattouoc. Mais une étude plus approfondie du parallélisme, dans la poésie hébraïque , fait voir que le second membre complète toujours par une nuance ou par une idée nouvelle le sens de la première proposition. La répétition pure et simple de la même idée ne serait-elle pas une tautologie intolérable ? Ainsi, dans ce verset, l'opposition entre le plur. 07722 et

le sing. w125 est manifeste. Le premier terme désigne les

différentes pièces composant l'habillement de dessus, et le second, le vêtement proprement dit, après l’enlèvement duquel on est entièrement nu, la tunique. Le passage Job XXIV, 7-10 confirme pleinement cette distinction. La gradation des deux verbes n’est pas moins réelle. C’est déjà une grande humiliation que de voir ses vêtements partagés. Après cela, le condamné doit se dire qu'il n’a plus qu’à mourir. Mais quelle humiliation plus grande que de voir ses vêtements devenir l’objet du sort et d’être ainsi soimême transformé en un vil jouet! David avait contemplé en esprit ces deux gradations, et Jean fait remarquer que dans le supplice de Jésus elles se sont littéralement reproduites, l’une et l’autre, et cela par le ministère des agents les plus grossiers et les plus aveugles. Certes, les soldats romains n’y ont pas mis du leur; c’est ici la main de Dieu. Cest cette dernière idée sur laquelle Jean veut appuyer en terminant le récit de cette scène par ces mots: « Voilä donc

ce que firent les soldats. » Le gouverneur romain avait proclamé Jésus le roi des Juifs; les soldats romains, sans le vouloir , le signalèrent à leur tour comme le second David.

D’après Strauss, dans sa nouvelle Vie de Jésus (p. 5179 et suiv.), après que la croix eut renversé les prétentions messianiques de Jésus, l'Église chercha à les maintenir en découvrant dans l’Ancien Testament l’idée du Messie souffrant. Les Ps. XXII et LXIX devinrent le texte du récit de la Passion, et l’on inventa toute espèce de détails destinés à faire cadrer l’histoire avec la prophétie ainsi comprise. C’est ce qui arriverait ici à Jean. — Ce système est bien compliqué. D'un côté les faits créent l’exégèse; de l’autre l’exégèse crée les faits. N’est-il pas plus naturel d'admettre que, les faits étant parfaitement constatés, on chercha et parvint à les retrouver, à tort ou à raison, dans l'Ancien Testament? Quant au Ps. XXII, il sera toujours difficile de démontrer qu’un juste quelconque de l’ancienne alliance ait pu espérer, comme effet de sa délivrance du supplice, la conversion des peuples païens et l’établissement du règne de Dieu jusqu’au bout de la terre (Ps. XXII, 23-32).

V. 25-27. «Or près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie”, femme de Clopas, et Marie-Madeleine. 26 Jésus donc, ayant vu sa mère” et à côté d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère”: Femme, voilà ‘ ton fils. 27 Puis il dit au disciple: Voilà’ ta mère. Et dès cette heure‘, ce disciple la prit chez lui.» — Ce trait est raconté par Jean seul. Matthieu et Marc disent seulement qu'un certain nombre de femmes galiléennes se tenaient à quelque distance de la croix «regardant de loin. » Il paraît, d’après Jean , que quelques-unes,

. Syr. et Vss. persane et éthiopienne lisent xa devant Maota n t. K. . N omet les mots L. ouv L0œy tnv UnTepo. |

. NBLX Its omettent avtou.

. Les Mss. se partagent entre tde et tÔov.

. BL 12 Mnn. lisent tôe au lieu de too.

. AE 40 Mnn. Sah, : nuepac au lieu de wpas.

spécialement nommées, et particulièrement la mère de Jésus, avec Jean, qui lui servait d'appui, sé tenaient rapprochées de la croix. Ilxpx ne veut pas dire au pied, mais auprès de ; la croix était peu élevée (v. 29). — Nous avons dit déjà , dans l'introduction (t. 1, p. 60), que Wieseler, se rattachant à la lecon de la Peschito (voir note 1), trouve quatre femmes, et non pas trois, dans ce passage. On évite par là l'inconvénient de rencontrer ici deux sœurs portant le même nom. Quant à la sœur anonyme de la mère de Jésus, ce serait, selon Wieseler, Salomé, la mère de Jean, indiquée par Matth. XXVIT, 56 et Mare XV, 40 comme assistant au supplice. Mais (si du moins le texte de tous nos Mss., sans exception, est authentique) l’absence du xat rend cette interprétation bien peu naturelle. En l’omettant, l’évangéliste se serait exprimé d’une manière tout à fait équivoque. Et comment n’y aurait-il pas, dans toute l’histoire évangélique , quelque trace d’une parenté aussi rapprochée entre Jean et Jésus ? Il est plus simple d'admettre que Jean s’est abstenu de mentionner sa mère, comme il le fait, dans tout le cours de son évangile, à l’égard de son frère. Il ne s’y désigne lui-même que d’une manière détournée. — Sur Marie, femme de Clopas, voir t. I, p. 369-371. — Pourquoi les Synoptiques ne mentionnent-ils pas la présence de Ja mère de Jésus ? Cela est difficile à dire. Peut-être quittat-elle la croix immédiatement après le fait rapporté par Jean. Les Synoptiques ne parlent de la présence des amis de Jésus et des femmes qu'après la fin du supplice.

Jésus, dépouillé de tout, semblait n'avoir plus rien à donner. Mais déjà, au milieu de cette pauvreté profonde, il avait légué le pardon de Dieu à ses bourreaux et le paradis à son compagnon de supplice. Ne trouverait-il rien à laisser à sa mère et à son ami ? Ces deux êtres bien-aimés, qui avaient été ses plus précieux trésors sur la terre , il les

lègue lun à l’autre, donnant ainsi à la fois un fils à sa mère, une amie à son ami. Ce mot plein de tendresse doit avoir achevé de briser le cœur de Marie. Jean l’'emmena chez lui, à Jérusalem d’abord, plus tard, sans doute, en Galilée (t. I, p. 66 et 67). — Sur le mot : Femme, voir t. I, p. 350.

Baur voit dans ce trait une invention du pseudo-Jean dans le but d’opposer le patron qu’il avait adopté, l’apôtre Jean, à Jacques, frère du Seigneur. En devenant le frère spirituel de Jésus, Jean se trouve élevé au-dessus de Jacques, son frère selon la chair. M. Renan attribue la fiction à Jean lui-même qui céderait ici au Qdésir qu’il a de se donner de l’importance en se faisant passer pour le disciple favori» (p. 422 et 423). A de telles assertions on ne répond qu’un mot: Procul este, profani. Pour qui a le sens du vrai, une telle scène et une telle parole portent la garantie de leur authenticité en elles-mêmes.

V. 28-30. «Après cela, Jésus, qui savait! que tout était maintenant consommé, afin que l'Écriture s’accomplit?, dit: J'ai soif. 29 Or il y avait là un vase rempli de vinaigre; et les soldats, ayant imbibé une éponge de vinaigre et l'ayant mise au bout d’une tige d'hysope*, l'approchèrent de sa bouche. 30 Quand donc Jésus eut pris le vinaigre, il dit: Tout est consommé. Puis, ayant baissé la tête, il rendit l'esprit.» — Jean complète par quelques détails importants Le récit déjà connu des derniers moments de Jésus. — Meta todro, aprés cela, doit être pris dans un sens large, comme dans tout notre évangile. Cest entre le trait précédent et celui-ci que doit se placer linexprimable angoisse du sein de laquelle Jésus s’écria: «Mon

Page 1