‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean ... . Tome secondChapitre 235 sur 278 · CO 1 TO D ET · texte numérisé non relu

CO 1 TO D ET

Ils le jetèrent donc‘; et ils ne purent”? pas le retirer à cause de la quantité des poissons.» — La différence entre la scène de Luc V et celle - ci est qu'aujourd'hui Jésus vise non plus seulement à une pêche, mais à un repas. Nous comprendrons bientôt la raison de ce fait. — Cest ce qui explique la question du v. 5. Il n’est donc point nécessaire de penser, avec Tholuck et d’autres, que Jésus veut se présenter ici comme un marchand qui demanderait à acheter du poisson. — Ilooopxytov désigne, comme ôbaæptoy, ce que l’on ajoute au pain dans le repas; seulement le second de ces deux termes suppose un apprêt (éxtaw, rôlir) et désigne , dans la langue des pêcheurs, leur aliment ordinaire , le poisson. — L'emploi du terme raôix, au lieu de rexvia (XIII, 33), qui paraît suspect à Lücke , s'explique aisément. Jésus n’emploie pas ici le terme de tendresse texvx, parce quil garde encore l’anonyme. ILoudtæ , littéralement : #”nes garcons, est emprunté au langage du maître qui parle à ses ouvriers. — Cette prise magnifique est, comme Luc V, à la fois le type et le gage des succès futurs de la prédication apostolique. Mais il est probable que l’opposition entre le côté gauche et Le côté droit de la barque qui est ajoutée ici, n’est point dans cette scène une circonstance indifférente, Le côté gauche de la barque, où ils avaient jeté inutilement le filet pendant la nuit ne représenterait-il point le monde juif, et cette nuit de labeur stérile la première phase de la prédication apostolique ? Dans le côté droit, en échange, ne faut-il pas reconnaître le monde païen, et dans cette pêche magnifique les effets de la prédication dans ce nouveau domaine ? Les ch. VII-XII du livre des Actes montrent comment Jésus lui-même, par une série de dispensations providentielles, fit passer les

1. N D Cop.: ot de efaloy au lieu d'efæiov ouv. 2. NX BGDLA 10 Mnn. Itrleriue Vo, : toyuov au lieu d'royuoay.

apôtres de l’un de ces champs de travail à l’autre et accomplit en réalité ce qu'il fait ici typiquement. Cette seconde pêche miraculeuse que raconte Jean était donc plus qu'une confirmation de la promesse renfermée dans la première ; elle faisait allusion à la situation nouvelle, aux circonstances défavorables que l’apostolat rencontrerait parmi les Juifs, au riche dédommagement qui lui serait accordé chez les paiens. Au moment où l'auteur écrivait, l’histoire avait réalisé ces types ; de là l’importance qu'il y attache. V.7et8. «Alors le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : C'est le Seigneur. Simon Pierre, ayant entendu que c'était le Seigneur, mit son vêtement et s’en ceignit (car il était nu); et il se jeta à la mer. 8 Mais les autres disciples vinrent avec la barque‘ (car ils n’étaient pas loin de la terre, mais seulement à la distance de deux cents coudées) remorquant le filet avec les poissons.» — Quelle caractéristique des deux apôtres que celle que renferme ce verset! Jean contemple et devine. Pierre agit et s’élance. Il est impossible qu'en rappelant ces détails l’auteur ne pense pas au rôle de l’un et de l'autre dans l’œuvre de l’évangélisation du monde. — Le vêtement appelé érevôvrns n’était proprement ni le xeruv, l’habit de dessous, la chemise, ni le imattoy, le vêtement de dessus; c'était un intermédiaire, tenant de l’un et de l’autre, et, comme nous dirions aujourd’hui, une blouse, servant aux pauvres, aux ouvriers, et particulièrement aux pêcheurs, de vêtement de dessus. La plupart des interprètes pensent que nu signifie ici: vêtu seulement de la tunique, et que Pierre se borna à passer l’éxevôÿrns , qu’il avait Ôté pour travailler. Hengstenberg, qui entend par l’érevôvrns le vêtement de dessous, pense qu’il ne l'avait point ôté et qu'il

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