Au lieu de ttvov, B Italig: : tuvoc
4. Les Mss. se partagent entre aprevror et apewvrar. N: apelnoeto. 5. Au lieu de xoatnte, N: xoatnvtar. D It. Vg.: xpatnonte.
mots : «Ayant dit cela ,» rattachent étroitement à la charge (v. 21) la communication du don nécessaire pour la remplir (v. 22). — Il y a deux opinions extrêmes sur la valeur de lacte décrit dans ce verset. Selon Chrysostome, Grotius, Tholuck, ce serait uniquement un symbole, une promesse. Mais ce sens est-il compatible avec l’impér. aor. XdBexe, recevez ? Gette expression ne suppose-t-elle pas une communication actuelle? D'autre part, Baur prétend que c’est ici la Pentecôte telle que la conçoit l’'évangéliste. Mais l'absence d'article devant rvedua &ytov ne s’expliquerait pas bien dans ce sens. Le sens naturel de la parole de Jésus est: «Recevez une effusion de l'Esprit.» C’est une arrhe que Jésus leur donne. Élevé lui-même à un degré de vie supérieur, 11 se hâte de les y associer autant que cela se peut faire. Cette communication est à la Résurrection ce que la Pentecôte sera à l’Ascension. Comme, par la Pentecôte , il les fera participer à son ascension, ainsi, en soufflant aujourd'hui sur eux, il les associe à sa résurrection. Peut-être, dans la forme de cet acte, y a-t-1l, comme le pense avec plusieurs commentateurs M. Reuss, une allusion à Gen. Il, 7 : «L’Éternel souffla dans ses narines un souffle de vie.» Jésus se poserait ici comme l’auteur de la nouvelle création spirituelle qui doit couronner la création naturelle. Mais peut-être sa pensée se rapporte-t-elle plutôt à l'avenir qu’au passé et veut-il dire : « Quand viendra le jour que je vous ai promis, et où vous entendrez le vent mystérieux, vous reconnaîtrez dans ce vent l'Esprit promis et dans cet Esprit le souffle de votre Maître glorifié. » La forme sous laquelle il leur communique ce premier don, est donc le signe auquel ils reconnaîtront la venue de l'Esprit dans. sa plénitude. Et quel fut le résultat réel de cette communication préalable, de cette Pentecôte anticipée? Ce fut celui que saint Luc exprime en disant (XXIV, 45): « Alors.
il leur ouvrit l'esprit pour comprendre les Écritures. » Le sens de la préparation théocratique leur fut dévoilé. On peut dire que l’évangile de saint Matthieu a été le fruit de cette première inspiration.
La charge et le don tendent à une œuvre à réaliser. Gette œuvre est présentée au v. 23 dans toute sa grandeur: c’est le salut ou, sinon, l’endurcissement final de l'humanité. Il ne s'agira plus désormais, comme dans l’ancienne alliance, d’un pardon provisoire ou d’une réjection révocable. Avec la Pentecôte, le monde va entrer dans le domaine des réalités absolues, immuables. On a voulu réduire le sens des expressions qu'emploie Jésus dans ce verset à l'offre ou à la déclaration du pardon, ainsi qu'à la menace de la damnation, par la prédication de l'Évangile. Mais les termes dont il se sert impliquent une action positive, une efficacité directe. Il faut seulement se rappeler qu'au ministère de la Parole (v. 21), vient d’être ajoutée la puissance de l'Esprit. Il y à donc là une force divine capable d'opérer des effets divins, de délier ou de lier, de pardonner ou de damner. Pierre et Paul, en consommant la double œuvre du salut des païens et de la réjection des Juifs, ont offert au monde le plus grand exemple de l’accomplissement de cette parole. Comp. Act. X, 34 et suiv.; XIII, 45 et suiv.; XXVIIL, 25 et suiv. Le prés. œœtevrar indique un effet immédiat; le parf. dopévwyru, Chez plusieurs alexandrins, signifierait : «sont et demeurent pardonnés.» Ce parfait a probablement été amené par la symétrie des deux propositions; les copistes n’ont pas compris que, dans la première, il s’agit d’un fait qui s’accomplit au moment même et directement par l’action divine, tandis que, dans la seconde, Jésus parle d’un état qui résulte de l’incrédulité elle-même et qui demeure. L'ordre des deux propositions indique que le premier de ces deux effets est le vrai but de la mission et que le
second ne doit se réaliser que là où le premier vient à échouer.
S'il est évident, par la liaison de ce v. 23 au v. 22 et de celui-ci au v. 21, que la charge est impuissante à rien accomplir de pareil sans la force divine du don, on peut se demander si le don, séparé de la charge, suflirait pour réaliser de tels effets. Si de tels cas se présentent, ce sera sans doute là surtout où, par l’infidélité de ceux qui sont revêtus de la charge, celle-ci se trouve destituée du don.
La seconde apparition aux disciples : v. 24-99.
L'apparition à Marie - Madeleme a préparé la foi chez les disciples; l'apparition aux disciples l’a fondée; la seconde apparition aux disciples achève ce que la première a commencé et forme ainsi la clôture de la narration johannique. Le dernier germe d’'incrédulité extirpé du cercle des Douze, le développement de la foi est consommé chez les futurs témoins de Christ.
V. 24 et 25. «Mais Thomas , l'un des Douze, celui qui est surnommé Didyme, n’était pas avec eux lorsque ‘ Jésus vint. 25 Comme donc ‘ les autres disciples lui disaient : Nous avons vu le Seigneur, il leur dit : Si je ne vois dans ses mains l'empreinte * des clous, et si je ne mets mon doigt dans l'empreinte des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai pas.» — Tel que nous connaissons Thomas par XI, 16 et XIV, 5, la mort de son Maître avait dû produire sur lui une impression de profond découragement, et l'éloignement où il se
1. N ajoute ouy après ote et le retranche au v. 25 après eheyov.
2. À I Itrlerique Vo, Syr. Or. lisent toxov au lieu de tumov, et N ets tv Xetpay (sic) autou au lieu de eus Toy TUTov Tov nAwy.
trouvait de ses frères, le premier Jour, pouvait n'être pas sans rapport avec cette impression. C’est ce que confirme la résistance qu'il oppose au témoignage des apôtres. Il semble dire: «La chose est allée comme je l'avais prédit et restera telle.» Il y a de la ténacité jusque dans la forme de son discours. Elle se montre dans la répétition intentionnée des expressions. Aussi ne faut-il point admettre, avec Tischendorf, la leçon téov, au lieu du second +üxor ; cette leçon ôte précisément ce caractère d’insistance à la déclaration de Thomas. Il ne parle pas des pieds ; cela est tout naturel dans cette situation, et il est ridicule d’en conclure, comme quelques mterprètes, que les pieds n’avaient pas été cloués.
V. 26 et 27. «Huit jours après, ses disciples étaient de nouveau réunis dans l'appartement ; et Thomas était avec eux. Jésus vient, les portes étant fermées, et se présente au milieu d'eux, et dit: La paix soit avec vous. 97 Puis il dit à Thomas : Approche ici ton doigt, et vois mes mains, et approche ta main, et la mets dans mon côté, et ne deviens pas incrédule, mais croyant.» — Les disciples passèrent la semaine pascale à Jérusalem; cela était naturel; à la rigueur ils eussent pu repartir, sans doute, le matin de ce jour où nous les trouvons de nouveau rassemblés. Peut-être furent-ils retenus par le souvenir de l'apparition du dimanche précédent et par l'espoir d’être de nouveau visités en ce jour-ci. Peut-être ce retard avait-il un autre motif, que nous indiquerons. — Dans sa salutation Jésus comprend aussi Thomas; c’est même à lui qu’elle s'adresse principalement; car il est le seul qui ne jouisse pas encore de la paix que donne la foi. — La répétition presque littérale des paroles téméraires de ce disciple a pour but de le faire rougir de ce qu’une telle insistance a de grossier et de charnel. — Par l'expression «ne
deviens pas,» Jésus lui fait sentir qu'il se trouve au point critique où se séparent les deux routes : celle de l’incrédulité décidée et celle de la foi parfaite.
V. 98 et 29. « Thomas répondit ‘ et dit : Mon Seigneur et mon Dieu! 29 Jésus lui dit *: Parce que tu m'as vu*, tu as cru; heureux ceux qui, sans avoir vu‘, ont cru!» — Ce qui produit une impression si profonde sur Thomas, ce n'est pas seulement la conviction de la résurrection de Jésus, c'est aussi la preuve de toute-science que lui donne le Seigneur en lui répétant les paroles qu'il pensait avoir prononcées en son absence. Cette scène rappelle celle de Nathanaël (ch. I), dont elle est le pendant. Comme chez ce disciple, la lumière brille avec un éclat subit jusqu’au fond de l'âme de Thomas et y dissipe toute obscurité; et, par une de ces réactions si fréquentes dans la vie morale, du degré le plus bas dans la vie de la foi 1l atteint le faîte d’un seul bond, et proclame la divinité de son Maître par une expression plus catégorique que toutes celles qui étaient jamais sorties de la bouche de saint Pierre lui-même. Le dernier est devenu le premier, et la foi des disciples, professée par Thomas, est désormais à la hauteur de celle qu'avait d'avance formulée le prologue. C’est en vain que Théodore de Mopsueste et d’autres ont voulu appliquer à Dieu, et non à Jésus, le cri d’adoration de Thomas. Il ne devrait pas y avoir, dans ce sens, eîxev adt®, «il lui dit» ; et Le terme mon Seigneur ne peut être rapporté qu’à Jésus. On a objecté le monothéisme de Thomas. Mais c’est précisément parce que ce disciple sent qu'il porte désormais à