‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean ... . Tome secondChapitre 50 sur 278 · N seul omet £yw et tept autou · texte numérisé non relu

N seul omet £yw et tept autou

4. BDKLTX 15 Mnn. Itrkriæe Cop. retranchent le premier taurnv que lit T. R. avec 12 Mjj. (parmi lesquels N) Man. {tir Syr.

5. T. R. lit our (pas encore) avec BEF GHLSTU VX I'A A Mnn. It2lis- Syrsk, On lit oux dans N DK M Itrlrique Vo, Cop. Syrex. |

frères (v. 6 b). Il doit donc désigner, dans un sens général, le moment de se montrer publiquement ce que lon

t: pour les frères, ce qu’ils sont comme Juifs fidèles, en montant à la fête comme pélerins; pour Jésus, ce qu'il est comme Messie, en y montant à la tête de la caravane en sa qualité de Roi d'Israël.

Le v. 7 explique le contraste affirmé au v. 6. La raison alléguée par Jésus renferme une douloureuse ironie: si mauvais que soit le monde, il ne saurait être bien redoutable pour eux; car leurs œuvres et leurs paroles ne tranchent pas assez avec les siennes pour qu'ils puissent mériter sa haine. Il en est autrement de Jésus, dont la parole dévoile la dépravation profonde cachée même sous les dehors de la justice pharisaïque (V, 42. 44. 47).

Le v. 8 tire enfin la conséquence pratique de ce contraste. Le sens de cette réponse est naturellement déterminé par celui de la demande. Jésus savait bien qu'il y aurait une fête où il accomplirait la grande démonstration messianique que réclamaient ses frères, mais que ce ne devait point être encore celle-ci. Son œuvre terrestre n’était pas encore achevée. D'ailleurs ce n’était point à la fête des Tabernacles, mais à celle de Pâques, qu’il devait mourir. De là l'accent particulier avec lequel 1l dit dans le second membre, et même dans les deux d’après la leçon byzantine : cette féle-ci. Dès qu'on place la réponse de Jésus dans ce jour qui est celui dans lequel l'invitation des frères bien comprise place tout ce morceau, on n'a plus besoin, pour la justifier, de la leçon oÙrw, pas encore, par laquelle de très-anciens correcteurs ont cherché à en faciliter l'explication. Cette leçon devient même absurde; car il est clair que Jésus ne voulait et ne pouvait pas dire à ce point de vue: «Je ne vais pas maintenant; mais J'irai dans deux ou trois jours.» L'antithèse qui remplit sa pensée est tout autre. La voici, telle

qu’elle résulte de la question de ses frères : «Ge n’est pas à cette fête-ci que je fais mon entrée messianique à Jérusalem ; c’est à une autre.» Le mot œvafBaivw, je monte, emprunte ce sens prégnant à la sollicitation qui lui est faite. Et ce qui prouve bien que nous ne prêtons point à Jésus une idée étrangère à sa pensée, c’est le moûf qu'il allègue : «Car mon temps n’est pas encore accompli.» L'expression «west pas encore accompli» est trop solennelle pour s’appliquer seulement à l'intervalle de quelques jours qui sépara cette réponse de l’apparition subite de Jésus à Jérusalem. Elle se rapporte évidemment à tout l’espace de temps qui devait s’écouler jusqu’au terme de sa vie terrestre; elle nmdique que le moment favorable pour sa mort n’est pas encore là, que le temps nécessaire pour faire son œuvre ici-bas n’est pas épuisé. Le sens de rerkñowto ressort du choix même de ce terme qui a quelque chose de solennel (Luc IX, 31. 951 ; Act. Il, 4, etc.). C'est ici une expression assez analogue à celle par laquelle Jésus repoussait à Cana une sollicitation de sa mère qui tendait au même but que celle de ses frères. — Les deux avaBatvery du v. 8 diffèrent donc exactement comme les deux xaps du v. 6. Le premier signifie: monter comme pêélerin; le second : monter en Roi-Messie ; chacun comme ce que l’on est. Il devient ainsi aisé de comprendre que si quelques jours après Jésus est néanmoins monté à Jérusalem, il ne l’a point fait dans le sens où 1l avait dit à ses frères que ce n’était pas pour lui le moment de le faire, pas plus qu’à Cana, en faisant le miracle, il ne l'a fait dans le sens dans lequel il avait déclaré à sa mère qu'il ne pouvait l'accomplr.

La conversion de ses frères, quelques mois après, prouve que les faits qui suivirent furent pour eux le commentaire plemement satisfaisant de cette réponse, et qu'il ne resta pas le moindre nuage dans leurs esprits sur la véracilé et

sur le caractère moral de leur frère. L’explication de Chrysostome, admise par Lücke, Olshausen, Tholuck, Ster : «Je ne monte pas maintenant» (en tirant un vov sous-entendu du prés. avafaive) est non-seulement inutile, mais fausse. Jésus ne fait pas ici la momdre allusion à son procham voyage à Jérusalem, qui peut-être n'était pas même encore décidé dans son esprit. Il n’est pas non plus nécessaire, comme on le voit, de recourir à l’mgénieux expédient déjà proposé par Cyrille : «Je ne monte pas à cette fête pour la célébrer comme féte.» On sait en effet que la célébration complète exigeait certains sacrifices de purification que les pèlerins offraient avant l’ouverture de la fête (XI, 59). Jésus, en disant : (Je ne monte pas à la féle,» laisserait donc subsister la possibilité de se rendre à dérusalem pendant la fête. Mais dans ce sens l’accent devrait être sur le mot éopcnv, la féte, et non sur le pronom Taÿrnv, cette fête-ci; et au v. 10 Jean eût dû dire : «ll monta à Jérusalem,» plutôt que : GI monta à La fêle.» L’interprétation que nous avons donnée, qui est celle que commande le contexte et qui rend le mieux compte de toutes les nuances de l'expression, suffit pour éloigner de Jésus, nonseulement l'accusation de fausseté, mais même celle d'inconstance que lui adressait Porphyre à cette occasion.

V. 9 et 10. «Leur ayant dit cela ?, il demeura en Galilée. 10 Mais lorsque ses frères furent montés, alors il monta aussi lui-même à la fête, non pas ouvertement, mais comme en cachette.» — Le v. 9 signifie qu'il laissa ses frères partir sans lui, et le v. 40 fait entendre qu’il envoyases disciples avec eux et que, quand il monta lui-même, ce fut ou entièrement seul ou avec un ou deux de ses plus intimes

1. K DK LT X quelques Mnn. Itrlerine Cop. lisent autos au lieu d'autots. 6 Mnn. Syr. l’omettent.

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