Ibid., p
Pierre, Philippe, Thomas, Jacques, Matthieu’. Papias appelle évidemment tosoBireoot tous les représentants de la génération qui avait vu le Seigneur ou, comme il les désigne lui-même, les disciples du Seigneur. Si M. Nicolas eût jamais lu dans l'original le passage qui sert de fondement à son hypothèse, eût-1l avancé une assertion aussi erronée? Mais, quand ce passage et tant d’autres semblables n’existeraient pas, 1l est facile de voir, en lisant 2 et 3 Jean, que l’auteur est autre chose que le président d’une communauté chrétienne. [l écrit à des membres d’églises éloignées du lieu où 1l habite; il leur annonce une prochaine visite pastorale, dans laquelle 1l consommera des actes de discipline ecclésiastique. Cette position ne répond nullement à celle d’un presbytre dans le sens que M. Nicolas voudrait donner à ce mot; mais elle s'accorde parfaitement avec le sens dans lequel Papias applique ce terme à saint Jean et avec le rôle que les plus anciennes traditions attribuent à cet apôtre dans le sein des églises d’Asie-Mineure*. Le titre de © nçecButepos (sans adjonction de nom propre), dans les deux petites épitres, désigne donc l’auteur comme le représentant le plus vénéré de ceux qui avaient vu le Seigneur. Et ainsi s'explique parfaitement l’article 6 qui n’aurait pas de sens dans l'interprétation de M. Nicolas. On voit ce que vaut la base exégétique de l'hypothèse.
2. Sous un autre rapport encore, M. Nicolas ne paraît point avoir pris une connaissance suflisante du passage sur
1. Toùc Toy rpeofBurépuv avéxprvo Xdyous : ré” Aydpéacn té Ilétooc etrev n té Péunnoc n té Ouuäs n° IdxwfBos n té Lwdvyme n Maratoc n tie Êtepos Ty tToù xupiou Mafntov. (Eusèbe, H. E. IL, XL, 4.)
2. « De retour à Éphèse, il visitait les contrées environnantes pour établir les évêques et constituer les églises. Un jour, dans une ville voisine d'Éphèse, après avoir exhorté les frères, et réglé les affaires...» Clément d'Alexandrie, tie 6 owËdu. mdoustos, c. 42, Voir t. [, p. 72.
lequel il construit son système. Il fait du presbytre Jean un chrétien d’origine païenne, quoique sorti, ajoute-t-il, du milieu des Juifs hellénistes. Il explique par là la teinte métaphysique qui le frappe dans notre évangile et les erreurs de
fait qu’à l'exemple de la critique allemande 1l trouve dans cet écrit: «Un Juif, dit-il, aurait été mieux informé'.» — Si M. Nicolas était lui-même mieux informé, il saurait que Papias range le presbytre Jean, avec tous les apôtres qu’il a précédemment nommés, au nombre des disciples immédiats du Seigneur : «Ce que disent Aristion et le presbytre Jean, disciples du Seigneur.» Cest précisément en cette qualité qu'il recherchait son témoignage oral, aussi bien que celui des apôtres, parce que, dit-1l, il attendait plus de profit «de ce témoignage vivant et encore subsistant”*» que des livres; d’où il résulte que, si le presbytre Jean a réellement existé, il avait, aussi bien que l’apôtre, vécu en Palestine, vu et entendu le Seigneur, et que, par conséquent, toutes les objections que M. Nicolas élève contre l'opinion traditionnelle, frappent du même coup son hypothèse. Pourquoi l'ignorance des faits et la tendance métaphysique seraient-elles plus explicables chez l’un de ces deux témoims du ministère de Jésus que chez l’autre?
3. M. Nicolas croit pouvoir , au moyen de son hypothèse, échapper à la nécessité d’imputer une fraude pieuse à l’auteur de notre évangile. «Il n’est pas nécessaire, dit-il, de recourir à une fraude pieuse, qui se justifierait ici d'autant moins qu'un livre composé dans le dessein de soutenir une doctrine aurait été infiniment plus explicite”. » Mais M. Nicolas ignore-t-il donc que l’auteur se donne positivement comme témoin oculaire I, 14? Ou prendrait - il le mot: