‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean ... . Tome secondChapitre 22 sur 278 · N lit tept au lieu de ex · texte numérisé non relu

N lit tept au lieu de ex

PREMIER CYCLE. — CHAP. VI, 1. 2. 77 imparf. le suivaient.…. ils voyaient prouvent qu'il s’agit ici d’une multitude qui entourait habituellement Jésus en Galilée et que ses nombreux miracles attiraient à sa suite. Nous nous retrouvons donc en plein dans ce ministère galiléen dont IV, 45 avait tracé un tableau général.

Jean ne dit rien des motifs qui engagèrent Jésus à se rendre de Gapernaüm ou des environs sur la côte orientale. Le terme &rÿ\tey indique seulement une intention de retraite. D’après Marc VI, 80 et Luc IX, 10, les apôtres venaient de rejoindre leur maître après avoir accompli leur première mission, et Jésus voulait leur donner du repos et se trouver quelques moments seul avec eux. D’après Matth. XIV, 13, ül venait d'apprendre le meurtre de Jean-Baptiste, et, sous le coup de cette nouvelle, il recherchait la solitude. Peut-être étaient-ce les apôtres qui, en revenant de leurs courses missionnaires, lui avaient rapporté la mort du Précurseur, si propre à réveiller chez lui la pensée de sa fin prochaine. Ainsi s’'accorderaient sans peine les quatre récits. — Luc seul nomme le lieu où se passa le fait qui va suivre. Îl l'appelle Bethsaïda. On a prétendu qu'il entendait par là Bethsaïda près de Capernaüm, et que, selon lui, la multiplication des pains avait eu lieu sur la rive occidentale, contrairement au récit des autres évangélistes. Mais saint Luc se mettrait par là en contradiction avec lui-même ; car il dit que Jésus prit avec lui ses disciples pour se retirer dans un lieu désert appartenant à une ville appelée Bethsaida. Gette intention de Jésus ne permet pas de penser au bourg de Bethsaïda sur la rive occidentale. Josèphe (4nlig. XVI, 2, 4 et 4, 6; éd. Dindorf) parle d'une ville nommée Bethsaïda Julias à l’extrémité nord-est de la mer de Tibériade; et l’expression Bethsaïda de Galilée par laquelle Jean XIT, 21 désigne le lieu d'origine de Pierre, André et Philippe, n’a de sens qu'autant qu'il existait une

autre Bethsaida hors de Galilée. Cest celle dont il est ici question. Bethsaïda Julias était située en Gaulonitide, dans les états de Philippe. — Si Jean eût écrit en Galilée et pour des Galiléens , il se fût contenté de la première expression: mer de Galilée. Mais, comme il écrivait hors de Palestine et pour des Grecs, il ajoute le nom de mer de Tibériade. Tibériade, bâtie par Hérode Antipas et ainsi nommée en l'honneur de Tibère, était fort connue au dehors. Aussi le géographe grec Pausanias appelle-t-il la mer de Galilée : Auyn TBaots.

L’imparf. éwpwv, \s voyaient, dépeint la jouissance que leur procurait ce spectacle toujours renouvelé. La leçon du T. R. évpwy est appuyée ici par le Sinait. et même par le barbarisme ébewowy de l’Alexandrinus.

V. 3 et 4. «Et Jésus se rendit‘ sur la montagne, et il était assis” là avec ses disciples. 4 Or la Pâque, la grande fête des Juifs, était proche.» — L'expression la montagne désigne soit en particulier la montagne qui se trouvait en cet endroit, soit en général la contrée montagneuse , en opposition à la plaine du littoral. Jésus conversait là, dans un lieu solitaire , avec ses disciples.

Quel est le but de la remarque du v. 4? Est-ce une notice purement chronologique ? Si l’on compare le donc du v. 5 avec le ody tout semblable de VII, 8, on sera porté à mettre cette donnée en rapport avec le fait qui va suivre. Cette indication de la proximité de la Pâque serait-elle peutêtre l'explication du grand rassemblement dont il est parlé v. 0? Mais qu'auraient fait les caravanes qui se rendaient à la Pâque, dans ce lieu écarté ? Et n'est-il pas évident, par l'identité même des expressions (toXde êyhos, v. 2 et 5),

Page 1