Un manuscrit de Moscou (V
En réunissant toutes les variantes que renferment ces documents, on en trouve de 5 à 6000. Mais elles n'ont en général qu'une importance très-secondaire et ne peuvent rien changer au fond de l'histoire évangélique.
En les étudiant de plus près, on remarque que certains manuscrits marchent habituellement ensemble, en opposition à d'autres, et l'on constate ainsi deux principales formes du texte, l'une qui se trouve en général dans les plus anciens majuscules, l'autre que l'on rencontre dans les minuscules et dans les moins anciens d'entre les majuscules. Quelques manuscrits oscillent entre ces deux formes,
Comme le texte sur lequel fut publiée par Erasme la première édition grecque du N. T., était celui de quelques
minuscules de la bibliothèque àt Bâle et que ce texte a continué à former le fond des éditions subséquentes, entre lesquelles celle des Elzévirs de 4633 s'est le plus généralement répandue, on comprend que ce texte, appelé texte reçu, est plutôt celui des minuscules et des majuscules les moins anciens, que celui des vieux majuscules. On appelle aussi ce texte byzantin, parce que c'est probablement celui qui s'était uniformément fixé dans les églises de l'empire grec. Ceux de nos majuscules qui le reproduisent sont les suivants : EFGHRMSUVrAn. Cette forme du texte est aussi appelée asiatique.
La forme opposée, qui se trouve dans les plus anciens majuscules : BCLRXZ, paraît provenir d'Alexandrie, où se trouvait, dans les premiers siècles de l'Eglise, la plus considérable fabrique de manuscrits. Ce texte prend, par cette raison, le nom à' alexandrin. Quelques manuscrits, tout en marchant ordinairement avec les alexandrins, se séparent d'eux plus ou moins fréquemment; ce sont: NADA. Le texte de N et de D se rapproche, dans beaucoup de cas, de celui de l'ancienne traduction latine, Yltala.
La forme moyenne entre les deux textes principaux se trouve dans les fragments désignés par NOWY0.
La question constante sera de savoir lequel des deux textes, alexandrin ou byzantin, reproduit le plus fidèlement celui du document primitif. C'est une question qui, à notre avis, ne peut se trancher d'une manière générale et a priori, et dont la solution doit ressortir du travail exégétique dans chaque cas particulier.