‹ Commentaire sur l'évangile selon saint JeanChapitre 19 sur 63 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

Gucrisiin d'un homme malade depuis trente-huit ans. Murmures des Juifs sur l' prétendu violement du sabbat, et sur ce que Jésus-Christ se déclarait le Fils de Dieu. Réponse de Jésus-Christ aux Juifs. Le Fils agit avec le Père; il a reçu du Père tout pouvoir de juger. H a la vie en lui de même que le Père. Témoignage de Jean-Baptiste et du Père iéleste. Incrédulité des Juifs. Moise sera leur accusateur.

1. Posl haec eral dies fesUis Judauoniiv., el ascendil Jésus Jerosolymam.

2. Est aulem Jerosolymis probatica piscina, qiue cognominaUir liobraïcè Belhsaïda, quinqiie poiiicus haben.='.

1. Après cola se Irouvait la fêle des Juifs, el. Jésus moula à Jérusalem.

2. Or il y a à Jérusalem une piscine iirobaiique appelée en hébreu Bellisaïda, el ayant cinq portiques.

3. Jii liis |:iccIki( imilliliido ma- 3. Sous lesquels gisait une j^rando gna ianguonliiim, c-ncorDm, clau- inulliuide de inalades, d'aveugles, donini, aridonim, ONspoclantium j de boiiciix, de paralvliques, allenaqu.T inoluni. i danl le niouvcmenl des eaux.

4. Angelns anlcni Domini descen- ' -4. O^r un ange du Soigneur desdebal pecnndum tempsis in pisci- i cendail en un ccrlain temps dans la nam ; et mo\ebatur aqua. l']! (jui piscine, et l'eau s'agilait. J^t celui prior de>cendissel in pisrinam posi | qui le premier descendait dans la niolionem a(pux', sanusfiebal à qua-. piscine, après le mouvemenl de cumqiie detinebiilur infirmilate. | l'eau, élail guéri, de quelque ma-

; ladie qu'il fût afiligé.

ri. Erat aulem quidam iiomo ibi , 5. Or il y avait là nn homme qui triginla et octo annos liabons in in-' était malade depuis Irente-luiil ans. firmitale sua.

6. Ilunc cùm vidissel Jésus ja- ; 0. Lorsque Jésus le vit couclié ccnlem , cl cognovisset quia jam ; et qu'il sut qu'il était malade demultum lempus liaberet , dixit ei : ; puis longtemps, il lui dit : Yeux- Vis sanusfieril^ ■ tu être guéri?

"7. Respondit ei laiiguidus : Do- j 7. Le malade lui répondit : Seimine, hominem non liabeo, ut, cumjgneur, je n'ai personne qui, lors- Uiibala fueril aqua, millat me in que l'eau est agitée, me jette dans liisc'inam ; cum venio cnim ego, ! la piscine; car, tandis que je \iens, alius anieme descendit. ] un autre descend avant moi.

Tout, dans l'aiicieiiiic loi., élait (ii^'ure, el rcprésenlail ce que Dieu faisait et devail faire j)Oiir le saiiit des ûmc's. A plus forte faison , une chose aussi extraordinaire que celle dont il s'agit dans ce chapitre, ei qui semble être sans objet el sans raison, devait avoir i\n sens caché, et être la figure d'une ciiose grande (jui se faisait el devait se faire plus parfaitement dans la suite. 11 y a donc un secret caché sous l'écorce de celte piscine litiraculeuse qui se irouvail à Jérusalem.

Jcrusaleni représente l'Eglise de Dieu en général . soit sous rancien Testament, .soit sous le iiouveau. l.a piscine est un endroit où l'on prend et où l'on réunit les poissons pour les conserver, afin qu'ils ne s'en aillent et ne se perdent pas. Voilà j)ourquoi l'évangélistc ajoule (]ue celle piscine s'appelait en hébreu I>ellisaiih( , c'csi-à-dire , maison de capture. Les

poissons liors de la piscine sont les âmes qui se perdent et qui n'appartiennent pas au père de famille; ceux qui sont dedans sont les âmes qui se sauvent et qui sont conservées par le père de famille. Par conséquent, la piscine représente le moyen de salut qui retient les âmes et les conserve à Dieu.

Les cinq portiques représentent les cinq révélations différentes qui composaient l'ancienne loi, et qu'on était obligé d'observer pour se sauver : i° celle d'Adam, que les Juifs appellent de Noé; 2° celle d'Abraham; 5° celle de Moïse; 4" les explications de la loi révélée aux prophètes; 5" la tradition orale, qui es! une véritable révélation non écrite. Par ces cinq portiques ou moyens d'entrer dans la voie du salut, (car le salut n'y était pas, mais dans la grâce représentée par l'eau de la piscine; voilà pourquoi ces révélations sont figurées seulement par des portiques ou entrées), par ces cinq portiques, il y en avait très-peu qui se sauvaient, parce qu'il y en avait très-peu qui observaient ces révélations.

Voilà pourquoi une multitude nombreuse de malades y étaient couchés, position qui exprime l'inobservance des moyens offerts et l'incapacité de parvenir jusqu'à l'eau salutaire. Langueuiium dit la faiblesse; cœcorum, l'aveuglement ou l'ignorance; cJaudorum désigne ceux qui, en partie observent la loi de Dieu, et en partie suivent leurs passions, et qui finissent par rester sans avancer; aridorum. ceux qui deviennent entièrement nuls et n'ont plus aucun mouvement de vie.

L'ange venait pour préparer l'eau qui guérissait ; c'est que Notre Seigneur se communiquait aux anciens par un ange. L'ange ne guérissait pas; mais il

disposait l'eau de ia grâce, c'est ce que signifie la commotion qu'il donnait à cette eau.

Il fallait que les malades descendissent, ce qui montre l'obtention de cette eau de la grâce qui guérissait par les œuvres de la loi. Ce mot secundum tempus indique la rareté de celte guérison; et lui seul de guéri en désigne le petit nombre; c'était le premier qui descendait, pour montrer la diligence soigneuse dans les oeuvres.

Notre Seigneur vient et guérit par sa parole, l.a guérison de la loi de grâce réside dans la grâce intérieure, et vient directement de Notre Seigneur; il nous suffit de l'acquiescement de la volonté : ['is satins fieri?

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