‹ Commentaire sur l'évangile selon saint JeanChapitre 26 sur 63 · estais il leur dit : C'est moi, ne craignez point · texte numérisé non relu

estais il leur dit : C'est moi, ne craignez point

21. C'est pourquoi ils voulurent le prendre dans la barque : et aussitôt la barque se trouva à la terre vers laquelle elle allait.

Les disciples attendirent leur Maître jusqu'au soir; mais le soir étant arrivé et la nuit s'approchant, comme ils étaient dans un pays désert, il s'approchèrent de la mer et partirent pour Capharnaiim, à l'entrée de la nuit. Ils étaient habitués à passer souvent la nuit seuls, parce que Notre Seigneur passait souvent les nuits à prier sur une montagne, et comme il s'était retiré seul sur cette montagne et qu'il n'arrivait pas, les apôtres, faibles encore alors, ne pouvant pas passer la nuit avec lui, cherchèrent donc une retraite pour le rejoindre le lendemain matin.

Ils se retirèrent à Capharnaiim , demeure ordinaire de Notre Seigneur, pensant qu'il ne manquerait pas

de se retirer là, s'il ne voulait pas passer la nuit sur une montagne, et qu'ils Vy retrouveraient le lendemain.

Notre Seigneur d'ailleurs leur ordonna de se retirer, atin d'opérer en leur faveur un grand miracle, pour augmenter leur foi, et pour leur donner une image corporelle de ce qui devait leur arriver dans la suite spirituellement, à toute l'Eglise et à toutes les âmes en particulier. Jésus les fait embarquer sur une mer orageuse, pendant la nuit la plus obscure (de l'âme, ou des persécutions, s'il s'agit de l'Église), sans aucune espérance de secours et sans pouvoir arriver à bord. ]Mais quand Jésus les voit bien embarassés et bien en peine, il vient à leur secours, au milieu de la mer dont il foule aux pieds les eaux, qui veulent submerger ses enfants, et au milieu des vents et des tempêtes. A peine fut-il arrivé auprès deux, il n'y a plus de tempête, et ils sont de suite sur une terre ferme, où ils marchent avec assurance et avec paix.

22. Altéra ;iie, liirba quae stabal 1 22. Le jour suivant, le peuple, Irans mare, vidit quia navicula alia : qui se tenait de l'autre côté de la non erat ibi nisi uaa, et quia non mer observa qu'il n'yavait là qu'une introisset cum discipulis suis Jésus I seule barque, que.)ésus n'était point in navim, sed soli discipuli ejus a- j avec ses di^ciples dans cette barque, biisent. [ mais que ses disciples seuls étaient

I partis.

23. Aliœ vero supervenerunt na- I 23. Cependant, d'autres barques ves a Tiberiade, juxla locum ubi I vinrent de Tibiriade, prî'S du lieu manducaverunt paneni,gratiasagen- ' où ils avaient mangé le pain, le Seite Domino. ; gneur ayant rendu grâce.

24. Cum ergo vidisset turba quia ! 24. Quand le peuple eut vu que Jésus non esset ibi, neque discipuli ! Jésus n'était point là, ni ses disciejus, ascenderunt in naviculas, et ! pies, il monta lui aussi dans les vénérant Capharnaum , quaerenles j barques et vint à Capharnaùm, cher- Jesum. ' chant Jésus.

J.e peuple après avoir mangé de ce pain miraculeux et avoir écouté ce que Notre Seigneur lui disait pour le congédier, au lieu de se retirer, resta là. dans

l'espérance que Notre Seigneur descendrait de la montagne, soit pour le faire roi, soit pour le suivre dans le chemin qu'il prendrait, atin d'avoir de quoi manger abondamment tous les jours. Us observèrent donc tout ce qui se passait et attendirent jusqu'au soir; ils virent que les apôtres se retiraient seuls et que leur 3Iaître n'était pas avec eux; ils- virent en outre qu'il n'y avait pas d'autres bateaux que celui qui portait les disciples. Ils allèrent donc se disperser dans les villes et villages des environs, pour y passer la nuit.

Il y en eut probablement un certain nombre qui allaient à Tibériade, ville située sur le lac qui en porte le nom; ils y répandirent le bruit de ce miracle et racontèrent que Jésus s'était retiré sur la montagne et qu'il n'en était pas descendu.

Le lendemain , toute cette foule se dirigea de nouveau vers l'endroit oii ils avaient fait, la veille, le repas miraculeux, espérant retrouver Jésus et faiie de nouveau un bon repas par la vertu d'un miracle. A Tibériade, ce bruit s'étant répandu avec celui que les disciples s'étaient dirigés vers Capharnaiim , une foule de bateaux vinrent auprès de la montagne, dans la pensée qu'on pourrait avoir besoin de passer à (lapharnaijm, comme aussi pour transporter à cet endroit les gens de Tibériade, qui, sans doute, s'y seront rendus en grande foule.

Tout ce monde, voyant que Jésus n'était pas là ni ses disciples, jugèrent que ceux-ci étaient à Caphanaiim, et par là même ils conclurent que Jésus y était aussi, autrement ses disciples n'auraient pas mancpié de revenir de grand matin. Us se mirent donc dans ces bateaux venus de Tibériade et passèrent à Capharnaiim, pour y chercher Jésus. Ceux qui cherchent

véritablement Jésus le trouvent toujours, quoique ce soit avec des dispositions imparfaites.

25. Elciim invenissent euni Irans mare, dixerani ci : Rabbi, quando hue venisti ?

2o. EL rayant Irouvé de l'aulre côté de la mer, ils lui dirent : Maître, quand ôles-vous venu ici ?

Ayant donc trouvé Jésus de l'autre côté du lac, (l'évangile ne dit pas que ce soit à Capharnaiim qu'ils le trouvèrent, seulement ils se dirigèrent de ce côté) ils lui dirent : «ÎMaître, quand êtes-vous venu ici? « Nous vous avons attendu hier jusqu'à nuit fermée, « et aujourd'hui nous nous sommes rendus de grand « matin au bord du lac, et nous ne vous avons pas « trouvé ». Par ces paroles, ils voulurent lui montrer qu'ils l'avaient cherché et attendu de l'autre bord, l'avant encore cru de l'autre côté.

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