‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean ... . Tome secondChapitre 44 sur 278 · Au lieu de o Inoous, K lit o cwtnp · texte numérisé non relu

Au lieu de o Inoous, K lit o cwtnp

ponse à cette question: il a obéi au Père. «Je ne fais, dit-il lui-même, que ce que mon Père me montre.» «Si, dit Riggenbach (Leben des Herrn Jesu, p. 366), dans cette nuit de prière où se prépara l'élection des Douze (Luc VI, 19), les pensées du Seigneur Jésus se trouvaient toujours et tou- Jours ramenées sur cet homme , et que, tout en discernant fort bien son manque de droiture, il dût reconnaître en cela le signal du Père, qu'aurons-nous à dire ?» La chute même à laquelle cette relation devait aboutir, n’était-elle point l’unique moyen de briser l’orgueil colossal de cette nature ? Et le moment où Judas a reconnu son crime n’eûtil pas pu devenir encore pour lui celui du salut ? Comment voir clair dans cette nuit profonde ?

Après un moment de silence, que l’évangéliste a rempli par la remarque v. 64b, Jésus reprend. Les mots tx todo, c’est pour cela que, se rattachent aux paroles de Jésus v. 64.a. Le fait de l’incrédulité d’une partie de ses propres disciples est la confirmation la plus éclatante de ce qu'il avait déclaré aux Juifs, relativement à la nécessité de cette préparation intime sans laquelle, même dans la position la plus favorisée, la foi reste impossible. Cette parole était un adieu ; les disciples à qui elle s’appliquait, la comprirent.

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La crise de la foi, parmi les adhérents de Jésus en Galilée :

V. 66. «Dès ce moment, plusieurs de ses disciples se retirèrent d'avec lui et cessèrent de l'accompagner.) — Plusieurs fois, dans le récit que les Synoptiques nous ont laissé du ministère galiléen, particulièrement dans celui de saint Luc, Jésus se montre préoccupé de la nécessité d’opérer un triage parmi ces foules qui le suivaient sans com-

prendre le sérieux de cette démarche. Comp. Luc VIE, 9 et suiv.; IX, 23 et suiv.; XIV, 95 et suiv. Jésus préférait un petit noyau d'hommes affermis dans la foi et résolus aux renoncements qu'elle impose, à ces multitudes dont le lien avec sa personne n'était qu'apparent. On se rend compte, à ce point de vue, de la méthode suivie par lui dans la scène précédente. Les paroles par lesquelles il avait caractérisé la nature et Les priviléges de la foi, étaient propres à lui attacher à Jamais les croyants, comme aussi à rebuter tous ceux qui, dans ces foules, étaient mus par les instincts du messianisme charnel. Jésus avait vu la veille le danger dont la tendance juive menaçait son œuvre; il avait senti le besoin de purifier son Église naissante, le cercle permanent de ses disciples, d’un tel alliage. Le v. 66 nous montre ce but atteint, quant aux disciples qui n'appartenalent point. à lapostolat. — ’Ex vourov signifie sans doute: dés ce moment (de Wette), mais avec l’idée du contenu de ce moment (x, non and); ainsi: dès ce moment et en vertu de ce qui s’y était passé. Meyer, trop exclusivement: par cette raison. Comp. XIX, 12. — Les mots at%h0o eù ta riow, se relirérent en arrière, renferment plus que la simple désertion ; ils désignent le retour de ces gens à leurs occupations ordinaires, qu'ils avaient abandonnées pour suivre habituellement le Seigneur. L’imparf. reguera- Tovy fait allusion au genre de vie ambulant de Jésus à cette époque de son ministère galiléen. Comp. VIE, 1 et Luc VIE, 1: dtudeve xaTa TOY xal xa Ta HOpN».

Jésus, bien loin d'être affligé de ce triage qui s'opère parmi ses adhérents, voudrait même le voir s'étendre aux Douze ; car là aussi il discerne la présence d’éléments impurs. Ainsi s'explique la scène suivante.

V. 67-69. «Jésus dit donc aux Douze: Et vous, vous ne voulez point aussi vous en aller ? 68 Simon Pierre lui

répondit’: Seigneur, à qui irions-nous? Tu as des paroles de vie éternelle ; 69 et pour nous, nous avons cru et nous avons connu que tu es le Christ, le saint de Dieu?.» — A la vue de cette désertion (odv), Jésus s'adresse aux Douze. Mais qui sont ces Douze, dont Jean parle comme de personnages parfaitement connus des lecteurs ? Il n’a parlé jusqu'ici que de la vocation de cinq disciples, au ch. F; il a mentionné en outre l'existence d’un cercle indéterminé et assez nombreux de croyants. On touche au doigt, dans cet exemple, l'erreur de ceux qui prétendent que Jean ignore ou nie tacitement tous les faits qu'il ne raconte pas lui-même. Cette expression répétée v. 70-71: les Douze, suppose et confirme le récit Luc VI, 42 et suiv.; Marc HI, 13 et suiv., que Jean a omis. — La question de Jésus, commençant par un, attend une réponse négative. Aussi de Wette, Meyer, donnent-ils à cette parole une teinte tout à fait mélancolique : «Vous ne voulez pourtant pas aussi me quitter!» Cest là un exemple instructif des erreurs où peut conduire la pédanterie grammaticale. Bien loin d’avoir l'accent plaintif, cette question respire la plus virile énergie. Jésus, après avoir vu partir la plupart de ses anciens disciples, ouvre encore la porte aux Douze; mais comme il ne veut certes pas les engager à partir, et que c’est simplement une permission qu'il leur donne, il . ne peut employer la tournure ox duets Séhete, ne voulezvous pas, qui serait une invitation positive au départ. Il.se borne à dire : «Vous ne voulez pas?» avec cette pensée sous-entendue : «Si cependant vous le voulez, vous pouvez

1. Les byzantins et le T. R. ajoutent ouv contre les alexandrins Itrlerigue Syr. Cop.

2. Les byzantins et le T. R. lisent o gorotos o uros tou Oeou tou Éwvto contre X BCGDL et les anciennes Vss. qui lisent à peu près uniformément 0 aytos Tou Oeou.

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