‹ Commentaire sur l'évangile selon saint JeanChapitre 10 sur 63 · Jésus leur dil : Emplissez les · texte numérisé non relu

Jésus leur dil : Emplissez les

iiqua. El impleverunl eas usque ad j urnes d'eau. Et ils les emplirent summum. j jusqu'au liant.

8. Et dicil eis Jésus : Haurile 8. Jésus leur dil : Puisez mainmmc, el forte architriclino. Et tu-! tenant, et porlez-cn au mallre d'Iiôlorunt. ! tel. El ils lui en porlt'rent.

9. Ul aulem gustavit architriclinos aqiiam vinum factam , et non sciebal luide esset, minislri auteni sciebaiit qui hauseranlaquam, vocal sponsum archilricliiuis,

10. El (iicil ei : Omnis homo primtiin boniim vinum ponit ; el qnum inebi iali fuerii^t, tiinc id qiiod deterius est : lu aulem servasii bonum vinum usqiie adluic.

9. SilôL que le maître d'hôlei eùl goûté l'eau changée en vin, el il ne savait d'où venail ce vin, mais les ser\ iieui's qui avaient puisé i'c-au le pavîiicnl, le maître d hôtel donc appela l'époux,

•10. Kl lui dil : Tout homme sert d'abord le bon vin, et après qu'on a bu beaucoup, celui qui \ aul moins; mais loi. tu as gardé le bon vin jusqu'à celle heure.

Les urnes ou les fosses représentaient l'ancienne loi. Elles élaient au nombre de sis. C'est le nombre des jours de la semaine, représentant l'ancienne loi, qui était une loi de travail e! qui devait précéder le jour du repos de la nouvelle loi. Ici c'est un jour seulement, pour manifester qu'il n'y aura plus de changement jusqu'à la fin du monde, car c'est là ce qui est représenté par l'unité. L'unité représente aussi la perfection de cette loi nouvelle;

Ces vases contenaient deux à trois mesures; c'était une mesure incomplète et à peu près. Cela signifiait l'imperfection de cette loi, son incertitude et son peu de plénitude.

Ils étaient vides, parce que la loi n'était presque plus observée au temps où Notre Seigneur arriva dans ce monde. Notre Seigneur les fit remplir, parce qu'il est venu pour accomplir la loi, et il s'y est soumis de la manière la plus parfaite, conformant la moindre de ses actions à ce qui }• est écrit; ((sicuf scriplwn est n est-il dit si souvent dans l'Evangile, ou encore : «ul scripiura imphreiur. » Aussi, les ministres, au nom de Notre Seigneur, remplirent-ils jusqu'à leur plénitude ces vases vides.

0.1a signifie encore que la Ini . par elle-même, était vide, el qu'elle lirait toute ^^a plénitude de Notre

— (Il) —

Seigneur, et qu'on ne sauitiit nièino l'observcM- que jjar sa grâce et son soutien. C/est pourquoi il a fallu qu'il ordonnât lui-même qu'on remplît ces vases.

Il ne les remplit pas lui-même, mais par ses ministres, parce que l'ancienne loi et toutes les grâces que Noire Seigneur y f<ccorda ne furent données que par le moyen et l'intermédiaire des auges. Il y fait mettre de l'eau pour montrer quelle était la substance de l'ancienne loi : faiblesse et nullité. Tout le bien qui y était ne venait pas d'elle; elle n'avait que de l'eau.

Jésus changea ensuite cette eau en vin. Cette eau de la loi ancienne fut changée dans le vin de la loi nouvelle sous la loi de la grâce, qui est substantielle et possède en elle toutes les qualités que représente le vin. Ce vin était incomparablement meilleur que le premier qu'on avait servi. Les grâces qui étaient communiquées dans la loi ancienne ne venaient pas de la loi, mais de Notre Seigneur;c'était du vin, mais du vin médiocre en comparaison de celui de la loi de grâce. Cela représente donc la grande supériorité des grâces communiquées dans la loi nouvelle, sur celles communiquées du temps de la loi ancienne.

11. ïloc fecit inilium fi^nornm i 11. C'est Ifi le rommcni;ament

Jcsiis in Ciiiia GahliEci; : et manifesla\it gloriîim siiam ; cl crcd.dordnl in eum discipuli ojiL-;

des miracle.^ qiio fil Jésus à Cana do Galilée ; et c"e^t ainsi qu'il manifesta .=a g'oiie et que ses disciples crurent CM lui.

Ce signe devait être le premier. .Vu commencement de son ministère, le miracle sensible qu'il fit devait être le signe et la signification des miracles insensibles qu'il devait faire dans tout le cours de son ministère, et pendant le temps que le monde

i',\isl(M;i. Kl c'est aiiir^i qu'il iiKuiirt'sle sa i^loiiv tMi toute manière. 11 manifeste sa puissance par le miracle, et la ji;loire (prii ani'a dans l'Église j)ar ce siii'ne.

12. Post hoc fieicendit Capharnaiim ipse, et mater ejii», et fralres ejus, et discipiili ejns; et ibi manserunt non miiltis diebus.

12. Apres cela il descendit a C.aphaniauni avec .sa mère, ses frères et ses disciples: mais iU \ denieiirèrent peu de jours.

Capharnalim signifie ville de consolation, paice que c'est dans cette ville que la consolation d'Israël a commencé à paraître avec éclat. Elle était située «lans les ferres de Zabulon et de Neplithali, sur le bord de la mer de Galilée. Ce pays était dans de grandes ténèbres et dans une grande ignorance, et occupé uniquement des- choses de ce monde. C'est lii que le Père a déterminé, de toute éteriulé, que la grande lumière devait paraître, et il l'a fait annoncer par sou prophète de consolation Isaie).

Voilà pourquoi JNotre Seigneur y conduit sa mère et ses frères, pour y établir sa demeure, afin de jeter dans cet endroit un grand éclat de sa divine lumière. Car, quoique Jésus fût toujours occupé à parcourir la Judée et la Galilée, cela n'empêchait pas (pi'il ne revînt souvent a Capharnaiim auprès de sa mère. Et bien qu'il n'y restât jamais beaucoup de temps, il y était cependant plus fréquemment que dans aucun autre endroit dr la ,lu(lé(^ ou de la Galilée.

Une autre raison pour laquelle Notre Seigneur lit sa demeure à Capharnaiim, c'est que, devant quitter sa mère, pour s'occuper de son grand ministère, il voulut la retirer du pays mauvais de Nazareth, où il avait [)0\\ d'élus, afin de lui l'aii-o nMidre riionneur

»'l le lespec'l ijiii oliiiL'Ul dii> a la mcir «lo Dieu. Kl <'(tinme c'élail à i^pliarnainu iju'il devait jVler nu si gr<ind éclat |)ai' ses miracles et sa |)i<'Mlica(i()n, c'était l'endroit oîi sa mère devait élic . le plus liouurée. Ici on peut admirer le soin <l je désir (pTa Noire Seigneur de faire honorer sa mère.

Ainsi, sa n)ère el ses frères le ^l!i^ell^ ù <!aplrirnaiim, parce qu'ils devaient \ établir leur dememe: et ses disciples aussi, parce que leur Maître devait répandre là de "Mandes lunnèies. Mais Noire Seigneur n'y resta pas longtemps, parce que la volonté <le son Père l'appela ailleurs pour observer la loi et pour faire son ministère.

13. Et prope erat Pasctia JudcC- 13. C3r la Pàque des Juifs était orum , et ascendit Jésus Jerosoly- '■ proclie, et Jésus monta à Jérusiilom. mam.C)

14. Et iiivenit in teniplo vendcn- 1 1i. Et il trouva dans te temple les boves, et oves, et columbiis, eli les vendeurs de bœul's, de brebis et luimularios sedentes. de colombes et les cliangeurs assis

a leurs tables.

15. Et cum fecisset quasi (laget- 15. El ayant fait comme un fouet lum de funiculis, omnes ejecit de [ avec des cordes, il les cliassa Ions templo, oves quoque et boves. et du temple avec les brebis et les nunuilariorum effudila?s, et meiisas bœufs, répandit l'argent des chaiisubvertil. geurs et renversa leurs tables.

16. El liis, qui columbas vende- j 16. Et à ceux qui vendaient les bant, dixit : Auferle isla liinc, et i <:olombes , ii dit : Emiiorlcz cela nolile lacère domum PaU'is mei ] d'ici, et i;e faites pas de la maison <lomum negolialionis. j de mon I*ere une maison de trafic.

17. Recordati sunt vero discipuli I 17. Or ses disciples se ressouejus, quia scriplum est ; Zelus do- j vinrent qu'il est écrit : Le zèle de imis luie comedil me. i votre maison me dévore.

(*j Noln? Seigneur a eic dans le «losen 40 jours, il en rcv lui pour recevoir Ir^s Jeux «lisciples (le Jean; au i3c jour il lit le miracle de Cann; il resta ensuite -2 ou loni an plus 5 jours à Ciipharnaiitn, ce qui fait iS on W jonis, alla cn>nilc ù Jevusaleni où deux ou trois jours après, eut lien la Pd({ue des Juifs; de inaniére iju'il est aile nu deserl loul au plus oO jours avant Pâques. CeMpii fait que notre caréTne répond au jeune de Notre Seigneur dans le désert. Et peui-èire y est- il «lié seutenienl Ui jours, ce qui ferait juste la valeur de notre carême. Seulement, ii en revint 6 jours pIu^ loi, parce que son jertne était conliouci, el les -10 jours finissaient b jours avant l'aides, tandis <pie noire carême est intciTompu toutes les semaines p.ir it J)iroauchc, '.'csl pourquoi (1 va jusqu'à la veille de l'Aque-;, Non du V. l'tu'.'.

Le zèle des pharisiens n'était pas pur: c'est pourquoi ils s'animaient contre des clioses de peu d'importance, et iis hiissaient faire des choses qu'ils devaient reprendre. .Le temple de Dieu était devenu comme un endroit destiné au commerce, et les pharisiens se taisaient. Mais Notre Seigneur rempli d'un vrai amour de la gloire de son Père, et dévoré du zèle de sa maison, ne put souffrir cet abus. Il déploya pour le détruire sa puissance.

C'est une chose admirable à voir, que des gens qui n'avaient pas de foi en Notre Seigneur, qui ne le connaissaient pas même, se laissent ainsi chasser ' d'un endroit, où, depuis de longues années, ils faisaient ce commerce, sans que jamais l'autorité publique les en eût empêchés. C'était cependant des gens grossiers qui, par cette action, étaient dérangés dans le gain qu'ils espéraient faire, et qui voyaient arriver un Galiléen lequel, à leurs yeux, ne devait avoir aucun pouvoir pour cela. Ils obéissent néanmoins, sans oser résister à uii seul homme qui les chasse ainsi tous. Ils en étaient étonnés, et lui disaient bien : Par quelle autorité faites-vous cela ? Mais tout en parlant ainsi, ils se retiraient. C'est que la puissance divine, qui leur était cachée, agissait sur eux, et ils étaient obligés d'obéir, malgré qu'ils eussent la volonté opposée. C'est ce qui faisait leur étonnement ; ils sentaient une autorité dont ils ne pouvaient se rendre compte.

Mais, pourquoi Notre Seigneur a-l-il attendu si longtemps pour abolir cet abus? Tous les ans, il allait avec sa mère à Jérusalem depuis toute son enfance;, il avait eu, dès le premier moment de sa vie sur la terre, la même lumière, le même zèle et la

même puissance, que ne les a-t-il emploNés dès l(3rs? Pendant le temps de sa vie cacliée. il a voulu rester caché et n'a voulu ni dû agir en public pour faire des œuvres de zèle jusqu'au moment de sa vie publique. .Mais alors, dès le commencement, il s'oppose au désordre.

Il nous montre par là (ju'il ne faut entreprendre de corriger les désordres que lorsqu'on a autorité pour cela ou que le Saint-Esprit l'inspire, autrement il faut se tenir tranquille, et souffrir quelquefois le péché et les autres maux, en se contentant (Yen gémir devant Dieu et de le prier pour qu'il y remédie.

18. Rpspondeninl ergo Jiidaei ot ' 18. Les Juifs donc prenant la dixerunl ei : Qnod si^num oslendis | parole, lui dirent : Par quel signe nobis quia liaecfacis? ; nous monires-tu que tu peux faire

I ces cil oses ?

19. Respondit Jésus et dicit eis : ] 19. Jésus répondit et leur dit: Solvile tcmpliun hoc, el in tribus i Détruisez ce lemple et je le relèdiebus excitabo illud. \ verai en trois jours.

20. Hixerunt ergo Judooi : Qua- 20. Mais les Juifs répartirent: draginla et sex annissedificalum est Ofi a mi- quarante-six ans à bâlir Icmplum hoc, et lu in tribus dit bus j ce lemple; et toi, lu le rele\eras en exciiabis illud? trois jours?

21. nie auiem dicebal de templo j 21. Mais Jésus parlait da temple corporis sui. | de son corp;».

22. Cum ergo resurrexi.^set a ' 22. Lors donc qu'il fut ressuscité mortuis, recordali sunt discipuli ^ d'entre les morts, ses disciples se ejus quia hoc dicebat, et crediderunt ressouvinrent qu'il avait dit cela, Scriplurae, et sernioni quem dixil et ils crurent à l'Écriture et à la Jésus. ! parole qu'avait dite Jésus.

Cette puissance avec laquelle Notre Seigneur agissait sur ces pauvres gens, pour leur faire faire la volonté de son Père, était une grande grâce, et im grand miracle. L'elîet qu'ils expérimentaient en ce moment devait les toucher et les rendre plus dociles. Mais cela ne loin: suffit pas; ils étaient si grossiers et si charnels que les elTets spirituels qui n'agissaient que sur leurs âmes n'étaient rien pour eux: ils au-

raieiil voulu avoir nu prodige e.viérieiir pour Nmiis veux avant de croire. De pins, leur excessive curiosité de voir opérer un miracle était la principale cause pour laquelle ils demandaient des signes, mais non pas le désir de croire et d'être fidèles. Ce désir de voir des miracles venait aussi eu partie d'un amour-propre fondé sur la gloire de la nation. Ils étaient glorieux d'avoir eu des prophètes et des hommes à miracles, non pour la gloire de Dieu, mais pour la gloire des houimes. Ils étaient glorieux aussi de leur .Messie futur; il y avait longtemps qu'il n'y avait plus eu de prophète parmi eux, et ils étaient contents d'en voir un qui faisait ^ies miracles.

Toutes ces dispositions étaient mauvaises; et, loin de hs rendre fidèles et véritablement attachés à Notre Seigneur, (;ela ne produisait en eux que des satisfactions et des admirations passagères, et les fit finir enfin de la manière la plus malheureuse.

Aussi, Notre Seigneur, loin de favoriser cette mauvaise curiosité, faisait-il tout le contraire. Et toutes les fois qu'ils étaient avides de voir un miracle, il les renvoyait au grand miracle, qui est celui qui le fit triompher de leur malice. Jamais il n'en accordait ù ceux qui en demandaient pour s'amuser et qui, dans Tintérieur, étaient infidèles et vides de foi. ^lais. au contraire, Jamais il n'en refusait à ceux qui avaient la foi et qui en demandaient avec de bonnes disjuisitions.

La raison pour laquelle Notre Seigneur renvoie toujours les hommes curieux au miracle de sa résurrection, c'est parce que ce miracle devait, enfin, être comme un aimant destiné à attirer les élus, et comme une pierre d'achoppement jiour jierdre les intrcdule.v.

i\i. L'un» aiitoin ossot Jcrosolymis , 23. Or !or.-(iuo Jcsiis ôtait à Jn'iiiii Pascha in ù'u\ leslo, miilti ciedi- I salein pendant !a i't^lc de l'àqiic, iJerunt in nomine ejus, \identcs 1 beaucoup cruront en son noin, vosigna ejus, quae faciebat. i yanl les miracles qu'il faisait.

Cette foi que la multitude avait était une foi faible, uiu; foi prescjue humaine et imaginaire. Il y avait longtemps que les Juifs attendaient leur Messie ; et voilà que Notre Seigneur se présente faisant une mullitude de miracles et de grands miracles; ils en sont frappés d'étonnement et de joie, eux qui étaient si curieux de miracles; ils s'animent et le proclament avec chaleur comme étant le Messie promis. Mais ce feu n'était guère solide, étant peu fondé sur la grâce de Dieu, contrairement à ce (fui avait lieu pour les bons Isiaëliles, mais plutôt sur une gloire imaginaire de la nation, et sur l'espérance de leur délivrance de l'oppression des Romains.

Ils n'é'aient pas attachés à Notre Seigneur , mais ils criaient merveille et le regardaient comme le Messie. C'est pourquoi ou dit : Et crediderunl in nomine ejtis. i.eur satisfaction ne se fixait pas sur Notre Seigneur comme dans le Messie, mais sur le contentement, vain et imaginaire , de voir faire de grands miracles et d'avoir enlin le Messie.

■24. Spse antem Jcsns non crede- ( '2i. Mais Jésus ne se fiait point à

bat semelipsum eis, eo quod ipse nosset omnes,

t'i't. Et quia opus ei ron erat ut quis lestimonium [lerliiberet de lioniine : ipse enini sciebat quid esset in honiine.

eux , parce qu il les connaissait tous,

25. Et qu'il n'avait pas besoin que personne lui rendît témoignage d'aucun homme, car il savait luimême ce qu'il y avait dans l'iiomine.

Mais Jésus connaissait tout ce qui se passait dans chacun ; il savait le fond qu'il devait faire des sentiments de chacim d'eux. Il n'avait pas besoin qu'on lui rendît témoignage da^ dispositions de ces honuries,

puisqu'il pénétrait jusqu'au secret des cœurs, et le connaissait mieux que chacun ne le savait en soi-même. Tout le bien qui était en chacun venait de lui seul, et par conséquent il savait ce qui était en chacun ; il savait aussi ce que chacun deviendrait, s'il persévérerait dans ces sentiments, et les variations auxquelles chacun se laisserait aller quant à ces dispositions intérieures.

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