‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean ... . Tome secondChapitre 259 sur 278 · Revue de théol., t. I, p · texte numérisé non relu

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alors les partis en Asie-Mineure. Des pièces apocryphes n'ont pris naissance, dans des écoles religieuses ou philosophiques, que dans des moments où ces écoles ne soulevaient pas d'opposition, où elles n’attiraient pas même encore sur elles l'attention publique”. » Cette déclaration prouve la bonne foi de M. Nicolas, mais en même temps excessive légèreté de ses assertions. Si, d'un côté, la fraude pieuse est impossible au moment et dans les lieux où l’évangile et les épîtres de Jean ont paru, si, de l’autre, la fraude pieuse est, comme cela saute aux yeux, un élément inévitable de l'hypothèse de M. Nicolas, que devient cette hypothèse ?

4. Nous pouvons, par les écrits de Clément Romain, d'Ignace, de Polycarpe, et ce que nous connaissons de Papias dans Eusèbe, nous faire une idée assez exacte de ce qu'étaient les Pères apostoliques, les premiers presbytres. Ceux dont nous venons de rappeler les noms étaient certamement les plus marquants d’entre eux. Mais quelle distance ne les sépare pas de l’auteur de l’évangile et de la première épître attribués à saint Jean ? Et si c'était réellement l’un d'eux qui eût composé ces livres, n’eût-il pas brillé, au milieu de ses contemporains, comme une étoile de première grandeur, et sa personne et son nom seraientils tellement restés dans l'ombre qu'on ne les retrouve qu'avec peine dans un passage dont le sens est même contesté ?

L'hypothèse de M. Nicolas appartient au nombre de celles qui ne se recommandent qu’à ceux qui n’ont jamais étudié à fond et de leurs propres yeux l'ouvrage auquel elles se rapportent, ou qui, dès longtemps, ne le contemplent plus que de loin et à travers des caractéristiques inexactes, par-

l. Livraison de juin, p. 47.

tiales , où certains traits sont exagérés, d’autres arbitrairement supprimés. Mais de telles hypothèses s’évanouissent sans réfutation aux yeux de celui qui se replace directement en face du livre lui-même et qui en étudie sévèrement les textes. Alors les traits de détail qui, soit dans la narration , soit dans le style, révèlent le témoin immédiat, ces € souvenirs d’une prodigieuse fraîcheur, » comme dit M. Renan, se présentent avec une telle abondance qu’une hypothèse comme celle que nous examinons, si même elle vous avait un instant ébloui, vous apparaît bientôt comme l'impossibilité même.

Nous en dirons autant de diverses hypothèses qui se rapprochent de celle de M. Nicolas : celle de Weisse, par exemple, qui voit dans les discours conservés dans notre évangile des compositions dues à la plume de Jean et dans l’histoire un cadre adapté plus ou moins adroitement à ces compositions johanniques par un disciple de l’apôtre ;. ou celle de Schweizer, qui, sentant bien que les discours sont liés au récit d’une manière organique et inséparable, trace la ligne de démarcation, non entre les faits et Les discours, mais entre certains faits miraculeux, dont le récit appartiendrait à Jean, et certains autres, d’une nature plus magique, qui seraient de la main d’un interpolateur. Baur et Strauss! ont montré de la manière la plus impitoyable l'arbitraire sans bornes qui domine une telle critique; et nous avons reconnu nous-mêmes, dans le cours de l’exégèse , combien les procédés de Schweizer sont incompatibles avec les faits (t. I, p. 361, 364-365, 517-518, et t. IT, p. 96). À l'inverse de Weisse, M. Renan attribue les narrations à l’'apôtre, mais ne parle qu'avec une sorte de

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