‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint LucChapitre 24 sur 58 · I. — Visite à Nazareth : v · texte numérisé non relu

I. — Visite à Nazareth : v

Ce morceau s'ouvre par un coup-d'œil général sur les commencements de l'activité de Jésus en Galilée : v. 14. 15.

Puis, sur ce fond se détache, comme exemple particulier, le récit de sa prédication à Nazareth : v. 46-30.

4° V. 14. 15. — Le v. 14 est, comme nous l'avons vu, le complément du v. 1 (voir v. 1). — Le verbe il s'en retourna comprend, d'après ce qui précède, les deux retours mentionnés Jean I, 44 et IV, i, et même encore le troisième, sous-entendu entre Jean V et VI. Les mots : dans la puissance de V Esprit, ne se rapportent pas, comme plusieurs l'ont cru, à une impulsion d'en-haut, qui aurait poussé Jésus à revenir en Galilée, mais à la possession des forces divines qu'il avait reçues au baptême et avec lesquelles il allait maintenant enseigner et agir; comp. : rempli du Saint-Esprit, v. 1. Luc veut dire évidemment qu'il revenait autre qu'il n'était allé. Cette puissance surnaturelle de Jésus se déployait-elle uniquement dans ses prédications, ou bien aussi dans des miracles accomplis déjà à cette époque, quoique non racontés par Luc? Gomme celui de Cana eut lieu, d'après Jean, précisément à ce moment-là, nous inclinons à ce dernier sens, qui, d'après le terme employé, est aussi le plus naturel. Ainsi s'explique facilement ce qui est dit de sa renommée, qui se répandit immédiatement dans toute la contrée. La seule prédication eût difficilement suffi pour amener ce résultat. Meyer fait intervenir ici le bruit des circonstances miraculeuses du baptême ; mais elles n'avaient probablement eu pour témoins que Jésus et Jean, et il n'y est point fait allusion dans la suite. — Le v. 15 raconte comment, après que sa réputation lui avait ainsi frayé le chemin, il arrivait £mmeme (owtoç); puis, comment tous, après l'avoir entendu, ratifiaient le jugement favorable que la renommée leur avait apporté sur son compte (glorifié par tous). — Les synagogues, dans lesquelles Jésus exerçait ce ministère itinérant, étaient des salles de réunion existant depuis le retour

de l'exil, peut-être même (Bleek en voit la preuve dans Ps. LXXIV, 8) antérieurement à la captivité. Partout où se trouvait une population juive un peu nombreuse, même en .pays païen, il existait de pareils lieux de culte, où l'on se rassemblait le jour du sabbat et, de plus, le lundi et le jeudi, jours de tribunal et de marché. Celui qui désirait parler, témoignait de son intention en se levant (du moins d'après notre passage; comp. aussi Act. XIII, 16). Mais, comme tout enseignement reposait sur l'Ecriture, parler, c'était avant tout lire. La lecture finie, il enseignait assis (Act. XIII, 16, Paul parle debout). L'ordre était maintenu par les ap^icuvaytoyoi ou présidents de synagogue. — Les v. 14 et 15 forment le quatrième point d'arrêt dans le tableau du développement de la personne et de l'œuvre de Jésus; comp. II, 40. 52 et III, 23.

2° Y. 16-30. — Jésus n'avait pas commencé par prêcher à Nazareth. Il y avait sans doute à ses yeux, entre les habitants de cette ville et ceux du reste de la Galilée, une relation semblable à celle que nous avons remarquée entre les habitants de la Galilée et le reste du peuple juif; il savait qu'en un certain sens c'était là que l'attendaient les plus grandes difficultés, et qu'il était prudent de suspendre sa visite dans ce lieu jusqu'au moment où sa réputation, déjà établie dans le reste de la contrée, lui servirait d'allié pour lutter contre le préjugé résultant de ses longues et anciennes relations avec les gens de l'endroit.

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