N seul lit exer au lieu de eËer
éhalnse indique une pose et un ton moins solennels que eiorvxe xat Expaës de VII, 37. C’est une continuation ou un complément du discours précédent; cette circonstance parle plutôt en faveur de l'identité du jour.
À quelle occasion Jésus se désigne-t-il comme la lumière du monde ? Hug et d’autres ont pensé qu'il faisait allusion aux deux grands candélabres qu'on allumait le soir, pendant la fête, dans le parvis des femmes et dont la lumière, au dire des rabbins, resplendissait sur tout Jérusalem. Cette cérémonie était très-bruyante; des hommes graves prenalent part à la danse sacrée qui avait lieu autour des candélabres; le chant et la musique des instruments remplissaient le Temple, et la fête se prolongeait jusqu'au point du jour. Le fameux Maïmonide affirme que cette cérémonie avait lieu chaque soir de la fête, ce qui conviendrait à l’explication de Hug. Mais le Talmud n'en parle qu'à l’occasion du premier soir. Aussi Vitrmga et d’autres commentateurs, n’envisageant pas l’assertion de Maimonide comme suffisamment fondée, ont-ils cherché à rattacher cette parole de Jésus à quelque passage prophétique qui aurait été lu dans le Temple, pendant cette journée, És. XLII, 6, par exemple: «Je te ferai étre l'alliance du peuple et la lumière des nations.» Comp. És. XLIX, 6. 9. Il n’est pas bien certain sans doute qu'il y eût des lectures régulières de l'Ancien Testament dans le Temple, et l'existence d’une synagogue dans l'enceinte sacrée est douteuse (voy. Lücke). Jarchi parle seulement d’une synagogue «située proche du parvis, sur la montagne du Temple.» Mais, surtout, la parole de Jésus contient-elle une allusion assez précise à ces passages prophétiques ? Il ne nous paraît pas qu'on puisse l’expliquer par ce moyen. Quant aux commentateurs qui admettent une allusion aux candélabres du Temple, ils commettent la même faute que dans l'explication du témoignage précédent. Ne
pensant qu’à la cérémonie, ils oublient le fait miraculeux dont cette cérémonie était emblème, et qui pour Jésus était précisément l'essentiel. Qu'importent 1e1 les candélabres et par conséquent la question de savoir si on les allumait un soir seulement ou tous les soirs de la fête ? Ce qui seul était digne, aux yeux de Jésus, de devenir un point de comparaison pour sa personne, c'était la nuée lumineuse qui éclairait Israël durant les nuits dans le désert. Cest donc là le fait divin auquel il fait allusion en disant: «Je suis la lumière du monde.» VIT, 37 nous avons eu le rocher; nous avons ici la colonne de feu. C’est ainsi que Jésus célèbre la fête des Tabernacles, la traduisant, en quelque sorte, en sa propre personne. Seulement Israël, c’est désormais le xdomos, le monde entier, comme au ch. VI Jésus était la manne non plus pour le peuple seulement, mais pour l'humanité, et comme VII, 37 1l était l’eau vive pour quiconque a soif. — Nous avons déjà expliqué I, 4 et II, 19 ce terme de lumère; c’est la révélation parfaite du bien moral. — L’expression: QGelui qui me suit ne marchera point... ,» fait allusion, non, comme l'ont cru quelques-uns, à la danse aux flambeaux qui s’exécutait dans le parvis, mais au pêlerinage d'Israël se levant, s’avançant, s’arrêtant, campant, au signal qui partait de la nuée lumineuse. Il n’y avait plus de ténèbres pour de tels voyageurs: ainsi se dissipe pour l’homme l’obsecurité naturelle de son cœur, lorsqu’à chaque pas qu'il doit faire, il commence par regarder à Jésus et par chercher en lui la révélation de la sainteté, cette seule vérité réelle. C'est bien là en effet ce que Jésus entend par la lumière de la vie: une lumière d'essence vitale. — Le futur reptrarvoe, dans le texte reçu, est probablement une correction d’après éçe. L’aor. conjonctif où un reotmation se trouve, dans le passage X, 5, suivi, comme ici, du futur. La forme où uv est motivée par la défiance naturelle du
cœur: «Il n’a pas à craindre, quelles que scient ses ténèbres propres, de marcher encore dans la nuit.» — “Eéer: il possédera intérieurement.
La liaison profonde entre ce témoignage et le précédent ressort de cette parole du prologue (1, 4): « En elle étail læ vie, et la vie était la lumière des hommes. » VIT, 38, Jésus s’est présenté comme la vie (ÿôwo €»); VIE, 12, il s'offre comme la lumière qui émane de la vie. Quant à la manière dont l’homme doit répondre aux avances divines, dans le premiér passage ressort davantage la simple réceptivité de la for, dans le second l’activité énergique de obéissance.
V. 13. «Les pharisiens lui dirent donc : Tu te rends témoignage à toi-même; ton témoignage n'est pas vrai. » — Faut-il conclure de ce verset, avec Lücke, que les pèlerins étaient déjà repartis de Jérusalem? Gela n’est point nécessaire; les pharisiens pouvaient se trouver au premier rang des auditeurs, lors même que la foule venue à la fête était encore présente. — Les derniers mots «n’est pas vrai» ne signifient point ici: «est faux,» mais plutôt: «n’est pas suffisamment assuré et digne de foi.» Les adversaires paraissent intimidés et ne soulèvent qu'une question de forme. À l’appui de leur objection 1ls peuvent même alléguer l’aveu de Jésus, V, 31.
V. 14. «Jésus répondit et leur dit: Et si même je rends témoignage de moi, mon témoignage est vrai, parce que je sais d’où je suis venu et où je vais; mais vous, vous ne savez d’où je viens ni' où je vais.» — Jésus revendique ici sa vraie position, à laquelle il avait momentanément renoncé (V, 31). La rupture entre lui et ses auditeurs étant plus avancée, il s'affirme plus catégoriquement. La
1. Nous traduisons d’après la leçon » dans B DK TU X A. On lit xat dans T. R. d'après NEFGHL et beaucoup de Mnn.
sainteté parfaite de Jésus garantissait deux choses : d’abord, sa véracité; puis, l'absence d'illusions sur sa personne; car l'illusion est toujours le fruit de l’orgueil. Si donc Jésus est saint — et Jésus part ici de cette supposition, qui est, à ses yeux, une concession arrachée par la puissance du fait à la conscience de ses adversaires — son témoignage sur luimême est entouré de garanties qui manquent totalement à celui que peuvent se rendre les autres hommes. — Le terme oèx, je sais, exclut expressément tout soupçon d'illusion et désigne cette conscience inaltérablement claire et limpide que Jésus avait de lui-même et qui portait à la fois . sur le lieu de son origine et sur celui de son retour. Ce lieu est le ciel. Jésus est distinctement conscient de luimême comme d'un être venant d'En-Haut et retournant En-Haut, pour qui la vie terrestre n’est, en conséquence, que le passage du ciel au ciel. — Les mots: «Vous, vous ne savez pas,» sont plus que l'énoncé d’un fait; ils renferment un reproche. Ils sauraient, s'ils avaient le sens ouvert pour percevoir. On pouvait, dans le caractère divin de l’apparition de Jésus, discerner la divinité de son origine et celle de sa destination. — La particule disjonctive 7, dans la seconde proposition (voir note 1), est plus énergique que le simple xat dans la première : Jésus, lui, ajoute connaissance à connaissance; de là le xat. Mais eux, qu’on les interroge sur un point ow sur l’autre, ils montreront toujours la même ignorance; de là le à.
V. 15 et 16. «Vous, vous jugez selon la chair; moi, je ne juge personne; 16 et si même il m'arrive de juger, mon jugement est vrai’, parce que je ne suis pas seul, mais que nous sommes là, et moi et le Père” qui m'a
1. T.R.lit «nn avec 11 Mjj. (parmi lesquels K) presque tous les Mnn., tandis que BD LT X lisent «mOn.