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momentanément obscurcie par une parole ou par un fait qui semble y porter atteinte (Jos. VIT, 19; 1 Sam. VE, 5). Le blasphème était ici la déclaration de l’aveugle: «C'est un prophète;» et il devait être lavé par la déclaration coniraire : «Cest un méchant.» — « Nous savons,» disent Îles chefs (v. 24 et 29), se posant en représentants du savoir théologique en Israël; en vertu de leur savoir, le miracle ne peut pas être : donc il n’est pas. De son côté, l’aveugle, tout en avouant habilement son incompétence dans les questions théologiques, oppose simplement le fait au savoir; son langage devient décidément ironique: 1l a conscience de la mauvaise foi de ses adversaires. Ceux-ci sentent la force de sa position, et l'interrogent de nouveau sur les circonstances du fait (v. 26), espérant trouver, dans quelque détail de son récit, un moyen d'attaquer le fait luimême. N'ayant pas réussi à le renverser par la dogmatique, ils veulent le miner par la critique. Ce retour à une phase de l’enquête déjà terminée indigne et enhardit l’aveugle tout à la fois; 1l triomphe de leur impuissance, et sa réponse déborde d’ironie. Oùx nxoucare : vous êtes donc sourds! Ils couvrent alors leur embarras par limjure; entre Jésus et le sabbat ou, ce qui revient au même, Moïse, leur choix est fait. L’aveugle, voyant qu'on raisonne avec lui, s’enhardit . encore davantage et se met aussi à argumenter; s'il n’a pas fait sa dogmatique, il sait au moins son catéchisme. Y a-t-1l un fsraélite qui ignore cet axiome théocratique que le miracle est un exaucement de prière, et que la prière du méchant n’est pas exaucée? — La construction la plus naturelle du v. 30 est de faire de la dernière proposition: xal avéwés.…, le développement de &v toire, et de la proposition: + dust... le sujet de Savpaotov ot... : (Que vous ne sachiez point... est étrange, en raison de ceci qu'il m'a ouvert les yeux.» Kai devant dvévés remplace un Gt qui eût fait
équivoque, à la suite du précédent. — «Nous savons, nous Juifs en général» (v. 31), en opposition à cet orgueilleux «nous savons, nous autres savants» des v. 24 et 29. — L’argumentation est serrée; le v. 31 est la majeure; le v. 32, la mineure; le v. 33 tire la conclusion.
Battus par cette impitoyable logique, dont le point d'appui est tout simplement le principe que ce qui est, est, les adversaires de Jésus se livrent à la fureur. En disant à Paveugle: « Tu es né tout entier dans le péché, » ils font allusion à sa cécité originaire, qu'ils envisagent comme une preuve de la malédiction divine sur cet homme (v. 2 et 3), et ils ne s’aperçoivent pas que, par cette injure, ils rendent euxmêmes hommage à la réalité du miracle qu'ils veulent nier. Cest ainsi que l’incrédulité finit par se donner un démenti à elle-même. L'expression Qils Le chasséèrent » signifie seulement qu'ils l’expulsérent violemment de la salle. L’excommunication proprement dite n’eût pu être prononcée que par le sanhédrin et en vertu d’une délibération en forme; mais elle devait naturellement résulter de cette scène.
S'il est un récit dont la vérité soit garantie par son caractère simple et dramatique, c’est celui-ci, Le fait ne saurait avoir été inventé pour servir de point d'appui à un discours métaphysique, puisque ce discours n’existe pas. Cette narration est si peu idéale de sa nature qu’elle roule au contraire, d’un bout à l’autre, sur la ” réalité du fait. Baur le reconnaît lui-même. «La réalité du fait, dit-il, est le point contre lequel se brise la contradiction des adversaires !. » Et néanmoins, ce fait, selon lui, est inventé. Quel homme, qu’un évangéliste qui écrit tout un chapitre pour montrer comment l'argumentation dogmatique se brise contre le fait, et qui ne croit point lui-même à la réalité de ce fait! N’arrive-t-il pas ici à la eritique ce qui arrive aux pharisiens au v. 84? Ne se donne-t-elle pas un démenti à elle-même”? Tout ce chapitre présente à la critique