‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean ... . Tome secondChapitre 230 sur 278 · L'ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

L'ÉPILOGUE

ment dans notre évangile. L'expression «en présence de ses disciples » se rapporte précisément au rôle auquel les disciples étaient appelés auprès du monde entier. Jésus les avait choisis pour l’accompagner habituellement et avait accompli ses miracles devant eux non-seulement en vue de leur foi personnelle, mais aussi en vue du témoignage qu'ils devaient lui rendre après son départ. « Vous me rendrez témoignage, parce que vous êtes dès le commencement avec moi» (XV, 27; comp. Act. I, 21. 22). — La position de toire après BtB\lw donne à cet adjectif un accent particulier : ce livre-ci (en opposition à d’autres). Saint Jean n’a donc pas fait allusion, dans son livre, uniquement à la tradition orale; il a eu en vue des rédactions écrites sur la matière qu'il traitait. Pour celui qui admet qu’il a écrit après la ruine de Jérusalem, et que nos Synoptiques ont été composés entre 60 et 70, le sens de cette expression de l’apôtre est très-clair. Par là Jean confirme d’une manière générale le contenu de nos trois premiers évangiles, et fait entendre qu'il a voulu les compléter sur certains points.

Mais si le dessein de Jean n’a point été d'écrire une histoire complète, qu’a-t-il donc voulu? Raconter ce qu'il fallait pour que les lecteurs crussent, comme 1l a cru luimême. Ils croient déjà, sans doute; c’est à des chrétiens que s'adresse le mot «vous.» Mais, comme nous l'avons vu dans tout le cours de l’évangile, la foi se développe continuellement, et à chaque nouveau progrès la foi précédente semble n'avoir pas été réellement la foi. — La position de orty explique notre traduction : «est bien.» — Jésus, l'objet de la foi, est qualifié ici de manière à reproduire le cours du développement de la foi chez l’auteur lui-même. Le Christ : laccomplissement de la prophétie et de l'espérance théocratique; c’est en cette qualité que les disciples l'avaient primitivement reçu (1, 42. 46). Mais la foi en lui, comme

Messie, n'avait été que la transition à la foi en lui à un point de vue plus élevé, celui de la divinité. Le terme de Messie se rapporte à la charge de Jésus, celui de Fils de Dieu à sa personne. C’est surtout depuis le ch. V que ressort le caractère divin de Jésus dans notre évangile. Dans cet envoyé promis, Jean avait reconnu de plus en plus Jéhovah luimême; et comme, à mesure que cette foi s’affermissait chez lui , il y trouvait de plus en plus la vie de son âme, il espère, par le tableau de cette gloire messianique et divine, amener ses lecteurs à trouver dans la même foi la même vie; comp. À Jean [, 3. — La vie est l'existence parvenue à la plénitude permanente de la prospérité et de la force. — Les mots «en son nom» dépendent, non de «croyant,» mais de «ayez la vie.» "Ovoua : le titre suprême, celui de Fils, qui exprime l'essence divine cachée sous l'apparition terrestre de Jésus. La vie est dans la foi à ce nom, parce que c’est par cette foi que nous recevons et possédons en Jésus Dieu lui-même.

L’évangile de Jean est donc sans doute un écrit de tendance. Mais de là il ne résulte pas le moins du monde que les faits s’y trouvent altérés. Car la tendance de l'écrit n’est autre que celle des faits eux-mêmes. Dieu, en envoyant Jésus, et Jésus, en agissant et parlant comme il l’a fait, ont voulu le salut de l'humanité. En composant son livre, Jean s’est proposé le même but; il n’a fait que continuer l’œuvre divine. La tâche d’historien se confond pour lui avec celle d'apôtre.

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