‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint LucChapitre 2 sur 58 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

DE LA PREMIÈRE ÉDITIOiN

Un commentaire sur l'évangile de Jean reste une œuvre inachevée aussi longtemps qu'il n'est pas accompagné d'un travail semblable sur l'un au moins des évangiles synoptiques. Entre ces trois derniers écrits, l'évangile de Luc est celui dont l'étude m'a paru le plus propre à servir de complément à l'ouvrage exégétique que j'ai précédemment publié, parce que, comme l'a bien démontré M. Sabatier, dans son court mais substantiel Essai sur les sources de la vie de Jésus, l'écrit de Luc forme, sous plusieurs rapports importants, une transition entre l'intuition de de Jean et celle qui est à la base de la littérature synoptique.

La méthode exégétique est restée à peu près la même que dans mon commentaire précédent. Je n'ai point eu en vue seulement des théologiens de profession ; je n'ai pas non plus visé directement à l'édification. Ce travail s'adresse, en général, aux lecteurs cultivés, si nombreux aujourd'hui, qui s'intéressent de cœur aux questions religieuses et critiques actuellement soulevées. C'est en vue d'eux que les exprès-

VIII WANT-rROPOS.

sions grecques forcément citées ont été rendues en français, et que l'on s'est, autant que possible, abstenu du langage d'école. Les idées les plus avancées de l'incrédulité moderne circulent à cette heure dans toutes les couches de la population. L'on entend, dans les rues de nos villes, des ouvriers parler du conflit, désormais dévoilé, entre saint Paul et les autres apôtres de Jésus-Christ. Il faut donc aussi chercher à mettre les résultats d'une science impartiale et réellement biblique à la portée de tous. Je répète de ce commentaire ce que j'ai dit déjà de son devancier : il n'a pas été composé pour être consulté, mais pour être lu.

Le titre un peu ambitieux de Bibliothèque théologiqùe, inscrit en tête de ma précédente publication exégétique , ne l'avait été que pour répondre à un désir exprimé par l'éditeur de cet écrit, qui nourrissait, en faveur de notre théologie française, des projets considérables, aujourd'hui, parait-il, abandonnés. Ce titre a été supprimé ; ce qui ne m'empêchera pas, aussi longtemps que le Seigneur me prêtera vie et force, de travailler, selon la mesure de mes moyens, au développement de la science exégétique au milieu de nous. Ce n'est pas seulement mon goût personnel ; je pense que c'est aussi le besoin le plus pressant de l'Eglise de France et qu'il n'y a été répondu jusqu'ici qu'imparfaitement par les programmes de nos facultés de théologie. La critique séparée de l'exégèse risque bien défaire plus d'incrédules que de croyants.

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