Einleitung in das N. T., à 93, p
tion; et celui à qui cette preuve morale ne suffit pas, doit trouver une confirmation des assertions de l’évangéliste dans la supériorité incontestable de son récit comparé à ceux de ses devanciers et dans la manière dont ceux-ci, en quelque sorte sans le savoir, ni le vouloir , rendent témoignage à la vérité de celui de notre évangile. Le fait, insignifiant en apparence, que l’auteur désigne le Précurseur simplement par le nom de Jean, indique qu'il l'avait personnellement connu avant qu’il eût pris place dans l’histoire avec son titre de Baptiste.
3. La dignité apostolique de l’auteur ressort de l'autorité calme et souveraine avec laquelle il juge, critique, contrôle , complète la tradition évangélique et les écrits antérieurs qui la renferment. L'auteur raconte comme un homme qui, sur son simple témoignage personnel, est assuré d’être cru. Quel autre qu'un apôtre eût osé prendre une pareille position vis-à-vis de la tradition reçue ? Quel autre, en agissant de la sorte, eût obtenu universellement créance, comme nous avons vu que cela eut lieu dans les points mêmes où le quatrième évangile paraissait différer le plus des Synoptiques ?
4. Get apôtre est l’un des deux fils de Zébédée. Car ce sont les seuls d’entre les apôtres les plus rapprochés du Seigneur que l’auteur ne désigne point nommément dans son écrit; et, lorsque une fois ils sont mentionnés, ils se trouvent placés, contrairement au rang constant qu'ils occupent dans les autres évangiles et dans les Actes, après tous les autres apôtres (XXI, 2). Entre ces deux frères le choix, d’après l’évangile même, n’est pas douteux. L'auteur, en affirmant sa présence personnelle auprès de la croix (XIX, 35), se désigne lui-même comme étant le disciple à qui Jésus venait de parler, ainsi qu’à sa mère, du haut de la croix, ainsi comme le disciple que Jésus aimait (XIX,
26). Les éditeurs confirment positivement cette donnée qui ressort du récit de l’auteur (XXI, 24). Cette identité se trahit, sans la moindre apparence de calcul, dans la parole XX, 8 qui, comme nous l'avons vu, doit appartenir à l’autobiographie de l’auteur et se rapporte en même temps au disciple que Jésus aimait. Et ne peut-on pas dire que l’évangile tout entier, par le sentiment qui l'inspire, et qui ne peut mieux s'exprimer que par cette parole de Zinzendorf: «J'ai une passion, et cette passion, c’est lui, lui seul,» témoigne de son origine et prouve qu’il émane du cœur du plus mtime ami de Jésus? Or, ce disciple, qui fut lami personnel du Seigneur, c'était Jean; nous l’avons prouvé t. Il, p. 445 - 446. L'église d’Asie-Mineure tout entière l’affirmait, en donnant à Jean le titre d’émiorntroc (celui dont la place est dans le sem du Maître). Enfin, comme l’a fat observer Credner, on pourrait déjà deviner le nom que portait l’auteur en partant du fait que nous venons de rappeler : que le Précurseur est désigné uniquement par le nom de Jean, comme si l’auteur eût craint, en ajoutant une épithète à son nom, d'attirer l'attention sur un autre personnage de ce nom, sur lui-même.
Est-il admissible qu'une telle série d'indices soit due à un système de supercherie raffinée adopté par l’auteur ? «L’auteur, dit Baur, ne se désigne pas immédiatement comme l’apôtre Jean; mais il ne peut avoir été contre son intention qu’on envisageât son livre comme celui de cet apôtre, dans un sens plus ou moins général'.» Chacun sait que les faussaires ne s’y prenaient pas de la sorte. Ils affichaient hautement leur prétention. Comment d’ailleurs une imposture si subtilement tramée et exécutée serait - elle compatible avec l'esprit de sainteté qui respire dans le livre entier