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c’est là ce que je déclare‘ au monde. 27 Ils ne comprirent pas qu'il leur parlait du Père*.» — Le v. 26 ne continue pas la pensée du v. 25. Il se rattache au v. 24. Car le v. 25 était le résultat d’une interruption de la part des auditeurs. Dans les v. 21-24, Jésus avait prononcé des choses sévères sur l’état moral du peuple; il reprend au v. 26: «De ces déclarations et de ces sentences-là, j'en ai encore beaucoup à prononcer sur votre compte. Mais, ajoute-t-il, quelque pémble que soit pour moi cette mission, je ne puis me dispenser de la remplir. Gelui qui me dicte mon message est la vérité même, et je ne suis au monde que pour déelarer ce qu’il me révèle.» Le contexte ainsi compris est si simple que nous pouvons nous dispenser d’énumérer les explications différentes données par Lücke, de Weite, Mever, etc.
La critique déclare impossible l’inintelligence des Juifs mentionnée au v. 27. Nous ne saurions admettre ni l’expédient de Lücke, qui fausse le sens du texte, en expliquant : «Ils ne voulurent point reconnaître que c'était le Père qui l'envoyait, » ni celui de Meyer, qui pense que ce sont ici de nouveaux auditeurs, étrangers aux discours précédents. Mais nous ferons observer que, dans ce qui précède , Jésus avait simplement parlé de celui qui l'avait envoyé, sans mentionner Dieu, ni même son Père. Sans doute, ses adversaires ordinaires ne pouvaient se méprendre sur le sens de sa parole; mais la foule des auditeurs, en l’entendant dire mystérieusement : «Celui qui m'a envoyé,» ne pouvaitelle pas penser à quelqu'un de ces personnages messianiques attendus en grand nombre et avec qui Jésus se serait trouvé en relation secrète? Qu'on pense aux étranges malentendus
1. Les Mss. se partagent entre eyo (byzantins) et Axlw (alexandrins) 2. N D 3 Mnn, Itrlrige Vo, ajoutent toy @eov à la fin du verset.
des apôtres eux-mêmes dans les Synoptiques. Après dix-huit siècles de christianisme, bien des choses, dans les discours de Jésus, nous paraissent évidentes, qui, par leur nouveauté et l'opposition qu'elles rencontraient dans des préjugés invétérés, devaient paraître bizarres à l’excès au plus grand nombre de ses auditeurs. Sans doute, si le cœur eût été mieux disposé, l'esprit eût été plus ouvert; et dans ce sens, l'explication de Lücke est fondée, quoique, philologiquement, elle ne soit pas admissible.
V. 98 et 29. «Jésus leur dit donc : Lorsque vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous connaîtrez que c’est moi, et que je ne fais rien de moi-même, mais que je ne parle que d'après les enseignements” de mon Père’, 99 et que celui qui m’a envoyé est avec moi. Le Père” ne m'a point laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable.» — À l’inntelligence actuelle de ses auditeurs, Jésus ‘oppose le plein jour qui se fera plus tard dans leurs esprits, à la suite du grand crime national qu’ils sont sur le point de commettre. L’élévation du Fils de l’homme se rapporte avant tout à la mort de la croix; c’est ce qui ressort de la seconde personne : vous aurez élevé. Mais Jésus ne pouvait espérer que la croix ferait par ellemême tomber les écailles des yeux des Juifs et leur arracherait cet aveu : C’est lui! Elle ne pouvait produire cet effet qu’en devenant pour lui le marchepied du trône et le passage à la gloire. Le mot élever renferme donc ici la même amphibologie que IT, 14, et la seconde du pluriel prend ainsi une teinte marquée d'ironie : «Lorsque, en me tuant, vous m'aurez élevé sur le trône.» Le terme Fils del’homme