Theol. Jahrb., 1844, t. LT, p. 685. 2 010, Dv OU
Mineure‘,» et travailla de manière à ce que son écrit ne fût autre chose qu'«une Apocalypse spiritualisée?.» Le savant de Tubingue trouve ce procédé innocent; il paie même un tribut de louange à l’abnégation chrétienne de l’auteur, qui, au rebours de tant d’autres qui s’approprient l’œuvre d'autrui, cache au contraire son nom sous celui de Jean et se fait oublier de la postérité. À toute rigueur, nous accepterions cette justification, et même cette louange, si, comme le prétend Baur dans certains passages, l’auteur se sentait réellement un d'esprit et de pensée avec l’apôtre. Mais Baur établit, au contraire, le contraste le plus tranché entre le spiritualisme élevé du pseudo-Jean et le judéo-christianisme grossier de l’apôtre. Il en trouve la preuve dans l’Apocalypse, qui est, de tous points, le contrepied de l’évangile. Comment peut-il soutenir en même temps que la fraude se justifie, qu'il n’y a même pas de fraude, en raison de la parenté spirituelle de l’auteur avec son patron? L’imposture est positive, calculée, raffinée; et l’on voit, par cet exemple, ce que sont les saints évangélistes de l’école critique. On cite des exemples de fraude pieuse, tels que l'écrit de ce presbytre d'Asie-Mineure qui avait composé, pour lédification de l'Église, le roman historique des Actes de Paul et de Thécla. Mais quelle différence entre cette histoire fictive, relative à l’un des apôtres, et un roman spéculatif qui aurait pour objet le Seigneur lui-même et qui se donnerait pour le document authentique de son ministère dû à la plume de son plus intime ami!
2. L’auteur composant une histoire à sa guise, au moyen de quelques emprunts faits aux évangiles synoptiques, l’exégèse est obligée d'expliquer l'intention réfléchie de chaque