‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean ... . Tome secondChapitre 70 sur 278 · S BDKLTX Or. lisent towtoy au lieu de tpotepoy · texte numérisé non relu

S BDKLTX Or. lisent towtoy au lieu de tpotepoy

peut avoir été suscité! de la Galilée.» — Le rôle que joue Nicodème dans cette circonstance est la preuve du progrès qui s'est opéré chez lui depuis sa visite à Jésus. C'est ce que fait sentir l’apposition «qui était venu de nuit vers Jésus.» Le retranchement de ces mots par le Sinail. est probablement dû à une confusion d'adrovs et d’airér. — Nux- RE, retranché par les alexandrins, convient parfaitement au contexte et fait contraster avantageusement la hardiesse actuelle de Nicodème avec sa circonspection de jadis. — Le moûrtoy ou tootepoy qu'ajoutent les alexandrims est peutêtre emprunté à XIX, 39. Mais ce mot peut servir aussi à reher la conduite actuelle de Nicodème à sa démarehe précédente. — La seconde apposition, «qui était l’un d’entre eux,» rappelle malicieusement leur question au v. 48.

‘Q vépos, au v. 1, est en tête; c’est une allusion mordante à la prétention des chefs de connaître seuls la loi (v. 49). — Le sujet de axouan et de yv& est la loi personnifiée dans le juge.

On voit au v. 52 comment la passion envisage et juge linpartialité. Elle y découvre l'indice d’une secrète sympathie et en cela ne se trompe pas toujours. Le sanhédrin suppose méchamment dans sa réponse qu'on ne peut adhérer à Jésus, sans être Galiléen comme lui. — On entend ordinairement les derniers mots dans ce sens qu'aucun prophète n'a jamais élé suscilé en Galilée; on trouve dans cette assertion une contradiction avec le fait que plusieurs prophètes, Elie, Nahum, Osée, Jonas, étaient Galiléens ; et lon en conclut (Bretschneider, Baur) que les mterlocuteurs de Nicodème n’ont point pu prononcer ces mots et qu'ils leur ont été prêtés par l’évangéliste, ce qui fournirait un argument assez fort contre l’authenticité de l’évangile. La leçon

1. Au lieu d'eynyeptat, B D KTI A 30 Mnn. Itrkriwe Ve. Syr. (?) lisent

EVELOSTOL.

| PREMIER CYCLE. — CHAP. VII, 50- VIII, 11. 497 éyelostar ne change rien à la chose ; elle ne sert qu'à élever le fait à la hauteur d’une loi. Il faut dire plutôt: 1° Que 1e sens donné ordinairement à cette proposition, avec la leçon &ynysoTa, est entièrement faux; il exigerait impérieusement le pronom obdets avec rooprns et l’aor. myéoôm au lieu du parfait. Si la leçon éynysotat est la vraie, comme l’a reconnu Tischendorf, la proposition ne signifie pas qu'i ne s’est jamais élevé de prophète en Galilée, mais qu'il ne s’est point réellement élevé(en la personne de Jésus) un prophète en Galilée. ILest bien vrai que cette conclusion repose, se+ lon eux, sur l'expérience historique : « £xamine et reconnais que.» Mais 2° cet appel à l’histoire se justifié aisément; car l’origine galiléenne de trois des quatre prophètes cités (Élie, Nahum, Osée) est purement imaginaire (voir Hengstenberg), et celle du quatrième (Jonas) est une exception que la passion pouvait faire oublier un moment, et qui, d'ailleurs, objectée aux chefs, eût été écartée par eux comme un fait isolé, qui ne prouvait rien contre le principe d’après lequel la Galilée était et restait le rebut de la théocratie.

Sur 25 à 30 variantes dignes d’être notées dans ce chapitre, le T. R. parait avoir 3 fautes (v. 8. 33. 40); le texte alexandrin, 6 (v. 9. 8. 24. 39. 46. 52). R présente environ 11 fautes qui lui sont propres ; il a conservé la vraie leçon, dans la variante importante du v. 8, avec DKM, et peut-être au v. 39, avec KT. X continue à marcher très-habituellement avec D (11 fois).

Le récit de la femme adultère: VII, 53- VIII, 41.

Deux questions s’élèvent au sujet de ce morceau: Appartient-il réellement au texte de notre évangile ? Et, sinon, comment y a-t-il été introduit ?

Le témoignage le plus antique en faveur de ce passage est l’usage qu’en font les Constitutions apostoliques (1, 2, 24), pour justifier

l'emploi des moyens de douceur dans la discipline ecclésiastique envers les pænilentes. Cet ouvrage apocryphe paraît avoir reçu sa forme définitive vers la fin du troisième siècle. Si donc ce passage est inauthentique, l’interpolation doit être passablement ancienne. Les Pères du quatrième siècle, Jérôme, Ambroise, Augustin, en admettent l’authenticilé et pensent qu’il a été retranché dans une partie des documents par des hommes faibles dans la foi, qui auraient craint que «leurs femmes n’en tirassent des conséquences immorales » (Augustin). Certains Mss. de l’Jéala (Veronensis, Colbertinus , eic.), du quatrième au onzième siècle, la Vulgate, la tradition syriaque de Jérusalem, du cinquième siècle, les Mss. DFGHUT, du sixième au neuvième siècle, et plus de 300 Mnn. (d’après Tischendorf) lisent ce passage et ne le marquent d’aucun signe de doute. En échange, il manque dans la Peschlo et dans deux des meilleurs Mss. de l’Ifala, le Vercellensis, du quatrième, et le Brixianus, du sixième siècle. Tertullien, Cyprien, Origène, Chrysostome, n’en parlent pas. R À B G LT X A, du quatrième au neuvième siècle, et 50 Mnn. (d’après de Wette) l’omettent complètement. E M S À et 45 Mnn. le marquent de signes de doute. Enfin, dans quelques documents, il se trouve transposé: un Mn. le place après VII, 36; dix autres, à la fin de l’évangile; quatre enfin, dans l’évangile de Luc, à la suite du ch. XXI. Euthymius l’envisage comme une addition utile; Théophylacte le retranche tout à fait.

Dans cet état de choses, il est impossible d’envisager l’omission de ce morceau, dans un si grand nombre de documents, comme purement accidentelle. S'il était authentique, il faudrait nécessairement qu’il eût été retranché à dessein et par le motif que supposent quelques Pères. Mais, à ce compte-là, combien d’autres retranchements n’eût-on pas dû faire dans le Nouveau Testament ? Et se serait-on permis une semblable liberté à l’égard d’un texte décidément connu comme apostolique ?

De plus, le texte varie extraordinairement dans les documents qui présentent ce morceau; on compte une soixantaine de variantes dans ces douze versets. Griesbach a distingué trois textes tout différents : le texte ordinaire, celui de D, et un troisième,

combiné de plusieurs autres Mss. Un vrai texte apostolique n’a jamais été exposé à des altérations si considérables. IL faut reconnaitre aussi que le style se rapproche beaucoup plus de celui des Synoptiques que de celui de Jean. Ainsi la particule dé se lit 11 fois dans ce court morceau, tandis que Jean lie ordinairement par oùv.

Mais, surtout, il y a disparate complète entre le contenu de ce récit et l'esprit de la narration johannique. Dans cette dernière, le trait saillant est le témoignage que Jésus se rend à lui-même et le développement de la foi et de l’incrédulité à cette occasion. Jugé à ce point de vue, le récit de la femme adultère serait un vrai horsd'œuvre dans notre évangile, et tout particulièrement dans le contexte où il est placé. Si on l’omet, au contraire, rien de plus simple que la liaison entre le morceau qui précède et celui qui suit. Le ray, de nouveau, de VIII, 12 n’a même de sens qu’autant qu’on rattache directement le témoignage VIII, 12-20 au discours précédent VIT, 37-952.

Aussi l'authenticité de ce morceau n'est-elle plus admise, dans les temps modernes, que par un petit nombre de protestants orthodoxes (Lange, Ebrard, Wieseler), par les exégètes catholiques (Hug, Scholz, Maier), et par quelques adversaires de l’authenticité de notre évangile (Bretschneider, B. Bauer, Hilgenfeld) qui se font des-:invraisemblances intrinsèques de ce récit une arme contre le caractère historique de l’évangile en général. Notre conviction est qu’il ne fait point partie du texte authentique de l’évangile. C’est ce qu'ont déjà pensé, au temps de la Réformation, Erasme, Calvin, Bèze; plus tard, Grotius, Wetstein, Semler, Lücke, Tholuck, Olshausen, de Wette, Baur, Reuss, Luthardt, Ewald, Hengstenberg. Lachmann et Tischendorf l’ont éliminé du texte.

Comment ce morceau s’est-il introduit dans notre évangile ?

Il y a deux manières de résoudre ce problème : Ou bien l’on admet, avec Hengstenberg, que le récit de la femme adultère est l'invention d’un chrétien, adversaire du judaïsme, qui, sous l’image | de cette femme dégradée, mais réhabilitée par Jésus, a voulu représenter la gentilité graciée. Ce récit serait une fable religieuse. Pour lui donner plus d’autorité, son auteur l’aurait volontairement insérée dans le texte de notre évangile , et elle se serait ainsi glissée

dans un certain nombre d’exemplaires. — Ou bien l’interpolation peut s’être accomplie d’une manière plus innocente : ce récit seraït Ja rédaction de quelque antique tradition, vraie dans ses traits essentiels, qu'un copiste aurait d’abord inscrite en marge dans son Ms. et qui aurait peu à peu fait invasion dans le texte.

La seule raison que Hengstenberg puisse allésuer avec quelque vraisemblance en faveur de son opinion, est le passage VIT, 53, évidemment rédigé à dessein pour rattacher ce récit à ce qui précède. Mais, si même l’intercalation a eu lieu sans intention frauduleuse, il a toujours fallu souder ce morceau au texte au moyen de quelque glose, et celle glose a pu y pénétrer à la suite du morceau lui-même. Quant aux objections soulevées par Hengstenberg contre la vérité interne du récit, nous nous en occuperons dans linterprétation du morceau. — Eusèbe rapporte (Hist. ecel. I, 40) que Papias racontait aussi une histoire touchant une femme accusée de plusieurs péchés devant le Seigneur, histoire que renferme également l’évangile des Hébreux.» Malgré le pluriel plusieurs péchés, il est difficile de penser que cette histoire ne füt pas celle-ci même. Ce fut donc probablement un lecteur de Papias ou de lévangile des Hébreux qui l’annota à la marge de son évangile de Jean, peut-être à l’occasion de la séance du sanhédrin racontée ici et comme échantillon des machinations des chefs contre Jésus, ou aussi pour motiver une parole de Jésus qui va suivre et qui ne semble pas suffisamment amenée par le contexte (VIIE, 15): «Vous jugez selon la chair; moi je ne juge personne.» Ce qui paraît prouver en effet que cette histoire existait d’une manière indépendante de l’évangile de Jean et qu’elle n’a pas été fabriquée uniquement pour entrer dans le corps de cet écrit, ce sont les exemplaires dans lesquels elle se trouve à la fin de l’évangile et surtout ceux où elle est placée après Luc XXI, 38. Ajoutons que si ce récit est bien le même que celui qui se lisait dans l’évangile des Hébreux, il est certain qu’il n’a pas été inventé dans un esprit opposé au judéo-christianisme, et que nous devons plutôt y reconnaître une de ces narrations extrascripturaires, telles que la tradition orale des premiers temps en avait conservé un assez grand nombre.

L'étude du passage lui-même décidera la question de savoir si ce

récit est une tradition ou une pure fable. Nous donnerons la traduetion d’après le T. R., en n’indiquant que les principales variantes. VIT, 53-VITE, 44. «53 Et chacun s’en alla’ dans sa maison. VII, 1 Mais Jésus s’en alla à la montagne des Oliviers. 2 Et à la pointe du jour, il revint? dans le Temple ; et tout le peuple’ venait à lui’; et s'étant assis, il les enseignaïitf. 3 Or les scribes et les pharisiens amènent® vers lui une femme qui avait été surprise’ en adultère: ; et l'ayant placée au milieu de l'assemblée, 4 ils lui disent ‘°: Maître, cette femme a été prise sur le fait, commettant adultère; 5 or dans la loi Moïse nous a ordonné! de lapider ‘? de telles personnes ; toi donc, quel est ton avis? 6 Ils disaient cela pour l’'éprouver, afin de pouvoir l’accuser ‘* ; mais Jésus, s'étant baissé, écrivait du doigt sur la terre #. 7 Comme ils persistaient à l’interroger, s'étant redressé 5, il leur dit : Que celui de vous qui est sans péché jette le premier ‘’ la pierre contre elle. 8 Puis, s'étant de nouveau baissé, il écrivait sur la terre. 9 Eux, ayant entendu cela'* et étant repris par leur conscience *, sortirent ? un à un ?, en commençant par

. DMS TT: exopeuônoav. U: ann}dev. A : omn}8ov. D: rapayivetar. U: nX0ev. Mnn. : raon)0ev.

. GS U Mnn.: oploc.

. Mjj. omettent tooc auto.

. D 6 Mnn. omettent les mots xat …. œutouc.

. D'autres : @epouot, Tooonveyxav.

. EGHK: xaralnpheoav. D: etinpgmeynv.

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