Das Leben Jesu, 1864, p
après la préparation.» Jean n'aurait pas écrit autrement; car lui aussi appelle le jour de la mort de Jésus le jour de la préparation.
Il n’est pas plus difficile, à ce point de vue, d'accorder Luc avec Jean. Get évangéliste dit (XXI, 1): «Le jour des pains sans levain arriva, où il fallait immoler la Päque; et il envoya Pierre et Jean...» Ce mot arriva ne permet pas de penser à un autre moment qu’à la première heure de ce jour, c’est-à-dire à s ou 6 heures du soir, lorsque finissait le 13 et que commençait le 4. Or il restait encore assez de temps jusqu’à la nuit pour faire les préparatifs du repas qui eut lieu le soir même. Ne serait-il pas étonnant que Luc qui, dans le récit de l'institution de la sainte Cène, se rattache si étroitement à saint Paul (4 Cor. XI), suivit expressément une tradition différente du point de vue de cet apôtre? Or, comme l’accorde Strauss lui-même, saint Paul, dans cette question, est complètement d'accord avec saint Jean, Comp. 1 Cor. V, 7, où saint Paul dit: «Christ, notre agneau pascal, a élé immolé pour nous,» et XI, 23: «Le Seigneur Jésus, dans la nuit qu'il fut trahi...» Si cette nuit était celle de la Pâque, saint Paul ne l'eût-il pas plus expressément désignée comme telle? Il est dès lors a priori difficile d'admettre qu’il puisse exister, sur le point qui nous occupe, un conflit réel entre Luc et Jean. |
Marc, enfin, s'exprime ainsi (XIV, 12) : «Le premier jour des pains sans levain, où l’on immolait la Päque, ses disciples lui dirent : Où veux-tu que nous allions te préparer le repas pascal?» Ces mots: (Où l’on immolail la Päque,» ne signifient point que la question des disciples fût adressée au moment de cette cérémonie. C’est une explication destinée à mettre les lecteurs païens au fait de ce qui se passait en ce jour-là et qui, chronologiquement parlant, n’ajoute rien à la brève expression de Matthieu: «Le premier jour des pains sans levain.» Tout ce que nous avons dit de Matthieu peut donc s’appliquer à Marc.
Si nous nous rappelons la foule de détails cités plus haut et tirés du récit des Synoptiques eux-mêmes qui ne permettent nullement de croire que le jour de la mort de Jésus ait été le grand jour férié du 15 nisan, n’envisagerons-nous pas comme toute naturelle l’idée, qui met d'accord non-seulement les Synoptiques avec Jean, mais
quement celui de la messagère qui appelle les deux disciples au sépulcre.
V. 1-3. «Le premier jour de la semaine, Marie-Madeleine se rend au sépulcre de bonne heure, comme il faisait encore obscur, et là, elle voit que la pierre est ôtée du sépulcre; 2 elle court donc et se rend auprès de Simon Pierre et du disciple que Jésus aimait et leur dit: On a enlevé le Seigneur du sépulcre', et nous ne savons” où on l'a mis. 3 Pierre sortit donc, ainsi que l’autre disciple, et ils se rendaient au sépulcre*.» — Dans l’expression pla Tv oaBBatuy, on pourrait donner au mot oœf- Bata le sens de sabbat: «le premier jour (aix) à partir du sabbat. » Mais Luc XVIIE, 12 prouve que oafBatoy ou oaxf- Bata peut signifier aussi la semaine entière, en tant que formant l’espace entre deux sabbats. Ainsi : «le premier (aix) jour de la semaine.» Plus était grande la délivrance que Marie-Madeleine devait à Jésus (Luc VI, 2; Marc XVI, 9), plus ardente était sa reconnaissance, plus vif son attachement à sa personne. Jean n'indique pas l'intention qui lamenait au sépulcre et que mentionnent les Synoptiques, celle d'embaumer le corps du Seigneur. Venait-elle seule? Cela est en soi peu probable. Comment une femme se serait-elle hasardée à se rendre seule au sépulcre à une heure aussi matinale? D'ailleurs, ses compagnes avaient la même intention qu’elle. Enfin le pluriel nous ne savons, au v. 2, indique positivement qu’elle était accompagnée. Nous trouvons ici une manière de raconter toute semblable à celle de Luc qui, après avoir dit (XXIV, 19) : « Pierre, s’élant levé, courut au sépulcre,» comme s'il voulait parler uniquement
1. X quelques Mnn. Itlis Cop. Sah. ajoutent axo tn Jupas devant ex TOU MYNMELOU (N) OU TOU MYNMELOU.