Stud. u. Krit
lui venait pas à la pensée qu'ils pussent être plus étrangers à d’autres qu’à lui. »
Remarquons encore cette foule de notices courtes et précises dont est parsemée, d’un bout à l’autre, la narration du quatrième évangile , détails sans intérêt pour tout autre que celui qui y rattachait ses plus précieux souvenirs personnels. «Depuis la mort de Jacques, son frère, dit M. Renan, Jean restait seul héritier des souvenirs intimes dont ces deux apôtres étaient dépositaires. De là le plaisir qu'il prend à raconter des circonstances que lui seul pouvait connaître; de là tant de petits traits de précision, qui semblent comme des scolies d’un annotateur : Gil était six heures; » Qil était nuit;> «cet hômme s'appelait Malchus ; » «ils avaient allumé un réchaud, car il faisait froid;» «cette tunique était sans couture » …. autant de traits qui se comprennent parfaitement, si l’on y voit, conformément à la tradition, des souvenirs de vieillard d’une prodigieuse fraicheur...» Aux traits rappelés par M. Renan on pourrait en ajouter un grand nombre : Qils restèrent avec lui ce jour-là; c'était la dixième heure» (1, 40); «c'était l'hiver» (X,122)itete.
Mais ce qui signale surtout l’auteur comme un témoin immédiat des faits racontés, c’est la supériorité incontestable de son récit là où il diffère de celui des Synoptiques et, en général, chaque fois que nous pouvons le comparer avec le leur. Nous avons reconnu que, dans la grande question du jour de la mort de Christ, les Synoptiques euxmêmes rendent hommage, comme malgré eux, à sa fidélité. Il en est de même quant à la question des nombreux séjours à Jérusalem antérieurs à celui de la Passion. On a remarqué, dès longtemps, la confirmation que trouve la narration