‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean ... . Tome secondChapitre 220 sur 278 · M: net · texte numérisé non relu

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riences antérieures et posé le fondement de toute sa vie subséquente. Les sing. 4! vit et il crut font ressortir ce caractère parfaitement personnel de lexpérience ici décrite. L'idée de croire ne saurait se rapporter, comme l’ont pensé quelques-uns, au récit de Marie-Madeleine. Ce mot est pris, comme le montre la liaison au v. 9, dans le sens le plus élevé: croire en Jésus-Christ comme Messie sur le fondement de sa résurrection constatée. En dehors de la Résurrection une porte restait toujours ouverte au doute. Ge divin . témoignage rendait désormais la foi du disciple mébranlable. Pour arriver à cette conclusion: Jésus vit, Jean n’eut pas besoin d’une autre manifestation sensible que l’état du tombeau et la position des linges. Il fallait donc que la foi à ce miracle suprême fût préparée chez lui de longue date. D’un autre côté, cette parole : «ll vit, et il crut,» renferme bien moins un éloge qu'un reproche à l'adresse de l’évangéliste lui-même. C'est ce qui ressort de la liaison au v. 9: «Car ils n'avaient pas encore compris l'Écriture.» Jean, qui, au moment où il écrivait, reconnaissait distinctement l'annonce de la résurrection du Messie dans l'Ancien Testament, s'étonne de l’inntelligence dans laquelle il était resté plongé jusqu’au jour où le fait éclaira pour lui la prophétie. Par le pluriel rôstoav, il déclare que cette ignorance était commune à Pierre et à lui; mais il n'avait pas pu en dire autant de la foi à laquelle il venait de parvenir. Il paraît que la conviction de Pierre n’était pas encore formée. Ce petit détail s'accorde remarquablement avec le récit de Luc qui décrit en ces mots l'impression produite sur Pierre : «S’étonnant de ce qui était arrivé» (XXIV, 12). Pour transformer l'étonnement en foi chez ce disciple, il fallut l'apparition du Seigneur dont il est parlé Luc XXIV, 34; 1 Cor. XV, 5. Le v. 10, ainsi que plusieurs expressions dans les versets . précédents, rappellent le récit de Luc XXIV, 12: « Pierre, il. 41

sépulcre. 6 Simon Pierre, qui le suivait, arriva et entra dans le sépulcre; et il contemple les linceuls posés à terre’, 7 et le suaire, qui avait été mis sur sa tête, non posé avec les autres linceuls, mais roulé et posé dans un lieu à part.» — Jean, plus agile et probablement plus jeune, arrive le premier. Mais son émotion est si forte qu'il s'arrête à l'entrée du sépulcre après y avoir jeté un regard. Pierre, d’un caractère plus viril et plus pratique, enire résolûment. Ces détails sont si naturels et si conformes à la personnalité des deux disciples qu'ils portent en eux-mêmes le cachet de leur authenticité. Ils rappellent ceux du ch. IL. — Le prés. i{ voit (v. 5) est opposé à laor. arriva (v. 4); et la même opposition se retrouve entre les verbes 4! entra et il contemple (v. 6); Jean fait ressortir par là le contraste entre l'acte et l'examen attentif qui le suit à chaque fois. Gsoget renferme l'observation et la méditation. Ce linge étalé et surtout ce suaire roulé et placé à part attestaient, en effet, que l'absence du corps n’était pas due à la précipitation d'un enlèvement, mais que ce tombeau avait été témoin d’un calme et saint réveil. Il y avait là de quoi donner à réfléchir aux deux disciples.

V. 8-10. «Alors entra aussi l’autre disciple qui était arrivé le premier au sépulcre; et il vit, et il crut”. 9 Car ils n'avaient pas encore compris* l'Écriture qui dit qu'il devait ressusciter d’entre les morts. 10 Puis les disciples s’en retournérent chez eux.» — S'il y a, dans notre évangile, un passage qui appartienne à l’autobiographie intime de l’auteur, c’est celui-ci. [l nous raconte la manière dont s’est formée en lui la foi qui a mis le sceau à ses expé-

1. N omet la fin du v. 5 depuis ov et tout le v. 6 (confusion des deux T. O0. XELMEVA).

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