DixiL ergo ilcriim eis Jesns
Ego vado, Pl qiJcerelis me, et in peccaLo vestro monemini. Quo ego vado, vos non poleslis veiiire.
21. Jésus leor dit encore : Je m'en vais el vous me chercherez , et vous mourrez dans voire péché.
Mais où je vais \ous ne pou\ez venir.
Jésus, toujours plein de compassion pour ces malheureux dont il voyait l'endurcissement, et dont la malice empêchait la conversion, leur dit qu'il s'en allait et qu'ils le chercheraient ensuite sans pouvoir le trouver.
C'est un avertissement qu'il leur donne et qu'il leur répète souvent, afin de leur faire faiie attention à leur conduite, et de profiler du peu de temps qu'il avait enjcore à rester avec eux. Il leur dit ici plus qu'il n'a dit plus haut. Cette reclierche des Pharisiens, qitœretisme. n'était pas de sa personne. Il leur prédit quVils chercheront le Messie, ce qui était le chercher lui-même, lui qui élait le Messie; mais que, tout en le cherchant, ils mourront dans leur péché, parce qu'ils ne le trouveront pas et qu'ils ne peuvent se sauver sans lui; car, quo ego vado. vos non poteau s tenire, où il va ils ne peuvent aller, parce que ce n'est que par lui qu'on y va; et, en le rejetant., les Pharisiens rejetaient l'unique espérance de sortir de leur péché et de se sauver. Dans ce sens, les mots m peccalo vestro moriemim, veulent dire: «vous mourrez dans vos péchés qui ne vous se- « ront pas remis, parce que moi seul aurais pu vous « les remettre. »
Il dit ; peccato au singulier, attendu que luute leur vie était une vie de péché, parce que l'orgueil était le principe de toutes leurs actions; ou bien Notre Seigneur parle du péché orginel, qui est la source de tous les péchés, et, depuis que Notre Seigneur est dans le monde, ce péché ne peut être remis que par la foi en lui et le baplême. Mais, pour ceux qui croyaient en lui et étaient baptisés, le péché originel et tous les autres péchés étaient remis par le même acte. Cependant, les mots : votre pèche, semblent dits d'un péché particulier aux Pharisiens.
Un autre sens : « Vous me cherchez quand je ne serai « plus avec vous; mais vous mourrez dans votre péché, <( c'est-à-dire dans celui d'avoir rejeté le Fils de Dieu, '< de l'avoir persécuté, méprisé et crucifié. Moi, je serai « dans le sein de mon Père; mais vous, pécheurs, qui « m'avez rejeté, vous n'y irez pas, parce que personne « ne peut y aller que par moi. »
22. Dicolnint ergo Jndiei: Niirn- | 2:2. Le.s Juifs disaienl donc : Se qnid inlerticiel !?oim'li[.isum , quia [ luera-t-il liii-mème, puisqu'il dit : dixit : Quo ego vado, vos non po- Où je vais vous ne pouvez venir? leslis venirc ? [
Les Juifs, toujours pleins d'incrédulité, (et ceux-mêmes qui avaient la foi, l'avaient en partie, bien faible et bien obscurcie ne comprenant pas ce que Notre Seigneur venait de leur dire, précisément à cause de leur peu de foi, faisaient de singulières conjectures sur ses paroles. Ils s'imaginaient que peut-être par là, Notre Seigneur voulait dire qu'il se donnerait la mort; c'està-dire que s'étant aperçus que les Pharisiens en voulaient à sa vie, ils pensaient peut-être que, pour échapper au supplice, il se donnerait la mort et que c'était In ce qu'il voulait dire : « Vous me chercherez pour
« me faire mourir et vous ne me trouverez pas, » ou qu'il disait au peuple : « Vous me chercherez et ne me « trouverez pas, parce que je serai mort. » Cela montre les idées grossières qu'ils avaient des choses divines; combien peu ils connaissaient notre adorable Maîlre, et et combien peu ils comprenaient ces paroles par lesquelles il leur manifestait sa grandeur. Voilà pourquoi il leur dit : Vos de deorsum estis.
23. Kt dicebat cis : Vos de deorsum eslis, ego de supernis sum, Vos de nuindo hoc estis, ego non sum de hoc mundo.
23. Il leur disait aussi : Vous, vous êtes d'en bas, moi je suis d'en haut. Vous êtes de ce monde, moi je ne suis pas de ce monde.
Notre Seigneur leur parlait un langage céleste, et eux expliquaient ses paroles bassement, selon leurs idées basses et petites. Ils avaient l'âme à moitié abrutie par le péché et la chair, et ne pouvaient concevoir les choses célestes. Notre Seigneur leur parlait d'aller dans le sein de son Père, et ils lui prêtaient des sentiments indignes de lui. Cela leur arrivait très-souvent, parce que Notre Seigneur était sans cesse dans son Père, et son esprit humain continuellement élevé et abîmé dans les grandeurs de son Père, tandis que les Juifs avaient l'esprit petit, bas et rétréci, et incapable de concevoir les choses célestes; leur esprit penchait sans cesse vers les choses inférieures. Quand le péché est dans une âme, il s'y trouve comme un poids qui courbe toujours l'esprit vers les choses basses, et le rend incapable de s'élever.
Vos de hoc mundo eslis. Notre adorable Sauveur, au chapitre 17, dit à soii Père que ses Apôtres ne sont pas de ce monde, et, des Pharisiens, il dit ici le contraire. Un homme qui est intimement uni et attaché à Notre Seigneur par la foi parfaite, n'est pas 'de ce monde.
parce que sou àiiie et toutes ses puissances , toutes ses affections, toute son action et toute son existence sont dans le ciel. Elle y tend sans cesse par l'espérance, elle y est en réalité par la foi, et elle en jouit par la charité. Un homme semblable est dans le monde par son corps : î/i mtindo sunt: non rogo ut lollas eos de niundo ; mais il n'est pas de ce monde par son àme. Mais ceux dont l'àme ne se plaît que dans les choses de la terre et ne s'occupe que d'elles; ceux qui, au lieu de s'unir à Dieu par les vertus saintes, s'identifient avec les créatures par les trois concupiscences, qui, au lieu de tendre sans cesse vers Dieu par l'espérance, comme seul objet de leur gloire présente et future, ne tendent que par la concupiscence de la superbe vers les choses basses et misérables, lesquelles selon leurs idées basses, peuvent les relever, et satisfaire leur bas amour propre et leur sotte vanité, ceux-là sont de ce nombre. De même ceux qui, au lieu de se donner entièrement à leur Créateur pour en être possédés, et pour le posséder. Lui et les richesses de sa grâce, et ensuite les richesses de sa gloire, par la foi dans ce monde, et par la possession parfaite dans l'autre, n'occupent leur esprit que de la rechei'che et possession des biens terrestres de quelque genre que ce soit; et ceux qui, au lieu démettre tout leur amour, toutes leurs jouissances, toutes leurs complaisances et toutes leurs satisfactions en Dieu seul par la charité parfaite, n'appliquent leur volonté qu'à l'amour des plaisirs, et ne cherchent sur la terre qu'à jouir des plaisirs et des satisfactions créées, tous ceux-là sont de ce monde, parce que leurs âmes sont identifiées avec la terre et les objets de la terre; elles sont possédées, dominées et entièrement occupées par ces objets terrestres.
Célaît îà pi^èciséuiii'Ut Vélal desJuiVs. Ils étaient ions dans les choses teriK-'sIres; ce qui faisait que. leur esprit ne voyait et iitî jugeait que selon la len\}, tandis que Notre Seigneur ivélail pas de ce monde, mais tout dans le ciel: il ne pariait que de choses célestes, et c'est ce qui rendait le plus stjuvent ses paroles inintelligibles aux Juifs. C'est là ce que notre divin Maître leur dit ici, à l'occasion de leur grossière méprise, leur en montrant le principe,- qui est eu même temps l'explication de ses autres paroles, qu'il leur explique dans le verset suivant.
2i. Dixi ergo vobis quia nioriemini in peccatis vesiris; si <?iîim non crediderilis quia ego sur», inoriemini in peccato vestro.
24. Je vous ai donc dit que vous mourriez dans vos péchés ; car si vous no me croyez pas œ que. je suis, vous mourrez dans votre pétiié.
Les Juifs faisaient toujours plus attention à ce (|ui excitait leur €uriosité qu'à i;i chose qui devait les frapper et toucher davantage; et dans tous les siècles im grand nombre leur ressemblent et en font autant. Ils sciulent quelle peut être la signitication de : <jno ego vado vos non poiestis vemre. Mais les paroles qui devaient leur faire une bien autre impression ; moriemifii in peccaiis vestris, ne les occupent pas le moins du monde. Mais Notre Seigneur les leur remet devant les yeux, atin de les toucher par là. Mais toucher une âme qui n'a pas de foi et qui ne veut pas en avoir, est une chose bien rare. Après leur avoir dit qu'ils étaient des hommes d'eu bas, des hommes du monde, c'est-à-dire des hommes de péché, il leur dit que c'est par cette raison qu'il leur avait annoncé qu'ils mouri-aient dans leurs péchés. Pai^ce qu'ils ne pouvaient soriir du péché qu'on croNant la divinité de Notre Seigneur; et comme ils le rejetaient et qu'après -sa mort ils ne le trouveraient pas, il résultait de là qu'il."! mourraient dans leurs pecho>..
11 faut remarquer qu'ici encore Noire Seijjfticur dit: ■Si eiiiui non credidentis quia ego suni; et non, .Sï non credideiilis in me, paire qu'il s'agit ici (le la rémission des péchés par le haplème, où il suffit d'im moindre degré de foi.
Par ce mot peccada, au pluriel, que Notre Seigneur dit d'abord dans ce verset, il entend (ous les péchés de leur vie; ils resteront couverts de ces péchés et y mourront, faute de moyen pour les remettre. Kt quand, à la (in, il dit, in peccalo au singulier, il veut dire, soit toute la vie de péché, soit le péché originel e,u lui-même et en toutes ses suites, c'est-à-dire en tous les autres péchés dont il est le principe, soit ce dernier péché de rejeter le Fils de Dieu et de ne pas croire en Lui. En ce dei-nier sens, le mot, m signifie ou par suite; vous mourrez en ce péché, ce sera celui-là qui consommera votre perte et qui achèvera de vous faire descendre au lomb(;au, chargés de tous les gutres. Dans ce sens, on comprend parfaitement pourquoi, au commencement de ce verset, Notre Seigneur dit : m peccalîs, et à la iin, in peccalo.
Ego swn, dans le verset suivant. Notre Seigneur explique toute la hauteur de cette expression.
2iî. Dicebant ergo ei : Tu quis €s? Dixil eis Jésus : principium, qui €t loquor vobis.