Ae est omis par KB L a Syr. Or
2. K lit Toxos (beaucoup de place) au lieu de xoptos. 3. N lit tTproyuhrot (érois maille). |
V. 11. «Puis Jésus prit les pains, et ayant rendu grâces, il.en fit: la distribution” à ceux qui étaient assis; et de même des poissons, autant, qu'ils en, voulurent. » — Cest ici le moment solennel. Jésus prend au milieu de cette foule la position du père de famille, non pas seulement sans doute comme. au moment d’un repas ordinaire, mais comme au commencement du repas de la Pâque. Il rend grâces, comme le faisait à ce moment-là le père entouré des siens, pour les biénfaits de Dieu dans la nature et dans l'alliance. Ge moment paraît avoir particulièrement frappé les spectateurs. Ili est: relevé presque. uniformément: dans les-quatre récits; les troupes et les disciples eux-mêmes paraissent avoir eu l'impression que c'était l’action de grâces de: Jésus qui avait opéré le miracle. Comp. v. 28: Après l’action de grâces, Jésus distribue les mets, comme le. faisait aussi le père-dans le repas pascal. — Nous avons retranché du- texte les mots vois... maëmnrat. Il serait possible sans doute, que les alexandrins les eussent omis par la confusion: des deux vois. Il est plus probable. qu’ils sont: une interpolation tirée de Matthieu.
V. 12'et 13: «Puis, lorsqu'ils furent rassasiés, il dit à ses, disciples : Ramassez les morceaux qui sont restés, afin que rien ne-se perde. 13 Ils-les ramassèrent doncet remplirent douze corbeilles des morceaux, provenant des cinq pains d'orge, qui. étaient restés de trop à ceux qui avaient mangé.» — Dans les Synoptiques, ce: sont les disciples qui spontanément rassemblent les restes. Jean fait ressortir l’ordre positif de Jésus. C’est la, réponse triom-
1. Le T. R. lit avec 11 Mjj. (parmi lesquels N) ekafe de. À B D L: elu- Bev ouy.
2. Le T. R. ajoute après duedwxe : tot palnrac-ou. de mafntat, avec 12 Mjj. ia plupart des Mnn. Itsls, Ces mots sont retranchés dans N:A B L quelques Mnn. Itrlerige Vo, Syr. Cop. Or.
phante du Seigneur aux méticuleux calculs de Philippe et d'André. On comprend d’ailleurs la relation étroite qui existe dans le sentiment de Jésus entre cette parole : « Afin que rien ne se perde,» et l’action de grâces qui avait produit cette abondance. On ne vilipénde pas un bien amsi obtenu. La critique a demandé d’où venaient les douze corbeïlles. S1 c'étaient de simples paniers de voyage, les apôtres pouvaient avoir chacun le sien. Mais il est probable qu’elles avaient une contenance plus considérable et qu’on les emprunta dans les hameaux voisins. — L’épithète tüv xpubtvoy, d'orge, est destinée à constater l'identité de ces restes avec la source première, les cinq pains du‘petit garçon.
Non-seulement ce miracle de la multiplication des pains se retrouve: dans les quatre évangiles, mais plusieurs détails caractéristiques sont communs aux quatre récits : les foules poursuivant Jésus dans ‘un lieu désert, les cinq pains et les deux poissons, les cinq -mille hommes et les douze corbeilles. Outre cela, quelques traits sont communs à trois ou à deux évangiles, particulièrement à Marc ét à Jean (le frais gazon, les deux cents deniers). On sent qu’au fond des quatre récits se trouve un fait dont les traits principaux s'étaient empreints dans le souvenir de tous les témoins d’une manière ineffaçable, mais dont les détails n’avaient point été également bien observés ét retenus-par tous. Le récit de Jean est celui qui nous fait pénétrer le plus ‘profondément -dans le sentiment de Jésus et dans esprit du miracle, et qui renferme les traits les mieux accusés.
Selon Paulus, il ne faudrait voir rien de miraculeux dans cette scène. Jésus et les disciples tirèrent leurs provisions, en firent généreusement part à leurs voisins, qui les imitèrent; et, chacun donnant ce qu'il avait, tout le monde eut assez. M. Renan parait adopter cétte explication du fait, sinon du texte : « Jésus se retira au désert. Beaucoup de monde l’y suivit. Grâce à une extrême frugalité, la troupe sainte y vécut; on crut naturellement voir en cela un miracle. » Ce que M. Renan n’explique pas, c’est qu’un fait aussi simple ait pu exalter les troupes au point que le soir
même elles aient tenté de s'emparer de Jésus, afin de le proclamer roi (v. 14 et 15). Olshausen admet une accélération du procédé naturel qui multiplie le grain de blé dans le sein de la terre; til fournit ainsi matière au persiflage de Strauss, qui demande si la loi de reproduction naturelle s'applique aussi aux poissons rôtis? Lange se figure que ce n’est pas la matière même des aliments, mais la vertu nutritive des molécules, qui a été multipliée. — Ou nous nous plaçons par la foi dans le milieu surnaturel, créé ici-bas par la présence de Jésus, ou nous nous tenons en dehors de cette sphère supérieure. Dans ce second cas, le seul parti à prendre est d’expliquer ce récit comme produit mythique. Mais quelles difficultés ne rencontre pas cette hypothèse, dans le caractère parfaitement simple, prosaïque, des quatre narrations, dans la foule de petits détails historiques dans lesquels elles se rencontrent, enfin dans l’authenticité des écrits et même d’un seul des écrits qui contiennent ce récit ? Dans le premier cas, au contraire, nous n’avons pas de peine à comprendre que Jésus, ayant discerné la volonté de son Père, ait donné au peuple, si empressé à le suivre, une fête qui figurait, comme la Pâque elle-même, ce qu’il allait bientôt faire spirituellement pour le monde, et qui préludait à ce qu’il opérera un jour en iransformant la nature et en glorifiant la matière par la puissance de l'Esprit.