M. Nicolas, Revue germanique, avril 1863, p
dans le fait que quelques-uns des témoins immédiats du ministère de Jésus, présents à Éphèse, en livrant son écrit à la publicité, déclarent ce récit des faits parfaitement conforme au souvenir qu'ils en ont eux-mêmes ? Cela était d'autant plus naturel que ce récit différait, sur un certain nombre de points essentiels, d’autres narrations déjà accréditées dans l'Église. Mais on a puisé un motif de doute dans le fait même que l’auteur, avant de publier son écrit, se fait délivrer par d’autres ce certificat d'authenticité. Gette objection tombe, si l'auteur n'a travaillé qu'à l’instigation de certaines personnes et s’est déchargé sur elles du soin de la publication. Ge sont ces éditeurs qui remplissent un devoir envers l’auteur et envers l'Église en déclarant l’origine de l'écrit. Et ils s’acquittent de cette tâche avec la plus grande délicatesse. L'auteur ne s'étant point nommé luimême dans tout le cours de son ouvrage, les éditeurs respectent l’anonyme qu'il lui à plu de garder et le désignent en rappelant simplement la périphrase de son nom qu'il avait employée lui-même : le disciple que Jésus aimait. Leller et Strauss objectent contre la valeur de ce témoignage que, s'il provient de l’évangéliste, il ne prouve rien, et que, s’il est de la main d’un autre, il est suspect comme émanant d’un interpolateur. Notre manière de voir échappe à ce dilemme. Un éditeur à qui l’auteur a confié son ouvrage et qui le publie à une position qui n’est ni celle de l’auteur, ni celle d’un interpolateur. Nous dirons au contraire : si l’auteur ou l'éditeur était un faussaire, le premier ne se ferait pas délivrer un certificat simplement anonyme qui serait insuffisant pour appuyer sa fraude, et le second n'eût certainement pas manqué de désigner plus expressément l’auteur par son nom.
Get évangile est la vérité, mais non pas toute la vérité. Tel est le lien entre le v. 24 et le v. 25. «Et si l’on écrivait
encore vingt livres pareils, et si l’on en écrivait mille, ils n’épuiseraient pas le sujet. Divin de sa nature , l’objet de l’histoire évangélique est plus grand que le monde et que toutes les narrations que le monde pourrait contenir.» L’écrivain exprime, par une image matérielle, le vif sentiment qu'il a de la richesse infinie de cette histoire. — Le sujet de je pense ne peut guère être qu’un témoin oculaire des faits racontés dans l’évangile. Car il serait puéril, de la part d’un homme qui ne connaîtrait la vie de Jésus que par ouidire, de certifier de la sorte l'insuffisance des récits évangéliques comparés à leur objet. Gelui qui a vu peut seul dire à Ceux qui n’ont pas Vu : Si Vrai que soit Ce que vous venez de lire, ce n’est pourtant rien encore, en comparaison de ce qu'a été le fait lui-même.
Comment ne pas se rappeler ici la tradition consignée dans le Fragment de Muratori (t. [, p. 87 et suiv.), qui, d’un côté, concorde si bien avec le sens de nos deux versets bien compris, et qui, de l’autre, renferme des Imdications trop précises pour qu’elles aient pu être tirées par la légende du texte de nos versets ? Il résulterait de cette concordance que, dans ce nous, sujet de otdapev, il faut comprendre, avec les anciens de l’église d'Éphêse, l’apôtre André, auquel on peut joimdre encore l’apôtre ou le diacre Philippe. Nous pouvons ajouter, d’après Papias, les disciples du Seigneur Aristion et Jean le presbytre. Irénée parle aussi de plusieurs apôtres présents avec Jean en Asie-Mineure. Il dit, en parlant de Polycarpe, qu'«Anicet ne put le persuader d'abandonner le rit pascal qu'il avait toujours observé avec Jean le disciple de notre Seigneur et les autres apôtres avec lesquels 1l avait vécu (ai Tüy hotroy drootéhov ofe auvdtéteupey)‘. » Quant au sujet d’ouar, je pense,