NB Or.: rioteunte au lieu de ntotevonte
4. N 60 Mnn. Itrleriqu : œx” œutou au lieu d'autou (d’après les LXX, Ex. XII, 46).
du fait raconté. Cette interprétation étrange méconnaît d’ailleurs la manière dont Jean aime à parler de lui-même. Il lui répugne de se désigner personnellement dans un récit aussi grave que celui du ministère du Seigneur. Lors donc qu'il est obligé de se mettre en scène, il le fait aussi modestement que possible, en recourant à la troisième personne. — Le parf. penaotionxe se rapporte au caractère de permanence qu'acquiert désormais le témoignage de Jean par le fait de cette rédaction écrite. — Le sujet «celui qui l'a vu» est en rapport avec le v. 26, où le disciple que Jésus aimait est mentionné comme se trouvant seul d’entre tous les apôtres auprès de la croix. — AXnuwv n’est point employé ici dans le sens d’œhnôns. Jean veut dire que son témoignage est un témoignage réellement digne de ce nom, ce qui renferme, sans doute, l’idée d’un témoignage vrai. — Non-seulement Jean ne veut pas tromper; 1l est encore certain de ne s'être pas trompé lui-même : «il sait qu’il dit vrai.» Le pron. éxeivos oppose fortement la personne du témom, qui seul a vu, à celle des lecteurs qui ne peuvent croire que sur le fondement de son témoignage *. — La con- Jonction va pourrait dépendre de l’idée générale de témoignage qui domine dans ce verset; il est plus simple de la rapporter, avec Meyer, au verbe Xéya : QI sait qu’il dit des choses vraies, ef il les dit afin que...» — Le xat devant duels est certainement authentique : «Afin que vous, qui n'avez pas vu, croyiez aussi bien que celui qui a eu le privilége de voir.» Le terme «croyiez» ne se rapporte point seulement à la conviction de la réalité des faits racontés. L'absence de régime prouve qu'il désigne la foi en Jésus, dans le sens le plus général. Cest ce qui ressort également
1. Voir, sur l'emploi du pronom ëéxeivos dans le quatrième évangile, Steilz, Slud. u. Krit. 1859, p. 497-506, et Buttmann, sbéd. 1860, p. 505-536.
de l'explication suivante v. 86 et 37, où Jean montre comment les faits qu'il vient de raconter, par leur concordance avec l'Écriture, ont signalé Jésus comme le Messie. L'expression «ces choses » (v. 36) n’embrasse donc pas seulement l’effusion du sang et de l’eau, mais aussi les deux circonstances, mentionnées auparavant, qui y ont donné lieu, la dispensation par laquelle Jésus a été soustrait à l'opération du brisement des jambes et le coup de lance. Ainsi seulement s'explique le yxo; car les deux prophéties citées se rapportent uniquement à ces deux dernières circonstances. — La première est tirée d'Ex. XII, 46. L’agneau pascal devait être à l'abri de toute profanation, car il figurait l’'Agneau de Dieu. C’est pourquoi ce qui n’était pas immédiatement mangé dans le repas ne devait pas être gardé, mais brûlé. Et c’est pourquoi aussi ses os ne devaient point être rompus. Ainsi l’exigeait le divin décorum. L’accomplissement de l’Écriture paraît non - seulement dans ce que l’on ne fait pas à Jésus en ce moment, mais aussi dans ce qu'on lui fait. Zacharie (XI, 10) avait représenté Jéhovah comme percé par son peuple en la personne du Messie. Le supplice de la croix avait accompli, sans doute, cette prophétie; mais ce coup de lance, jeté au cœur du Messie et transperçant non l’un de ses membres, mais sa personne elle-même, réalise plus complètement le mot du prophète. Le sens du mot 1797, üls ont percé,
a été atténué par les LXX : xatwpymoavro, ils ont insullé. Appliquée à Jéhovah, lexpression, prise au sens propre, leur paraissait trop forte. Il est remarquable que, dans ce passage, aussi bien qu'Apoc. I, 7, Jean traduise d’après le texte hébreu, comme XIT, 40. Le terme üboyta, verront, se rapporte à la conversion finale des Juifs, lorsqu'ils reconnaîtront en Jésus leur Messie rejeté, scène saisissante que décrit magnifiquement Zach. XII, 8-14.
Pour sentir ce que Jean a éprouvé dans le moment ici décrit, il faut se représenter un Juif croyant, parfaitement au fait de l'Ancien Testament et qui voit approcher les soldats chargés de briser les jambes des condamnés. Il doit se demander avec anxiété comment se réalisera en Jésus le type de l'agneau pascal. Et voici que le fait de sa mort, arrivée plus rapidement, le soustrait à cette opération, et qu'en même temps le coup brutal du soldat roma prépare au peuple juif dans son côté percé le spectacle annoncé par le prophète. Jean est ce Juif croyant, et voilà les signes qui ont fortifié sa foi et dont le récit doit affermir celle des lecteurs. Quant au fait du sang et de l’eau et à sa relation avec la foi des lecteurs, Olshausen pense que Jean y voit une preuve de la réalité du corps de Jésus en opposition au docétisme; Lücke et Néander, qu'il y trouve une preuve de la réalité de sa mort. Mais les Docèêtes ne niaient pas les apparences sensibles dans la personne de Jésus, et elles suffiraient pour expliquer la perception de Jean. Quant à la réalité de la mort de Jésus, le fait raconté par Jean ne la prouve pas plus qu'il ne l’infirme. Son importance pour la foi ressort donc plutôt de son caractère extraordinaire qui prouve l'état exceptionnel du corps de Jésus, dès le moment qui suivit sa mort. Si le saint de Dieu, comme tel, ne devait point sentir la corrupuon, l'instant de la mort devait être pour lui le commencement de la résurrection; c’est ce qui a eu lieu et ce qui s’est manifesté dans ce symptôme extraordinaire.