‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint Jean ... . Tome secondChapitre 89 sur 278 · Le croyant affranchi de la mort: v · texte numérisé non relu

Le croyant affranchi de la mort: v

V. 48-50. «Les Juifs répliquèrent donc’ et lui dirent : Ne disons-nous pas avec raison que tu es un Samaritain et que tu es possédé d’un démon? 49 Jésus répondit: Je ne suis point possédé d’un démon, mais j honore mon Père, et vous, vous me déshonorez. 50 Maïs je ne cherche point ma gloire; il est quelqu'un qui la cherche et qui juge.» — Plusieurs (Hengstenberg, N.) pensent qu'en appelant Jésus un Samaritain, ils veulent le taxer d’hérésie, parce qu'il s’est fait égal à Dieu. Mais Samaritam ne peut être pris pour synonyme de blasphémateur. Les Samaritains passaient pour les ennemis jurés des Juifs, et Jésus semble se ranger de leur côté en accusant ses auditeurs d’être enfants du diable. Le vertige de la folie leur paraît seul pouvoir expliquer un tel langage; et c’est ce qu'ils expriment par ces mots: (Tu es possédé d’un démon,» qui sont la réplique au reproche de Jésus. Le sens de cette apostrophe revient donc à ceci: Tu es aussi méchant que fou.

<Lui, dit saint Pierre, qui, lorsqu'on lui disait des injures, n’en rendait point, mais s’en remetlait à celui qu juge justement» (1 Pier. Il, 25). Cette parole semble tirée des deux v. 49 et 50. Jésus oppose à l’injure une simple dénégation. ’Eyw, en tête, prononcé dans le sentiment du contraste de sa personne avec ce qui lui est imputé. À la

{. Les alexandrins omettent ouv.

fausse explication que donnent les Juifs de son discours précédent, Jésus substitue la vraie: il est obligé de parler comme il vient de le faire, pour rendre à Dieu la gloire qui lui appartient et qu'il lui doit comme à son Père. Mais les Juifs, au lieu de courber la tête à la voix de celui qui leur dit la vérité de la part de Dieu, trouvent plus commode de se débarrasser de ses reproches en l’injuriant. La conclusion est: Comment seriez-vous enfants de Dieu, vous qui répondez par des outrages à celui qui ne vous parle que pour le glorifier?

Néanmoins (v. 50), Jésus déclare qu’il ne prend nul souci de son honneur dont ils le dépouillent; il remet le som de sa gloire à Dieu, dont il connaît la sollicitude envers lui. Les deux mots qui cherche et qui juge annoncent les actes divins par lesquels le Père glorifiera le Fils et châtiera ses calomniateurs; Jésus fait allusion à l’œuvre du Saint-Esprit et à la ruine de Jérusalem.

V. 51-53. «En vérité, en vérité, je vous dis que, si quelqu'un garde ma parole, il ne verra point la mort à jamais. 92 Les Juifs lui dirent donc : Maintenant nous savons que tu es possédé d’un démon; Abraham est mort et les prophètes aussi, et toi, tu dis: Si quelqu'un garde ma parole, il ne goûtera pas la mort’ à jamais! 53 Es-tu plus grand que notre père Abraham, qui est mort? Et les prophètes aussi sont morts! Qui prétends-tu* être?» — Les diverses relations d'idées que l’on a cherché à établir entre le v. 50 et le v. 51 sont peu naturelles. Il est mamfeste qu'avec le dernier mot du v. 50: «Et qui juge,» Jésus en a fini avec ses interlocuteurs actuels; mais il sait, sans doute, que, parmi ces Juifs qui avaient cru et dont la plupart avaient immédiatement succombé à l'épreuve à la-

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