‹ Commentaire sur l'Évangile de Saint LucChapitre 25 sur 58 · V. 16-19 K La lecture. — V. 16. Kai. « Et dans ces cour · texte numérisé non relu

V. 16-19 K La lecture. — V. 16. Kai. « Et dans ces cour

1 V. 16. T. II. avec KLII beaucoup de Mnn. : NoÇapsx (ç«— pti avec 11 Mjj.): D: IVafrpeB; N'B*Z: tfoÇapa; A: NaÇapxc ; A: NaÇapaO. — V. 17. ABLZSyr. lisent avo-.Çaç, au lieu d'avot7:T'j£a; , que lisent 16 Mjj. Mnn. lt. — V. 18. Les 20 Mjj. lisent suayys/aaaaOat au lieu dVjaYYEÀ'.rEaOai que T. H. lit avec quelques Mnn. seulement. — V. 19. NBDLZIt. omettent les mots laaaaûou t. surorp. t. /.ap8'.av que lit T. R. avec 15 Mjj. la plupart des Mnn. Syr.

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ses, il vint aussi. » Jean (II, 12) et Matthieu (IV, 13) placent à cette époque le fait de la translation du domicile de Jésus (et même, selon Jean, de celui de sa mère et de ses frères) de Nazareth à Capernaùm, ce qui suppose naturellement une visite à Nazareth. D'ailleurs, Jean place à la même époque le miracle des noces de Gana. Or, Cana étant, en tout cas, à fort petite distance de Nazareth, il y aurait eu affectation, de la part de Jésus, à séjourner si près de sa ville natale sans la visiter. — - Les mots : où il avait été ckvé, motivent sa démarche. L'expression : selon sa coutume, ne peut s'appliquer au court temps qui s'était écoulé depuis le retour de Jésus en Galilée, à moins qu'on n'y veuille voir, avec Bleek, un indice de la date postérieure de ce fait, ce qui est possible, mais nullement nécessaire. Il s'agît plutôt du temps de son enfance et de sa jeunesse. Ce trait est en rapport étroit avec les mots : où il avait été élevé. La fréquentation de la synagogue a été, comme l'a bien fait ressortir Keim (t. I, p. 434), un moyen de la plus haute importance pour le développement religieux et intellectuel de Jésus. Les enfants avaient accès à ce culte dès l'âge de 5 à 6 ans; ils y étaient astreints depuis, leur 13e année (Keim, t. I, p. 431). Du reste ce n'était pas uniquement au moyen de ces lectures, entendues régulièrement, plusieurs fois chaque semaine, dans la synagogue, que Jésus pouvait avoir appris à connaître si bien l'A. T. Il n'est pas douteux, comme le reconnaît Keim, qu'il ne possédât lui-même un exemplaire du livre sacré. Autrement il n'aurait pas su lire, comme il va le faire. — La leçon reçue : ayant déroulé, v. 17, est préférable à la var. alex. : ayant ouvert. Les volumes sacrés avaient la forme de bandes rectangulaires, roulées autour d'un cylindre. Par l'expression : il trouva, Luc fait entendre que Jésus, se laissant guider d'en-haut, lut à l'endroit où le rouleau s'ouvrit de lui-même. On ne peut

donc pas conclure, avec Bengel, de ce que ce passage est celui que les Juifs lisent actuellement le jour des expiations, que l'on célébrât précisément cette fête ce jour-là. D'ailleurs le cycle actuel des haplitares, ou lectures prophétiques, date d'un temps postérieur.

Ce texte appartient à la seconde partie d'Esaïe (LXI, 1 et suiv.). On applique d'ordinaire cette longue prophétie suivie au retour de l'exil. Le seul terme auquel pourrait se rattacher cette explication dans notre passage, serait celui de aiyaaVoToi;, proprement : prisonniers de guerre, v. 19. Mais ce mot se prend dans un sens plus général. Saint Paul l'applique à ses compagnons d'œuvre et d'activité (Col. IV, 10). Le terme de r-ru/oç, indigent, suppose plutôt que le peuple est établi dans son pays. L'expression remarquable : publier Vannée favorable du Seigneur, nous révèle suffisamment la vraie pensée du prophète. Il était dans la vie du peuple israélite une année de grâce, qui pouvait trèsnaturellement devenir le type de l'ère messianique. C'était l'année de jubilé, qui revenait tous les cinquante ans (Lévit. XXV). Par cette admirable institution, Dieu avait établi en Israël une restauration sociale périodique. L'Israélite qui s'était vendu comme esclave, rentrait en possession de sa liberté; les familles qui avaient aliéné leur patrimoine, en recouvraient la propriété ; une large amnistie était accordée aux prisonniers pour dettes : autant de types de l'œuvre de celui qui devait rendre à l'humanité sa liberté spirituelle, l'affranchir de sa coulpe et la remettre en possession de son divin patrimoine. Jésus ne pouvait donc recevoir des mains de son Père un texte mieux approprié à la situation actuelle, à l'inauguration de son ministère messianique sur ce théâtre de sa vie précédente.

Les premiers mots : V Esprit du Seigneur est sur moi, sont la périphrase du terme iT'tfQ, Messie (ypiG-ro;, Oint).

Jésus, en lisant ces mots, n'a pas pu ne pas les appliquer au fait tout récent de son baptême. — L'expression eivexe* ou ne peut signifier ici c'est pourquoi : « L'Esprit est sur moi ; c'est pourquoi Dieu m'a oint » ; ce serait là un contre-sens. Les LXX ont rendu par cette conjonction \V qui dans l'original signifie, comme tc?n jy> : parce que, sens que peut recevoir aussi l'expression grecque (à cause de ce quey propterea quod). — Au premier jour de l'année de jubilé, les prêtres parcouraient tout le pays, annonçant à son de trompette les bénédictions qu'apportait l'année qui s'ouvrait (jubilé, de hl\ sonner de la trompette). C'est à cette proclamation de grâce que font certainement allusion les mots : annoncer de bonnes nouvelles aux pauvres (Lév. XXV, 6. 14. 25). — Les mots : pour guérir ceux qui ont lecœur brisé, qu'omet la leçon alex., pourraient avoir été introduits dans le texte d'après l'A. T.; mais, comme nous le verrons, ils forment la base presque indispensable de la parole de Jésus, v. 23. Il faut donc les maintenir et attribuer leur omission à une négligence occasionnée par cette longue suite d'infinitifs. — Le terme xvjpijÇai àcpecw, publier la libération, employé v. 49, fait également allusion à la proclamation solennelle du jubilé. Ce mot ofyéfftç se retrouve presqu'à chaque verset, chez les LXX, dans l'ordonnance relative à cette fête. Bleek lui-même observe que la formule im Kip qui correspond à ces deux termes grecs, est celle qui est employée par rapport au jubilé, et cependant cela ne l'empêche pas d'appliquer ce passage, selon le préjugé vulgaire, au retour de la captivité! Les prisonniers qui recouvrent la liberté sont les malfaiteurs amnistiés, ainsi que les esclaves libérés au commencement de cette année de grâce. L'image des aveugles guéris ne convient pas, au premier coup d'œil, à celle du jubilé, mais elle ne s'accorde pas davantage avec celle du retour de la captivité. Et si

cette traduction du texte hébreu était exacte, il faudrait avouer qu'en tout cas, le prophète est sorti de l'image générale qui lui a servi de point de. départ. Mais le terme d'Esaïe (omDK, proprement liés), désigne des captifs, non des aveugles. L'expression mp npû indique, il est vrai, l'ouverture des yeux, non celle de la prison. Mais les captifs sortant de leur obscur cachot sont représentés sous l'image d'aveugles à qui la vue est soudain rendue. — Les mots : pour renvoyer libres les opprimés, sont empruntés à un autre passage d'Esaïe (LYIU, 6). Probablement dans la source de Luc ce passage était déjà combiné avec le premier (comme cela arrive souvent chez Paul). Le sens ligure de TsÔpauajjtivoi, transpercés, est exigé par le verbe ehrarreitai, renvoyer. — Vannée favorable du Seigneur est celle dans laquelle il se plaît à faire à l'humanité des faveurs extraordinaires. Plusieurs Pères ont conclu de cette expression que le ministère de Jésus n'avait duré qu'une seule année. C'est confondre le type et l'antitype.

V. 20-22. La prédication. — Le tableau de l'assemblée, v. 20, est si dramatique, qu'il parait provenir d'un témoin oculaire. — Le sens de vipÇaTo, il commença (v. 21), n'est point que ce furent là les premiers mots du discours ; cette expression fait ressortir la solennité du moment où, au milieu du silence résultant de l'attente générale, la voix de Jésus retentit dans la synagogue. — Les derniers mots du v. signifient littéralement : t Cette parole est accomplie dans vos oreilles » ; en d'autres termes : « Cette prédication, que vous entendez présentement, est elle-même la réalisation de la prophétie. » Tel fut le thème du discours de Jésus. Luc, sans entrer dans les développements auxquels il se livra (comp. par exemple Matth. XI, 28-30), passe (v. 22) à l'impression produite. Elle était, en général, favorable. Le terme rendaient témoignage fait allusion aux rapports avan-

tageux qui étaient parvenus jusqu'à eut; ils constataient que la renommée n'avait pas exagéré. 'Eôaufjw^ov signifie plutôt ici s Us s'étonnaient (Jean Vil, 21; Marc VI, 6), que : ils admiraient. Autrement la transition à ce qui suit serait trop brusque. De même le terme : discours de la grâce, qualifie plutôt le contenu de la prédication de Jésus — cette description des œuvres de la grâce divine — que l'impression ressentie par les auditeurs. Ils s'étonnaient de cette énumérationde merveilles inouïes jusqu'ici. Les mots: qui sortaient de sa bouche, expriment l'abondance avec laquelle cette proclamation s'épanchait de son cœur.

Deux voies s'ouvraient ici pour les habitants de Nazareth : ou se livrer à l'instinct divin qui, à l'ouïe de cet appel, les conduisait à Jésus, comme à Y Oint, dont parlait Esaïe, ou donner cours au travail de l'intelligence, le laisser primer l'émotion du cœur, faire de la critique pour échapper à la foi. C'est ce dernier parti qu'ils prennent : « Celui-ci n'est-il pas le fils de Joseph? » Une prédication d'une portée si considérable leur paraît déplacée dans la bouche de ce jeune homme qu'ils ont suivi dès son enfance. Quel contraste entre cette question pleine d'une froide réserve et l'enthousiasme que Jésus trouvait partout ailleurs (glorifié par tous, v. 15)! C'est ici, pour eux, l'un de ces moments critiques tel qu'il s'en présentera, bientôt après, un tout semblable pour les habitants de Jérusalem (Jean II, 43-22). Jésus mesure d'un coup d'œil la portée de cette remarque qui circule dans son auditoire : dès que l'impression qu'il a produite aboutit à une question de curiosité, tout est perdu; c'est ce qu'il leur déclare.

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