‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean ... . Tome secondChapitre 264 sur 278 · Revue de théol., t. XII, p · texte numérisé non relu

Revue de théol., t. XII, p

s’exprimait autrefois dans le même sens : «Il faut que l’auteur ait eu des raisons majeures pour s’écarter du récit des Synoptiques; il faut qu'il ait été mieux renseigné qu'eux; et en effet, 1l l’est mieux... À le prendre de près, son récit est constamment le plus exact. » Les trois seules exceptions qu'il signale, la préoccupation de Jean touchant Judas, la rapidité avec laquelle 1l passe au récit de la multiplication des pains, la manière dont il cite la parole de Jésus Il, 19, n’en sont pas réellement et, en tous cas, seraient de peu d'importance dans la question d'authenticité. Le résultat demeure : au point de vue de l’histoire, chaque différence entre le quatrième évangile et les trois autres sert à constater la supériorité du premier. Sous ce rapport, le contraste fournit donc une preuve décisive en faveur de lauthenticité de cet écrit.

Quant au côté religieux du contraste, il est remarquable que la conscience de l’Église n’en ait jamais été offusquée, et que ce soient uniquement des savants qui le déclarent insoluble. Ce fait prouve en tout cas que, pour le cœur croyant et pieux, le Jésus des Synoptiques n’a jamais été et ne sera jamais autre chose que celui de Jean. La différence n'attemt donc point les profondeurs de la vie religieuse et morale. Et en effet, la position que prend Jésus relativement au cœur de l’homme n'est-elle pas exactement la même dans les quatre documents? L'amour absolu qu'il réclame, la confiance aveugle à laquelle il invite dans tous les quatre, ne sont-ce pas là des sentiments qui, surtout au point de vue du monothéisme juif, ne peuvent être accordés qu’à Dieu? Ge n’est pas seulement comme lui, c’est en lui qu'il nous invite à croire, dans les Synoptiques aussi bien que dans saint Jean. On dit que les Synoptiques ne

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