‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean ... . Tome secondChapitre 243 sur 278 · N: Toy xerpay au lieu de tas jetpac · texte numérisé non relu

N: Toy xerpay au lieu de tas jetpac

2. N G**D 5 Mnn. Cyrille Ghrys.: akhot Éwoououv (G**: Éwowct. D: Éwouwget) au lieu de «los Éwoet.

3. N: Toumoouot oot ooù au lieu de xat oroet omov. Au lieu d’otoet ; C** 1 Mnn. Chrys.: otvouotv. D: amayouotv. 4 Mnn. Cyrille: atotoouorv.

dominé la vie de Pierre avant sa conversion, et dans la seconde, la description de l’état de renoncement complet à lui-même auquel il sera conduit et dans lequel il deviendra un instrument docile entre les mains de Jésus. Le &\hoc serait dans ce cas Jésus lui-même. Le v. 19 ne conduit pas à cette explication qui, en soi, n’est pas très-naturelle. Le contraste qui suit avec le sort de Jean (v. 22) n’y est pas non plus favorable. Jésus veut plutôt caractériser, au v. 18, la libre disposition de sa personne dont jouit encore Pierre et l’état de captivité auquel il sera réduit un jour. Les premiers mots paraissent renfermer une allusion à la vivacité juvénile avec laquelle Pierre venait en ce moment même de se ceindre et de s’élancer dans l’eau. C’est ainsi qu'il s’élancera bientôt avec ardeur dans les travaux de ce ministère que Jésus vient de lui rendre. Mais à quel terme le conduira ce zèle ? Jésus le lui fait entendre par des images tirées de la circonstance actuelle. Les mots : « Tu élendras les mains, et un autre. » sont opposés à : € Tu le ceignais toi-même, » et se rapportent donc, comme le pense Meyer, à la résignation avec laquelle Pierre se Livrera au pouvoir ennemi qui s’emparera de lui pour le conduire au supplice; et les mots «le mênera…..» opposés à Qu allais où tu voulas» se rapportent à l’acte même par lequel on le conduira au supplice. Plusieurs appliquent l'expression : «Tu élendras les mains,» au crucifiement de saint Pierre. Mais ils ne peuvent expliquer comment ils se trouvent placés avant ceux-ci: « Un autre te ceindra ,» ou ils sont obligés de recourir à des expédients comme celui de rapporter lidée de ceindre à l'emploi du subligaculum dans le supplice de la croix. Ge sens est forcé et les derniers mots: «Et te menera où...» restent toujours inexplicables. — Cest ainsi que l’ardeur bouillante de Pierre le conduira rapidement auprès de son Maître glorifié à travers les souffrances du

martyre, comme elle vient de le conduire aux pieds de Jésus ressuscité à travers les flots.

Le v. 19 n’est pas contraire à l'interprétation que nous venons de donner du v. 18. Car l'expression «de quelle mort» ne Se rapporte point spécialement au supplice du crucifiement, mais au martyre en général, en opposition à une mort naturelle. Le terme «glorifier Dieu,» qui, dans la terminologie ecclésiastique postérieure, désigne directement le martyre, appartient encore ici à la langue vivante et a toute sa valeur originale. — L'auteur parle ici de la mort de Pierre comme d’un fait connu des lecteurs; ce récit est donc, dans tous les cas, rédigé postérieurement à cét événement (an 64).

V. 196-291. (Après avoir ainsi parlé, il lui dit: Suismoi. 20 Et Pierre, s'étant retourné, voit le disciple que Jésus aimait (celui qui’ s'était penché, dans le souper, sur le sein de Jésus, et avait dit”: Seigneur”, qui est celui qui te trahit?) qui les suit‘. 21 Pierre, l’ayant vu’, dit” à Jésus: Seigneur, et celui-ci, que deviendra-t-il?» — La liaison avec le v. 20 (œxohovtoüyta) ne permet pas de prendre cet ordre : (Suis-moi» (v. 19), autrement que dans le sens littéral. D’un autre côté, après la déclaration qui précède (v. 18), cet ordre a nécessairement un sens grave et solennel: «Suis-inoi sur cette voie de l'amour et de la fidélité qui doit te conduire au martyre.» Ces deux explications ne sont point opposées. Nous avons vu I, 37 que, lorsque Jean dit, en parlant des deux premiers disciples, quais suivirent Jésus,» cette expression doit être prise à la fois

. N omet œxohoufouytea oc.

. N: eye au lieu d'euxev. N CD ajoutent auto.

. N G omettent xupre.

. A BCD Itrkrique Vo, Cop. Or. ajoutent ouy après toutov. . N: ere au lieu de Àeyet.

Or À. © NN

“dans le sens littéral et dans le sens spirituel (t. 1, p. 815). Il en est de même ici. L'acte d’obéissance par lequel Pierre suivait en ce moment même Jésus qui l’appelait à un éntretien particulier, n’était-il pas le premier pas sur la voie dont le terme devait être pour lui le martyre? — On se demande quel pouvait être le but de cet entretien que Jésus voulait avoir avec Pierre. Était-ce peut-être, comme on l’a supposé, de lui indiquer le lieu où devaient se rassembler tous les croyants de Galilée et de lui donner des directions pour cétte grande réunion qui eut lieu après l'apparition ici racontée et que mentionne saint Paul 1 Cor. XV, 6? Ce serait là le premier acte de cette administration du troupeau que Jésus venait de lui rendre, sa réhabilitation de fait dans l’apostolat. — Le mot «s’éfant retourné» (v. 20) prouve la vérité du sens littéral donné au mot csuis-moiï.» Ce mouvement de Pierre provint de ce qu'il entendit derrière lui les pas de Jean qui le suivait. Mais comment celui-ci se permet-il de suivre Jésus et Pierre sans en avoir reçu l’ordre? Cette liberté que prend saint Jean est expliquée par lui-même dans la parenthèse du v. 20. Ces détails, qui font ressortir son intimité unique avec le Seigneur, expliquent la certitude ‘qu'il a que son Maître ne peut avoir rien de caché pour lui. Lui qui avait dans le dernier repas servi d’intermédiaire entre Jésus et Pierre, comment serait-il de trop entre eux dans ce moment-ci? Le xat, devant dvérecev, est précisément ajouté dans l'intention de faire ressortir cette idée. On a vu de l'envie dans la question de Pierre (Olshausen, Lücke); cette accusation est sans fondement. L’âme de Pierre est remplie de la perspective du martyre que Jésus vient de lui ouvrir. Quoi de plus naturel que de ce que, voyant son ami qui le suit, il demande : «(Maccompagnera-t-il aussi sur la voie du martyre comme il m’accompagne en ce moment à ta suite?»

V. 22 et 25. «Jésus lui dit: Si je veux qu’il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe? Toi, suis-moi!. 23 Le bruit se répandit donc parmi les frères que ce disciple ne mourrait point; mais Jésus ne lui avait pas dit? qu'il ne mourrait point, mais : Si je veux qu il demeure jusqu’à ce que je vienne, que timporte*?» — Tout en réprimant l'espèce d’indiscrétion qu’il pouvait y avoir dans cette question de Pierre, Jésus répond au sentiment d’intérêt affectueux qui l’a dictée. Le sens auquel on est naturellement conduit, à la suite de tout ce qui précède, c’est l'opposition entre la mort naturelle et le martyre, entre le départ de ce monde sans autre intervention que celle de Jésus venant appeler son ami, et la mort violente, par la main des hommes (Grotius, Olshausen). Ce sens de &o- Xoua serait assez voisin de celui dans lequel est pris ce même terme XIV, 3: «Je reviendrai, et je vous prendrai à moi.» Lorsque la venue spirituelle de Jésus dans une âme est consommée, et que l’œuvre divine y a atteint sa maturité, la mort est, pour elle, dans le plein sens du mot, la venue de Jésus. La main du Maître n’a plus qu’à toucher ce fruit pour le faire tomber et le recueillir. Cependant, dans ce sens, n’eût-il pas fallu le pron. «iré, comme Apoc. Il, 5. 16 (épyomat oo)? Wetstein, Luthardt, entendent, par la venue du Seigneur, la ruine de Jérusalem. D’autres, parmi lesquels Hengstenberg, ajoutent à cette idée celle de l’établissement du règne de Dieu dans le monde paien, et même encore celle de l'apparition apocalyptique. Mais l’antithèse avec le martyre de Pierre, qui est le point capital de tout ce passage, tombe dans cette explication. Meyer applique cette expression à la Parousie. C’est bien le sens le plus na-

1. RABCD Itplriqe Vo, Or. placent por devant axokouber. 2. R BG Or.: oux euxev de au lieu de xat oux etmev. 3. N 3 Mon. Its Chrys. omettent tt tpoc 6e.

turel des mots: «Jusqu'à ce que je vienne.» Car il est faux que l’idée d’un avénement extérieur du Seigneur soit étrangère à Jean (1 Jean Il, 18. 28; IE, 2). Mais si on explique cette expression de cette manière, 1l faut ou avoir le courage d’avouer que cette promesse a été démentie par le fait, ou avoir celui de soutenir qu'il s’est passé par rapport à l’apôtre Jean, à l'heure de ce que nous appelons la mort, quelque chose de mystérieux, un miracle analogue à celui qui fut fait pour Hénoc, dans l’époque patriarcale, et pour Élie, dans l’époque théocratique. Car il est impossible de se tirer de la difficulté, comme le fait Meyer, au moyen du si... La parole du Seigneur ne serait plus, dans ce cas, qu’une espèce de jeu indigne de lui et de la gravité de cette scène. Il ne faut pas non plus oublier que si l’on voit dans les mots: «Tu le ceignais toi-même... ,» une allusion à la promptitude avec laquelle Pierre s'était habillé et jeté à l’eau pour joindre Jésus, et, par là même, à l'initiative pleine d'énergie qui devait signaler son apostolat et le conduire au martyre, il est impossible de ne pas découvrir dans cette idée de «demeurer,» appliquée à Jean, une allusion correspondante à la manière dont il était tout à l'heure resté dans la barque avec les disciples, remorquant paisiblement avec eux tous le filet rempli de poisson jusqu’au rivage où l’attendait Jésus, allusion qui n’a de valeur que si elle en renferme une autre au rôle calme et recueilli de Jean dans toute l’histoire de la fondation de l’Église. Cette grande pêche de l'Évangile dans le monde païen, au commencement de laquelle a présidé Pierre, Jean y a assisté jusqu’à la fin du premier siècle, type de toute l’histoire de l’Église; et — ici commence le mystère — peut-être y est-il associé, d’une manière incompréhensible, jusqu’à la fin de l’économie présente, jusqu'à ce que la barque aborde au rivage de l'éternité. —

Dans le mot «je veux,» s'exprime, avec une majesté toute Il. 44

divine, le sentiment qu’a Jésus de sa puissance illimitée sur la vie et sur la mort des siens (Bengel). — ZX5, foi, que Jésus ajoute en répétant à Pierre l’ordre de le suivre, est opposé à moi, contenu dans «je veux» : «Laisse-moi régner; toi, ne pense qu'à obéir fidèlement.» — Moi va bien ici avant le verbe, ainsi que le placent les ARIANE «Moi à qui seul tu dois den der.»

Strauss (Das Leben Jesu , 1864, p. 611) nie naturellement l’authenticité de cette parole de Jésus. Elle aurait été inventée en Asie- Mineure dans le but de faire pencher la balance du côté de Jean au

moyen de la circonstance même d'où l’on pouvait conclure son infé- riorité par rapport à Pierre: celle qu'il n'avait pas, comme lui, subit le martyre. Cette lévende aurait en même temps été occasionnée par l’âge avancé que Jean avait notoirement atteint. Mais, ou Jean vivait encore, quand l’invention a eu lieu, et personne ne pouvait savoir s’il n'aurait pas encore l'honneur du martyre; ou si la légende se forma postérieurement à sa mort , il n’est plus possible que l’âge avancé de Jean en soit devenu l’occasion. Les deux éléments d’explication employés par Strauss se contredisent. Il n’y a pas, dans l’évangile, de parole plus nécessairement authentique que celle-ci. Comment l’Église eût-elle mis dans la bouche de Jésus une parole dont elle-même ne pouvait plus indiquer clairement le sens ?

L'auteur ne donne pas lui-même l'interprétation de la parole de Jésus; 1l se borne à constater que l’explication qui circulait dans l'Église ne ressort pas nécessairement du texte littéral de cette parole. Quel est son but? Veut-il, comme on l’a pensé, écarter le scandale produit chez les chrétiens par la mort de Jean? Dans ce cas-là, 1l n'aurait pas dû se borner à reproduire textuellement la prophétie de Jésus; il devait indiquer le sens qu’il convenait d’y attacher. Le v. 25 ne s'explique naturellement que dans la supposition qu’au moment de sa rédaction l’apôtre vivait encore et qu'il est lui-même, directement ou indirectement, l’auteur de cette

rectification. Connaissant bien le bruit qui courait, il ne voulut pas laisser s’accréditer une opinion que sa mort pouvait à chaque instant démentir; et, sans oser se permettre d'indiquer le sens, obscur pour lui-même, de cette déclaration mystérieuse, il en reproduisit exactement les termes afin de mettre à couvert la véracité de son Maître.

Il est donc impossible de découvrir dans le récit v. 1-93 un fait positif propre à faire douter de la composition de ce morceau par l’auteur même de l’évangile. La place qu’occupent les fils de Zébédée au v. 2, le caractère inimitable de l'entretien de Jésus avec saint Pierre, le contenu du v. 93 enfin, conduisent directement à la supposition que l’auteur de cet appendice est le même que celui de l’évangile. Ce récit composé à part, soit avant soit après l’évangile, devait avoir sa valeur en lui-même et former un tout. Il ne peut donc être un composé de pièces rapportées, de faits sans corrélation mutuelle. Il résulte de là que le sens symbolique que nous avons trouvé dans le premier morceau, v. 1-13, et auquel correspond si parfaitement le sens du second morceau (v. 19-25), est bien la pensée de l’auteur, celle qui avait présidé à la rédaction de ce fragment. Bien loin de rentrer dans l'organisme de l’évangile, ce morceau a son unité et son but en lui-même. Il a été composé afin d’initier l’Église au commerce intime de Jésus ressuscité avec les siens et particulièrement pour lui faire connaître la manière dont Jésus avait annoncé d'avance le sort des deux principaux d’entre les Douze. La composition d’un tel récit au milieu du second siècle, n’aurait, comme l’observe Brückner, absolument aucun sens.

V. 24 et 25. «C'est ce disciple qui rend témoignage de ces choses et qui les a écrites’; et nous savons que son témoignage est véritable. 25 Il est encore beaucoup d’autres choses que” Jésus a faites; et si on les écrivait en détail, je ne pense pas que le monde même pût contenir” les livres qu'on‘ en écrirait”.» — L’apostille v. 24 et 25 se rapporte non pas seulement au contenu du ch. XXT, mais à celui de l’évangile tout entier. C’est ce qui résulte avec évidence du v. 25 et de l'assertion même du v. 24 dont la solennité ne serait pas suffisamment motivée, s’il en était autrement. L'auteur de cette conclusion a imité celle qui se trouve à la fin du ch. XX et a voulu clore, par cette déclaration finale, et l'évangile en général et cet appendice en particulier. Qui est cet auteur? Ce ne peut être celui de l'évangile; car jamais 1l ne parle de lui-même au pluriel, comme on le fait quelquefois en grec. Sans doute, Weitzel a cherché à expliquer le «nous savons» dans le même sens que le «nous avons contemplé» I, 14. Ce nous désignerait selon lui, ici comme là, tout le collége apostolique, représenté par Jean. Mais on sent aisément la différence entre ces deux passages et combien une telle explication est ici forcée. De plus, lévangéliste ne parle jamais de lui-même à la première personne, comme le fait l'auteur de ces deux

1. BD Cop. ajoutent o devant yoabac. 6 Mnn. le placent devant xa vpadus.

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