‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean ... . Tome secondChapitre 210 sur 278 · ABLX Itelis omettent ouv. K lit de · texte numérisé non relu

ABLX Itelis omettent ouv. K lit de

4. N BL X quelques Mnn. Its Sah. lisent oxoyyoy ouv peotov obous UIOWTW MEPLÔEVTES.

Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?» — L’expression «éout était consommé» se rapporte à sa tâche de Rédempteur telle qu'il devait l’accomplir dans son existence terrestre; et, même dans ce sens déterminé, le mot lout doit encore être limité d’après ce qui suit. Il restait un point de la prophétie non accompli. Or l’accomplissement de l'Écriture appartenait à ce tout qui devait être consommé. — ‘Isa ne peut dépendre de tetéheotar : il dépend évidemment de \éye. Le but de Jésus, en disant: «J'ai soif,» est de provoquer l’accomplissement littéral de cette prophétie, qu'il savait n'avoir point encore été accomplie: «ls m'ont abreuvé de vinaigre» (Ps. LXIX, 22). Oÿv (v. 29) est précisément destiné à marquer ce rapport entre l'effet de la parole de Jésus raconté v. 29 et la prophétie. — Assurément Jésus était tourmenté par la soif. C'était l’une des plus cruelles tortures du crucifiement. Mais il eût pu comprimer l'expression de cette sensation douloureuse. S'il ne le fait pas, c’est pour que le dernier trait des humiliations qu'il doit subir s’accomplisse enfin. — À +shtwon quelques Mss. ont substitué à tort tAnowôn. Ce second terme se rapporterait à l’accomplissement d’une prophétie spéciale, tandis que Jean veut signaler l’accomplissement général de l'Écriture qui s'achève en ce moment. — La boisson offerte à Jésus n’est point celle qu'il avait refusée au moment de la crucifixion. Celle-ci était un vin auquel on avait mêlé une liqueur amère et étourdissante, du fiel (Matthieu), de la myrrhe (Marc). Le vertige qu’en éprouvait le condamné amortissait un peu les premières douleurs. Jésus l'avait refusé, parce qu’il voulait conserver la parfaite lucidité de son esprit. La boisson qu’on lui offre maintenant est tout simplement du vinaigre préparé pour les condamnés, comme le prouvent l'éponge et le bâton d'hysope. Cette dernière circonstance écarte l'opinion des commentateurs qui pen-

sent que c'était le vin destiné aux soldats. — Dans les deux premiers évangiles, c’est le cri: (Eh, Eli!» qui engage un soldat à lui offrir du vinaigre. Mais Jean rappelle le mot de Jésus (J'ai soif») qui détermina réellement la démarche du soldat. — L’hysope est une plante qui n’a qu’un pied ou un pied et demi de hauteur. Une tige de cette longueur suffisant pour attemdre les lèvres du condamné, il résulte de là que la croix n’était pas si haute qu’on se le représente ordinairement. — Ostervald et Martin traduisent tout à fait à faux: (Ils mirent de l’hysope autour [de l’'éponge]|;..» d’environnant d'hysope...»

«J'ai soif» est la cinquième parole du Sauveur; «tout est accompli,» la sixième. Les trois premières, sa prière pour ses bourreaux, la promesse au brigand et le legs fait à sa mère et à son ami, se rapportaient à ses relations personnelles. Les trois suivantes, le cri: « Mon Dieu...» le gémissement: «J'ai soif,» et la parole triomphante : « Tout est accompli,» ont trait à l’œuvre du salut. La septième, qui n’est rapportée expressément que par Luc: «Pére, je remets mon esprit entre les mains,» est impliquée dans le récit de Jean par le mot rapéôwxe. Ce terme n’est point rendu par notre locution: «rendre l'esprit». Gar il exprime un acte libre, personnel, spontané. «Personne ne prend ma ve, avait dit Jésus; j'ai le pouvoir de la donner, et j'ai le pouvoir de la reprendre» (X, 18). Cest là ce qu'exprime le terme employé par Jean. C'est aussi le sens de ce grand cri avec lequel, selon Matthieu et Marc, Jésus expira. — Le mot xhlvas indique que, jusqu'alors, Jésus avait tenu la tête haute. |

Page 1