‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean ... . Tome secondChapitre 37 sur 278 · N D Itlis omettent séw · texte numérisé non relu

N D Itlis omettent séw

je suis descendu du ciel’ pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.» — Par ces mots : « Tout ce que le Père me donne, » Jésus oppose énergiquement les croyants de tous les temps à ces hommes auxquels il vient de dire : Vous ne croyez pas! Le neutre may ©, tout ce que, indique une totalité déterminée à laquelle l’incrédulité humaine ne saurait faire brèche, une totalité qui apparaîtra complète au terme de l’œuvre. L’étendue de ce x&v, tout, est subordonnée à une action du Père que Jésus désigne ici par le terme de donner, mot qui ne, se rapporte point à un décret éternel d'élection — 1l faudrait le parfait — mais à un acte que Dieu opère dans l’intérieur du croyant, au moment où se décide sa foi. Ce don est appelé au v. 44 un attrait et au v. 45 un enseignement. Par ces trois expressions, à peu près synonymes, Jésus oppose à l'attrait charnel, aux grossières aspirations messianiques qui avaient attiré ce matin même ces foules à lui (v. 26), les besoins moraux, les aspirations spirituelles, que produit dans les âmes dociles l’action préparatoire du Père. — Il faut bien se garder de traduire le terme ñéet (arrivera) comme s'il y avait éhevoetou (s’acheminera, viendra). Jésus veut dire, non que tout ce que le Père lui donne viendra (ce qui serait une pure tautologie; car le don consiste dans la venue elle-même, la foi), mais arrivera, ne fera pas naufrage en route, parviendra infaillhiblement au port. Le port, ce sont, comme le dit la seconde partie du verset, les bras de Jésus. — L'expression Tôv Spyémevo mods pe, celui qui vient à moi, ne correspond donc point à 6er, arrivera, mais à : (Tout ce que le Pére me donne.» Être donné, c’est venir. Le don du Père s’accomplit et se révèle

1. AB LT quelques Mnn. lisent ao +. oup. T. R. avec 14 Mjj. (parmi esquels N): ex.

dans l’acte même de la foi. Le masc. to éoyôu. individualise, en vue de chaque cas particulier, la notion collective : tout ce que. — Les mots: «Je ne mettrai pas dehors, » répondent à ceux-ci: « Arrivera jusqu’à mot.» Cette heureuse arrivée se consomme dans l’accueil même de Jésus. Il y a parallélisme et non, comme on le croit communément, gradation entre les deux parties de ce verset.

Dans ces derniers mots surtout, Jésus paraît faire allusion à la manière sévère dont 1l avait recu cette foule si empressée à venir à lui. Il l'avait repoussée avec une sorte de dureté (v. 26 et 36). «Je n’en eusse point agi amsi avec vous, si J'eusse reconnu en vous les recommandés de mon Père; cdr jamais un cœur vraiment travaillé de besoins spirituels et venant à moi sous cette impulsion divine ne sera renvoyé par moi.» Cette parole rappelle celle des Synoptiques : « Venez à moi, vous lous qui êtes travaillés et chargés, et je vous soulagerai» (Matth. XI, 98).

L’attitude purement expectante que Jésus s’attribue ici à l'égard des croyants, est expliquée au v. 38 par le rôle de dépendance complète auquel il s’est assujetti vis-à-vis de Dieu, en venant ici-bas. Il à renoncé à accomplir une œuvre propre et s’est mis tout entier au service de la volonté du Père. C’est donc une chose certaine qu’il accueillera quiconque Ss’approche de lui marqué du sceau du Père, et que, s'il est obligé de repousser les enfants de son propre peuple au moment même où 1ls s'empressent autour de lui, ce n’est pas qu'il soit mauvais patriote, secrètement hostile aux Juifs (comp. V, 45 : «Ne pensez pas que ce soit moi qui vous accuserai auprès de mon Pêre»), mais parce qu'eux-mêmes ne viennent point à lui qualifiés comme ils le seraient, s'ils étaient vrais élèves de Moïse (V, 46) et du Père (VI, 45). — Le terme xartafBéfBnxx, je suis descendu, reproduit le £ xaraBaivoy, celui qui descend, du v. 83. —

Pour l'expression «ma volonté,» voir à V, 30. Pour peu que Jésus eût fait 1ci-bas une œuvre à lui, distincte de celle de Dieu, son accueil ou ses refus eussent été déterminés, au moins en partie, par des sympathies ou des répugnances particulières, qui n'auraient point complétement coïncidé avec le travail de Dieu dans les âmes. Nous retrouvons ici la conscience de sa docilité parfaite à l’œuvre divine, qui faisait le fond de tout le discours du ch. V.

V. 39. «(Or voici la volonté de celui qui m'a envoyé, c'est que je ne perde rien de tout ce qu'il ma donné, mais que je le” ressuscite au dernier jour °.» — Ce verset complète la démonstration de la vérité proclamée au v. 97 : aucun vrai croyant n’échouera en s’approchant de Jésus (v. 37); car Jésus n’a point de volonté à lui; il n’est là que pour faire celle du Père (v. 38). Or la volonté du Père est que nul croyant ne se perde, et il a revêtu Jésus des pouvoirs nécessaires pour sauver les siens même de la mort (v. 39). Il ne doit arriver à aucun d’entre eux ce qui arrive aux auditeurs de Jésus en ce moment même, d’être repoussés et de périr. — Le parf. dédwxe nous transporte au moment où le don est déjà consommé et où doit se réaliser le but pour lequel Dieu l’a opéré. Ge but est double : d’abord, préserver ces êtres précieux, ces dons du Pére, de ’arohetx, la perdition, par le pardon et par la communication de la vie spirituelle; puis, les retirer même de la mort et les reproduire vivants aux yeux du Père, au dernier jour. Cest précisément la double activité que Jésus s'était attribuée à l'égard de l’humanité croyante V, 21-29. N’é-

1. ABDLT 10 Mnn. Its Syr. omettent ratoos que T.R. lit avec 11 Mjj. Man. Itdis — N CG omettent les premiers mots jusqu’à tva (confusion des deux tou tembaytos me).

2. Les Mss. sont partagés entre auto (N À B Getc.) et autov (E G H etc.).

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