Dixit crgo Jpsns iid eum
Ni.si signa et prodigia videritis, non credilis.
48. Jésus lui dit donc : Si vous ne voyez des miracles et des prodiges, vous ne croyez point.
(*) Regulus, u'cUiit probablcniont un chef (l'uao polile principaulc, d'une \\\\i; on d'un village. Il ne parait pas (ju'i! tiil prince do Capliariiaiim, mais seiilcnirrii (px- >on (ils se trouvait, par circoiistaiice, inalatle dons celle ville.
Si cet homme n'avait pas la foi, c'est qu'il ii'avaif pas vu lui-même de miracle. Il était comme la génélalilé des Juifs de ce temps, qui ii'élaient susceptibles d'être touchés que par les miracles. Il avait entendu raconter les merveilles que Jésus avait laites, et cela né l'avait pas touché, comme il arrivait généralement parmi eux. A les entendre raconter, on était étonné, on admirait ; toutefois on n'avait pas de sentiment surnaturel. Mais, en voyant, on était frappé par les faits miraculeux et touché par la présence de Notre Seigneur, ainsi que par la manière dont il agissait pour les faire, et par les paroles qu'il y ajoutait. Voilà pourquoi Notre Seigneur dit à ce prince : « Si vous «( ne voyez pas de miracles, vous ne croyez point». C'est un reproche qu'il lui fait avec beaucoup de douceur, afin de le faire rentrer en lui-même et de lui faire obtenir la guérisçn de son fds par un acte de loi. Mais ce seigneur était trop occupé du mal de son fils et de son désir de le voir guérir, ce qui le rendait incapable de penser à autre chose, et d'élever son cœur plus haut.
C'est ce qui arrive ordinairement, quand une ame est fortement occupée d'une passion naturelle, quelque légitime et honnête qu'en soit l'objet; cela la rend incapable d'écouter Dieu, d'être fidèle à sa divine grâce et d'élever son cœur vers Lui.
49. Dicil ad ciim regulus : Domi-i 49. l.e [)rince lui dit : Seignei ne, descende priusquam inoriatur venez avant que mon fils meure
Ce pauvre Regulus ne fit donc aucune attention à ce que Notre Seigneur lui dit, et n'en profita pas. Il A'Oyait que Notre Seigneur, au lieu de se niettre en mouvement pour s'en aller avec lui , lui donnait des instructions: il entra dans de grandes inijuiétudes et dit
à Noire Seigneur : «Seig[iei!r, vous vous occupez ft maintenant d'une chose si peu importante, tandis « que mon fiis risque de mourir, pendant que vous «pariez ici; descendez donc bien vite, je vous en « prie, de peur que nous ne le trouvions déjà mort». C'est le sens de ses paroles. Il ne pensait pas que Notre Seigneur pourrait le ressusciter. Ce qui le mettait dans une si grande inquiétude, c'était la grande paix qu'il voyait en Notre Seigneur; il aurait voulu que Notre Seigneur se mît aussi en agitation comme lui.
50. Dicil ei Jésus : Vade , filius luus vivil. Crodidil lionio sermoni, qnem dixiL ei Jésus, et ibat.
51. Jiim aiiloni eo dcscendenle, t.ervi occureiTunt ei,ct nuntiaveruiit dicenles, quia filius ejus viverel.
fi2. liitcrrogabat ergo horam ab fis in qua nieliiis habueril. EL dixerunt ei : Quia lieri hora seplinia reJiquil eum febris.
53. Cognovil ergo pater quia illa hora eral in qua dixil ei Jésus, filius tuus vivil, el credidil ipse, el domus ejus Iota.
54. Hocilerum secundumsignum fecit Jésus, cum venisset a Judaea in Galilseam.
50. Jésus lui répondit : Va, Ion fils vit. Cet liomme crut à la parola que lui dit Jésus, et s'en alla.
31. Or, comn.e il s'en retournait, ses serviteurs vinrent à sa rencontre et lui annoncèrent que son lils vivait.
52. Et il leur demandait ù quelle heure il s'était trouvé mieux. Et ils lui dirent : Hier, à la septième heure, la fièvre l'a quitté.
53. Le père reconnut alors que c'était l'heure à laquelle Jésus lui avait dit : Ton fils vit ; et il crut, lui et toute sa maison.
5-4. Ce fut là le second Riiracle que fit encore Jésus, quand il fut revenu de Judée en Galilée.
Notre Seigneur eut compassion de lui, et lui dit : «Allez, votre fils est guéri». Ces paroles furent si efficaces, que cet liomme, il y a un instant si inquiet, devient tranquille; cet homme, qui n'avait pas de foi, commence à croire. 11 voit bien qu'il n'est pas nécessaire que Jésus descende avec lui; il le croit toutpuissant, il obéit et s'en va, bien persuadé que son fils est guéri.
Il fait bien attention à l'heure où cette parole de
salul lui a été dite, alin de publier la gloire du Sauveur,^ et afin de raffermir sa propre foi. Dès que le& serviteurs lui annoncent la guérison, il en demande l'heure. Ce n'est plus cet homme si occupé de son fils, qisi ne faisait pas attention à celui qu'il priait de le guérir; il semble être plus occupé de Notre Seigneur que de son fils. On vient lui annoncer celte guérison tant désirée, et de suite il s'informe de l'heure, afin de fixer son esprit et de faiTermir dans la foi , de reconnaître et de faire reconnaître le grand bienfait qui lui a élé accordé et Celui qui le lui a accordé. Cet homme, non seulement fut fidèle à la grâce qu'il avait reçue, mais il devint i'apôlre de loule sa famille, de manière que cetîe grâce miraculeuse de la i^uérison de son fils s'étendit à toute sa maison. Ils furent tous guéris par le Sauveur d'une maladie de l'âme, bien plus compliquée, bien plus grave et bien plus dangereuse que n'avait été celk- de son fils.